THÉRÈSE A QUINZE ANS ET SON PÈRE
(D'après un dessin de Céline.)
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pencher pour me voir et m'entendre. Je pense qu'il dut être satisfait de son examen; car, à la fin du voyage, il parut bien disposé en ma faveur. Je dis, à la fin, parce qu’à Rome il fut loin de me servir d'avocat, comme je le dirai bientôt. ;
Avant d’atteindre le but de notre pèlerinage, nous traversämes la Suisse avec ses hautes montagnes dont le sommet neigeux se perd dans les nuages, ses cascades, ses vallées profondes remplies de fougères gigantesques et de bruyères roses.
Ma Mère bien-aimée, que ces beautés de la nature, répandues ainsi à profusion, ont fait de bien à mon âmel Comme elles l’ont élevée vers Celui qui s’est plu à jeter de pareils chefs-d’œuvre, sur une terre d’exil qui ne doit durer qu’un jour |
Parfois nous étions emportés jusqu’au sommet des montagnes : à nos pieds, des précipices dont le regard ne pouvait sonder la profondeur, semblaient vouloir nous engloutir. Plus loin, nous traversions un village charmant avec ses chalets et son gracieux clocher, au-dessus duquel se balançaient mollement de légers nuages. Ici, c'était un vaste lac aux flots calmes et purs, dont la teinte azurée se mêlait aux feux du couchant.
Comment dire mes impressions devant ce spectacle si poétique et si grandiose? Je pressentais les merveilles du ciel... La vie religieuse m’apparaissait telle qu'elle est, avec ses assujettissements, ses petits sacrifices quotidiens accomplis dans l’ombre. Je comprenais combien alors il devient facile de se replier sur soi-même, d'oublier le but sublime de sa vocation ; et je me disais : « Plus tard, à l'heure de l'épreuve, lorsque, prisonnière au Carmel, je ne pourrai voir qu’un petit coin du ciel, je me souviendrai d'aujourd'hui; ce tableau
me donnera du courage. Je ne ferai plus cas de mes petits intérêts en pensant à la grandeur, à la puissance de Dieu; je l’aimerai uniquement et n’aurai pas le malheur de m’attacher à des pailles, maintenant que mon cœur entrevoit ce qu’il réserve à ceux qui l’aiment. »
Après avoir contemplé les œuvres de Dieu, je pus admirer aussi celles de ses créatures. La première ville d'Italie que nous visitâmes fut Milan. Sa cathédrale en marbre blanc, avec ses statues assez nombreuses pour former un peuple, devint pour nous l’objet d’une étude particulière.
Laissant les dames timides se cacher le visage dans leurs mains, après avoir gravi les prémiers degrés de l'édifice, nous suivimes, Céline et moi, les pèlerins les plus hardis, et atteignimes le dernier clocheton, ayant ensuite le plaisir de voir à nos pieds la ville de Milan tout entière, dont les habitants ressemblaient à de petites fourmis. Descendues de notre piédestal, nous commençâmes nos promenades en voiture qui devaient durer un mois, et me rassasier pour toujours du désir de rouler sans fatigue.
Le Campo Santo nous ravit. Ses statues de marbre blanc, qu'un ciseau de génie semble avoir animées, sont semées sur le vaste champ des morts, avec une sorte de négligence qui ne manque point de charme. On serait presque tenté de consoler les personnages allégoriques qui vous entourent. Leur expression est si vraie de douleur calme et chrétienne! Et-quels chefs-d’'œuvre ! Ici, c'est un enfant qui jette des fleurs sur la tombe de son père; on oublie la pesanteur du marbre : les pétales délicats semblent glisser entre ses doigts. Ailleurs, le voile léger des veuves et les rubans dont sont ornés les cheveux des jeunes filles paraissent flotter au gré du vent. |
Nous ne trouvions pas de paroles pour exprimer notre admiration; lorsqu'un viéux monsieur français, qui nous
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suivait partout, regrettant sans doute de ne pouvoir partager nos sentiments, dit avec mauvaise humeur : « Ah! que les . Français sont donc enthousiastes! » Je crois que ce pauvre monsieur aurait mieux fait de rester chez lui. Loin d’être heureux de son voyage, toujours des plaintes sortaient de sa bouche : il était mécontent des villes, des hôtels, des personnes, de tout.
