‹ La bien-aiméeChapitre 17 sur 45 · AMEN · texte numérisé non relu

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11 sortit suffisamment l'enveloppe pour voir qu'elle était timbrée de son île natale. N'ayant aucun correspondant là-bas, il se perdit en conjectures.

Sa voisine de droite était une actrice bien connue

de Londres, célèbre dans tout le Royaume-Uni et jusqu'en Amérique. Elle faisait penser à une de ces machines aux rouages compliqués, sur lesquels il suffit de presser un ressort pour tout mettre en branle. Le ressort n'était autre que sa prodigieuse vanité. __ Elle était par bonheur engagée dans une conversation avec son voisin de droite, un représentant de la famille, qui parlait d'une manière tranchante et d’une voix creuse, comme si, du passé féodal, il étendait sa vue à cinq cents ans de là.

Son autre voisine, femme d’un magistrat en justice d'appel, était également absorbée par son voisin de gauche.

Jocelyn saisit le moment opportun et profitant de ce que personne ne l’observait, tira la lettre de sa poche et la posant sur le bord de la nappe, la parcourut d'un bout à l’autre.

Elle lui était envoyée par la veuve d’un ancien fermier de son père. Cette femme le priait d'appuyer une demande d'emploi en faveur de son fils.

Seul le post-scriptum retint son attention :

P.-S.— Vous apprendrez avec regret, monsieur, que la chère petite AviceCaro,comme nous l'appelions lorsqu'elle était jeune fille, vient de mourir. Elle avait, vous le savez sans doute, épousé un de ses cousins, et était revenue depuis un an environ dans l'ile. Elle s'est éteinte doucement et maintenant elle n'est plus.

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