CHAPITRE IV ELLE MENACE DE SE RÉINCARNER
Le murmure de la mer, au bas des roches, lui parvenait seul. Les carrières étaient maintenant silencieuses. Combien de temps resta-t-il ainsi, absorbé dans ses pensées ? I] n'aurait su le dire. Il ne savait pas non plus, bien qu'il se sentit la tête lourde, si une tristesse plus calme, tel un doux soporifique, ne l'avait pas bercé en un court sommeil. Il avait perdu la conscience de l’heure.
Soudain ii lui sembla voir Avice Caro elle-même se pencher sur la tombe, puis s'éloigner légèrement sous les rayons de la lune.
Ellé n'était ni plus âgée, ni plus forte que lorsqu'il l'avait quittée, vingt ans auparavant, dans le petit sentier voisin.
L'impossibilité d’un tel phénomène, la certitude que ce ne pouvait être qu’un rêve, le tira en sursaut de son assoupissement.
— J'ai dû m'endormir, murmura-t-il.
Et pourtant, elle lui avait semblé étrangement réelle.
Jocelyn s'efforça d'oublier cette hallucination : même si la nouvelle de la mort d’Avice était fausse, chose bien improbable, l'amie chère de sa jeunesse ne lui apparaîtrait pas, même aux rayons de la