Souvent, papa, qui se trouvait bien n'importe où, — étant d’un caractère diamétralement opposé à celui de son désobligeant voisin — essayait de le réjouir, lui offrait sa place en voiture et ailleurs, lui montrait, avec sa grandeur d'âme habituelle, le bon côté des choses ; rien ne le déridait! Que nous avons vu de personnages différents ! Quelle intéressante étude que celle du monde, quand on est à la veille de le quitter | ;
A Venise, la scène changea complètement. Au lieu du tumulte des grandes cités, on n’entend, au milieu du silence, que les cris des gondoliers et le murmure de l'onde agitée par les rames. Cette ville a bien ses charmes, mais elle est triste. Le palais des doges avec toutes ses splendeurs est triste luimême. Depuis longtemps, l'écho de ses voûtes sonores ne répète plus la voix des gouverneurs, prononçant des arrêts de vie ou de mort dans les salles que nous avons traversées. Ils ont cessé. de souffrir les malheureux condamnés, enterrés vivants dans les oubliettes obscures. |
En visitant ces affreuses prisons, je me croyais au temps des martyrs. Cet asile ténébreux, je l’aurais avec joie choisi pour demeure, s’il se fût agi de confesser ma foi ; mais bientôt la voix du guide me tira de ma rêverie, et je passai sur le pont des soupirs, ainsi appelé à cause des soupirs de soulagement des pauvres prisonniers, en se voyant délivrés de l'horreur des souterrains auxquels ils préféraient la mort.
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Après avoir dit adieu à Venise, nous vénérâmes à Padoue la langue de saint Antoine; puis, à Bologne, le corps de sainte Catherine, dont le visage conserve l'empreinte du baiser de l'Enfant Jésus.
Je me vis avec bonheur sur la route de Lorette. Que la sainte Vierge a bien choisi cet endroit pour y déposer sa Maison bénie! Là, tout est pauvre, simple et primitif : les femmes ont conservé le gracieux costume italien, et n’ont pas, comme celles des autres villes, adopté la mode de Paris. Enfin, Lorette m'a charmée.
Que dirai-je de la sainte Maison? Mon émotion fut bien profonde en me trouvant sous le même toit que la sainte Famille, en contemplant les murs sur lesquels Notre-Seigneur avait fixé ses yeux divins, en foulant la terre que saint Joseph avait arrosée de ses sueurs, où Marie avait porté Jésus dans ses bras, après l'avoir porté dans son sein virginal. J'ai vu la petite chambre de l’Annonciation. J'ai déposé mon chapelet dans l’écuelle de l'Enfant Jésus. Que ces souvenirs sont ravissants !
Mais notre plus grande consolation fut de recevoir Jésus dans sa maison et de devenir ainsi son temple vivant, au lieu même qu'il avait honoré de sa divine présence. Suivant l’usage romain, la sainte Eucharistie ne se conserve dans chaque église que sur un autel; et, là seulement, les prêtres la distribuent aux fidèles. À Lorette, cet autel se trouve dans la basilique où la sainte Maison est renfermée, comme un diamant précieux, en un écrin de marbre blanc. Cela ne fit pas notre affaire. C’était dans le diamant, et non dans l’écrin, que nous voulions recevoir le Pain des Anges. Papa, avec sa douceur ordinaire, suivit les pèlerins, tandis que ses filles moins soumises se dirigeaient vers la santa Casa.
Par un privilège spécial, un prêtre se disposait à y célébrer
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sa messe ; nous lui confiâmes notre désir. Immédiatement, ce prêtre dévoué demanda deux petites hosties qu’il plaça sur sa patène, et vous devinez, ma Mère, le bonheur ineffable de cette communion |! Les paroles sont impuissantes à le traduire. Que sera-ce donc quand nous communierons éternellement dans la demeure du Roi des cieux P Alors nous ne verrons plus finir notre joie, il n’y aura plus pour l’assombrir la tristesse du départ, il ne sera pas nécessaire de gratter furtivement, comme nous l'avons fait, les murs sanctifiés par la présence divine; puisque sa maison sera la nôtre pendant tous les siècles.
- Il ne veut pas nous donner celle de la terre, il se contente de nous la montrer, pour nous faire aimer la pauvreté et la vie cachée ; celle qu’il nous réserve est son palais de gloire, où nous ne le verrons plus voilé sous l’apparence d’un enfant ou d’un peu de pain, mais tel qu’il est dans l'éclat de sa splendeur infinie !
Maintenant, c’est de Rome que je vais parler : de Rome, ‘où je croyais rencontrer la consolation ; où, hélas ! je trouvai la croix ! A notre arrivée, il faisait nuit ; et, m’étant endormie dans le wagon, je fus réveillée au cri des employés de la gare, répété avec enthousiasme par les pèlerins : Roma ! Roma ! Ce n'était pas un rêve, j'étais à Rome!
Notre première journée, peut-être la plus délicieuse, se passa hors les murs. Là, tous les monuments ont conservé leur antique cachet; tandis qu’au centre de Rome, devant les hôtels et les magasins, on pourrait se croire à Paris.
