IV. CHAMBRE DES SAINTS
Cette chambre servit â exposer, de suite après sa mort, le corps d’Alexandre VI, qu’un maître des cérémonies, après l’avoir fait laver, revêtu de ses vêtements ordinaires, soutane blanche sans queue et rochet, puis couché sur un lit recouvert d’une draperie de soie cramoisie et d'un riche tapis.
La frise de marbre blanc qui fait le tour de cette pièce, éclai-
rée d’une seule fenêtre au nord, est sculptée de couronnes, de festons, vases liturgiques, etc., auxquels sont mêlés, dans de petits médaillons, les portraits des divers membres de la famille Borgia.
aux crochets de cette frise étaient appendues des tentures de velours ou de damas, suivant la saison.
La chambre est aussi ornée de trois colonnes antiques, l’une torse et en albâtre, les autres en pavonazzetto, marbre blanc veiné de violet. Elles sont surmontées de bustes antiques.
La voûte, par allusion à )a vache qui forme le meuble principal de l’écusson d’Alexandre VI, est rehaussée, sur fond bleu, de stucs dorés consacrés à l’histoire d’Ists ;et d’Osiris et au triomphe du bœuf Apis. La légende égyptienne se continue en petits médaillons peints.
Isis est émerveillée à la vue d’Osiris qui lui montre le bœuf Apis. Elle veut fuir, mais son amant la retient.
Leur mariage.
Osiris enseigne à cultiver la terre au moyen du labourage.
Par lui aussi l’Egypte apprend à planter la vigne et à récolter les fruits des arbres.
Mort d’Osiris trahi par son frère Tiphon. Isis recueille ses membres épars et les dépose dans un coffre.
Le bœuf Apis est porté en triomphe.
Isis, couronnée, sceptrée et assise sur un trône, instruit, un livre en main, les Egyptiens groupés autour d’elle.
Mercure tue avec un glaive le berger Argus, dont les bras sont couverts d’yeux.
Les lunettes ogivales contiennent chacune un trait de la vie de Ste. Catherine, de S. Antoine, de la Vierge, de S. Sébastien, de Ste. Julienne et de Ste. Barbe.
Maxence est assis sur son trône, Je sceptre en main. Devant lui comparaît Ste. Catherine, qui discute avec les philosophes et les convainc d’ignorance. Les philosophes se reconnaissent à leurs livres. On remarque une grande variété dans les attitudes et les physionomies. Le groupe de cavaliers mérite surtout attention. Au fond du tableau s’élève un arc de triomphe, en relief de stuc, et qui a été visiblement inspiré par l’arc de Constantin. Il porte celte inscription : pàcis cvltori.
S. Paul, premier ermite, et S. Antoine abbé sont assis à l’entrée d’une grotte creusée dans le rocher. Ils partagent le pain qu’un corbeau vient de leur apporter. S. Paul est vêtu d’une tunique de palmier et il appuie le livre de ses méditations sur son genou gauclie. Derrière lui se tiennent les deux disciples d’Antoine, qui ont accompagné leur maître. L’un, vieux, chemine avec un bâton ; c’est Macaire. L’autre est jeune et se nomme Amatas. S. Antoine montre le ciel, car leur conversation ne roule que sur des sujets pieux. Derrière lui se tiennent debout trois belles jeunes filles, dont les ailes de chauvesouris, les cornes au front et les griffes aux mains et aux pieds symbolisent les tentations fréquentes et violentes auxquelles le serviteur de Dieu fut exposé. Une clochette est pendue à un morceau de bois horizontal au sommet du rocher.
La rencontre de la Vierge, allant au devant de Ste. Elisabeth, se fait sous un portique. Les deux cousines s’embrassent. Joseph suit Marie, un bâton à la main. Dans l’intérieur, plusieurs femmes sont occupées à filer et à coudre, un enfant joue avec un chien et S. Zacharie paraît absorbé par sa lecture.
S. Sébastien, jeune et n’ayant qu’un linge étroit aux reins pour couvrir sa nudité, est attaché à une colonne. Des archers décochent leurs flèches sur lui. Dans le lointain, on aperçoit le Colysée en ruines.
Une belle fontaine à double vasque saillit au milieu du tableau et est entourée d’animaux paisibles, biche, lapin, etc. Ste. Julienne est successivement mariée malgré elle à un gouverneur idolâtre, saisie par les bourreaux qui la déshabillent, puis décapitée.
Ste. Barbe avait été renfermée par son père dans une tour, dont les trois fenêtres rappelaient le mystère de la Trinité. Mais une crevasse qui se fit miraculeusement dans la muraille, lui livra passage. Dioscore, informé de sa fuite, court après elle, le glaive en main pour la tuer. 11 apprend d’un berger le lieu de sa retraite. Barbe fait ses adieux à son amie Julienne. (1).
fl) La légende du Bréviaire Romain est très-importante à
Au dessus de la porte, un médaillon circulaire représente la Vierge faisant lire l’enfant Jésus dans un livre et entourée de gracieuses têtes d’anges à quatre ailes.