‹ La bien-aiméeChapitre 32 sur 45 · LE · texte numérisé non relu

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qu’il avait totalement oublié que la jeune fille ne connaissait pas Londres.

Le bureau central où il l'avait envoyée, car il se faisait tard, était tout près de chez lui, et la jeune fille ne revenait pas? Comment avait-il pu être aussi irréfléchi?

Pierston s’approcha de la fenêtre. Il-était environ neuf heures; elle n’avait pas baissé les stores. Il ouvrit la fenêtre et s’accouda au balcon. La lumière de sa lampe à abat-jour vert, lui fit trouver l’obscurité du dehors encore plus noire.

Sur le square en face, la lune se. levait; à sa droite se déroulait la rue avec son ruban lumineux de becs de gaz; çà et là quelques lumières bleues ou rouges. Au loin un orgue de Barbarie massacrait une marche de Rossini. Des silhouettes noires se mouvaient en bas. Sur les toits, une ouate de brouillard livide; et tout en haut un ciel bleu-vert où scintillaient quelques étoiles. Là-bas, à l'horizon une ligne pâle sur laquelle se détachaïent les cheminées aux formes de coudes, de fourches ou de poings.

De terre montait un bruit sourd où certaines voix, le brouhaha des voitures, un sifflement, l’aboiement d’un chien surnageaient comme des bulles d’air sur l'eau. Ce bruit l’impressionna : jamais la ville ne se taisait.

Dans cet océan humain, une seule existence l’intéressait : celle de son Avice, et elle était seule, perdue.

Pierston consulta sa montre. L'absence durait depuis plus d’une heure. Impossible de distinguer les passants. Il rentra et prit son chapeau, un à se lancer au OL à sa recherche.

H remonta toute la rue sans la rencontrer. Là il hésita entre trois ou quatre chemins qui tous menaïent à la poste. [1 se lança dans l’un d’eux au hasard et arriva au bureau pour constater qu'il était vide.

fl se souvint de lui avoir recommandé, si jamais elle se perdait, de prendre un fiacre et de se faire conduire à la maison.

C'est ce qu'elle avait dû faire. Il rentra : personne.

Alors il reprit son poste sur le balcon. La rue élégante qu'il habitait était maintenant presque déserte, et les becs de gaz semblaient des sentinelles à leur poste, venues là pour voir défiler un cortège qui tardait.

A un angle de rue, deux hommes causaient tranquillement comme s’il se chauffaient au soleil de midi. Des amoureux se rejoignaient et disparaissaient dans l'ombre, enlacés.

Il tourna son attention vers les voitures et retenait sa respiration pour mieux entendre le claquement sonore des sabots sur la chaussée. Les deux yeux de chaque voiture, qui s'agrandissaient à mesure qu'elles approchaient, faisaient battre son cœur. C'était Avice sûrement! Non, la voiture passait sans s’arrèter. Jocelyn devenait frénétique.

Il redescendit et se dirigea vers le quartier central où la rumeur continuait.

Comme il ailait déboucher dans la rue bruyante, il aperçut une petite silhouette qui s’avançait paresseusement en sens inverse.

Hepiemen Jocelyn traversa la chaussée. Oui, non... oui. C'était elle!

GHAPITRE XII

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