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troubler se fût un peu refroidi. [1 était résolu à supporter les risques de son action.
C'était une solitude à deux, car bien que Pierston et Avice fussent les seuls habitants de l’appartement, ils ne se tenaient pas compagnie. Jocelyn, maintenant qu'il en avait l’occasion, craignait de-rester seul avec elle.
[ls vivaient sans se parler; le plus souvent il lui écrivait ses instructions sur, des bouts de papier, déposés aux endroits où elle pouvait les voir. Elle opposait à ses paroles une réserve qui l’exaspérait. Lorsque ayant invoqué une excuse de service pour traverser le petit hall qui séparait sa chambre de la cuisine, il lu1 parlait du seuil, elle répondait : — « Oui, monsieur », ou + non, monsieur » sans détourner les yeux de l'ouvrage qu'elle avait entrepris.
En un autre temps, il eût pris à son service un ménage d'excellents domestiques, mais pour rien au monde il n’eût voulu imposer leur présence à Avice et 1! se contentait de ses services qui étaient parfaitement insuffisants.
‘Autrefois, il dinait invariablement au Club. Maintenant, il restait chez lui, n’osant la laisser seule. Il se mettait à table devant une misérable côtelette ou un beefsteak calciné, dont il se montrait satisfait dans la crainte qu'elle ne demandât à retourner chez
elle s’il se permettait la moindre observation.
Une femme de ménage venait tous les deux jours faire le gros ouvrage et consommait une quantité extraordinaire de viande et d'alcool. Cependant, ce n'était pas pour cela que Pierston redoutait la pré-
sence de cette femme; il craignait qu’en conversant avec Avice, elle n'ouvrit les yeux de la jeune fille sur l’étrangeté de leur situation.
Avice avait pu savoir que deux domestiques avant sa venue assuraient le service de l’appartement, mais elle ne semblait pas se soucier des raisons qu'avait Jocelyn de s'en passer maintenant.
Son intention avait été de l'occuper uniquement l'atelier, les événements en avaient disposé autrement.
Cependant, il j'y envoya un matin et lorsqu'il y entra quelques instants après, il la trouva en train d'épousseter sur [es moulages et les maquettes les couches de poussière qui s’y étaient accumulées.
La couleur de la poussière l’étonnait.
— C'est comme dans la cale d’un charbonnier de Budmouth, dit-elle. Et les belles figures de ces gens d'argile en sont toutes abimées.
— J'imagine que vous vous marierez un jour, Avice? dit Jocelyn en la contemplant pensivement.
— Les uns se marient, les autres pas, fit<lle avec un sourire réservé tout en continuant à épousseter les moulages.
— Vous n’y avez pas réfléchi? insista-t-il.
Malicieuse, elle ne répondit pas. Elle était bien séduisante ainsi; 1} admira le charme de son profil incliné : le nez bien dessiné, le menton rond, les longs cils. utilement, il avait essayé d'exprimer dans de l'argile le caractère de ce visage.
Ce soir-là, il l'envoya porter des lettres à la poste et acheter des timbres.
Elle était partie depuis un quart d'heure, lorsqu'ayant terminé un lettre, il songea tout à coup