‹ La bien-aiméeChapitre 5 sur 45 · ÈS · texte numérisé non relu

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remarqué son embarras, mais Mrs Caro, la mère, l'avait fort bien observé. Rougissant, elle se tourna vers sa fille : |

— Avice, ma chère enfant! Voyons. que faitesvous? Vous êtes devenue une femme, depuis que Jocelyn. M. Pierston… nous à quittés. Vous ne devez plus agir comme une petite fille.

La gêne qui suivit ce discours ne disparut pas après les protestations de Jocelyn: « Il espérait bien qu'Avice le traiterait en camarade, comme autrefois. > 2

Suivirent quelques propos. Jocelyn se. reprochaïit sa froideur ridicule. —— ve

Au moment de se retirer, il répéta que Si AVICe ne le traitait pas en camarade, de sa vie il ne lui parlerait; mais bien qu’ils se quittassent bons amis, la jeune fille laissait lire sur son visage Un regret de l'incident.

— Mon enfant, s'écria Mrs Caro, lorsque Joce yn fut parti, quelle surprise tu m'as causée! Un jeune homme qui a l’habitude des bonnes manières de Londres, et qui juge presque vulgaire de rire ouver-

tement! Comment as-tu OSé, Avicer — Je. je ne croyais pas avoir tant changé, mur-

mura la jeune fille navrée! Je l’embrassais autrefois. et lui de même. w — Mais il y a des années de cela, ma chérie.

— Cest vrai. Ne __ Enfin, on n'y peut rien maintenant. Sois plus réfléchie à l'avenir. Il connaît certainement d’autres jeunes filles et ne songe guère à toi. C'est un sculpteur

et iTserz, dit-on, CéèbrE Un jour. s

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Pendant ce temps, Jocelyn Pierston s’avançait vers la maison de son père.

Un homme sans aucun sens d'artiste, lui, commerçant borné mais intègre, de qui Jocelyn acceptait une pension annuelle, en attendant les jours de gloire.

M. Pierston, n'ayant pas été averti de la visite projetée, n’était pas là pour le recevoir.

Jocelyn visita les lieux familiers, donna un regard aux carrières où d’éternelles scies taillaient d’éternels blocs, — les mêmes scies et les mêmes pierres, lui sembla-t-il, que jadis, — puis il passa dans le petit jardin derrière la maïsan. Comme tous les jardins de l’île, un mur bas l’entourait et, tout au bout, il finissait par un mince et long couloir qui touchait au jardin des Caro.

À peine atteignait-l cet endroit qu'il entendit derrière le mur des chuchotements et des sanglots. I] reconnut la voix d’Avice : elle confiait sa peine à une jeune amie.

— Oh! Que faire? Que faire? gémissait-elle. Quelle imprudence! Quelle impudeur! Comment ai-je pu faire une chose pareille?’ Il ne me le pardonnera jamais! [l va me croire une fille hardiel.… Mais. mais. j'avais tout à fait oublié que je n’étais plus une petite fille... Seulement. jamais. il ne le croira!

Le ton était celui d’une fillette, qui s'aperçoit pour la première fois avec honte et frayeur qu’elle est femme.

. — À:t-il paru fâché? demandait l’amie.

— Oh non! pas fâché. Pire : grave et hautain.

Il ‘est #1 élégant mamrenents: pos ‘0 ‘FOUT Pomme

les jeunes gens d'ici. Mais n'en parlons plus. je voudrais être morte!

Pierston battit précipitamment en retraite. Il s’en voulut de l'incident qui troublait cette jeune âme, bien qu'il en ressentit un vague plaisir.

Il rentra à la maison où son père était de retour pour lui souhaiter la bienvenue, -

Ils s’attablèrent et, après le repas, Jocelyn sortit, désireux de consoler le chagrin de sa jeune voisine.

A vrai dire, l'affection qu’il ressentait pour elle ressemblait plus à de l'amitié qu’à de l’amour; et il n’était nullement sûr que l’Idéal migratoire et trompeur (qu’il appelait son amour, et qu’avaient incarné depuis sa jeunesse un nombre infini de formes humaines) allât désormais se fixer en la seule personne d’Avice Caro.

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