Cette promenade dans les campagnes romaines m'a laissé un souvenir particulièrement embaumé. Comment pourrais-je traduire l'impression qui me fit tressaillir devant le Colysée ? Je la voyais donc enfin cette arène, où tant de martyrs avaient versé leur sang pour Jésus! Déjà je m'apprêtais à baiser la
terre sanctifiée par leurs combats glorieux. Mais quelle déception ! Le sol ayant été exhaussé, la véritable arène est ensevelie à huit mètres environ de profondeur. Par suite des fouilles, le centre n’est qu’un amas de décombres ; une barrière infranchissable en défend l’entrée. D'ailleurs, personne n'ose pénétrer au sein de ces ruines dangereuses.
Fallait-il être venue à Rome sans descendre au Colysée ? — Non, c'était impossible ! Je n’écoutais plus déjà les explications du guide ; une seule pensée m’occupait : descendre dans l’arène!
Il est dit dans le saint Evangile, que Madeleine restant toujours auprès du Tombeau, et se baissant à plusieurs reprises pour regarder à l’intérieur, finit par voir deux anges. Comme elle, continuant de me baisser, je vis, non pas deux anges, mais ce que je cherchais; et, poussant un cri de joie, je dis à Céline : « Viens ! suis-moi, nous allons pouvoir passer ! » Aussitôt nous nous élançons, escaladant les ruines qui croulaient sous nos pas; tandis que papa, étonné de notre audace, nous appelait de loin. Mais nous n’entendions plus rien.
De même que les guerriers sentent leur courage augmenter au milieu du péril, ainsi notre joie grandissait en proportion de notre fatigue et du danger que nous affrontions pour atteindre le but de nos désirs.
Céline, plus prévoyante que moi, avait écouté le guide. Se rappelant qu'il venait de signaler un certain petit pavé croisé, comme étant l'endroit où combattaient les martyrs, elle se mit à le chercher. L’ayant trouvé bientôt, et nous étant agenouillées sur cette terre bénie, nos âmes se confondirent en une même prière... Mon cœur battait bien fort lorsque j'approchai mes lèvres de la poussière empourprée du sang des premiers chrétiens. Je demandai la grâce d'être aussi martyre pour Jésus, et je sentis au fond de mon âme que j'étais exaucée.
CRE A PO RTE EE A ERP ae CE 2 Histoire d'une âme. — Chapitre sixième. 103
Tout ceci dura très peu de temps. Après avoir ramassé quelques pierres, nous nous dirigeâmes vers les murs pour recommencer notre périlleuse entreprise. Papa nous voyant si heureuses ne put nous gronder ; je m’aperçus même qu'il était fier de notre courage.
Après le Colisée, nous visitämes les Catacombes. Là, Céline et Thérèse trouvèrent le moyen de se coucher ensemble jusqu’au fond de l’ancien tombeau de sainte Cécile, et prirent de la terre sanctifiée par ses reliques bénies.
Avant ce voyage, je n’avais pour cette sainte aucune dévotion particulière; mais en visitant sa maison, le lieu de son martyre, en l’entendant proclamer «reine de l’harmonie», à cause du chant virginal qu’elle fit entendre au fond de son cœur à son Epoux céleste, je sentis pour elle plus que de la dévotion : une véritable tendresse d'amie. Elle devint ma sainte de prédilection, ma confidente intime. Ce qui surtout me ravissait en elle, c'étaient son abandon, sa confiance illimitée, qui l’ont rendue capable de »trginiser des âmes n'ayant jamais désiré que les joies de la vie présente. Sainte Cécile est semblable à l'épouse des Cantiques. En elle, je vois un chœur dans un camp d'armée !. Sa vie n’a été qu’un chant mélodieux au milieu même des plus grandes épreuves ; et cela ne m'’étonne pas, puisque l'Evangile sacré reposait sur son cœur ?, et que dans son cœur reposait l’'Epoux des vierges.
La visite à l’église de sainte Agnès me fut aussi bien douce. Là, je retrouvais une amie d'enfance. J'essayai, mais sans succès, d'obtenir une de ses reliques afin de la rapporter à ma petite mère Agnès de Jésus. Les hommes me refusant, le bon Dieu se mit de la partie : une petite pierre de marbre
1 Cant., vu, 1. — ? Office de sainte Cécile.
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rouge, se détachant d’une riche mosaïque dont l’origine remonte au temps de la douce martyre, vint tomber à mes pieds. N’était-ce pas charmant ? Sainte Agnès me donnait ellemême un souvenir de sa maison |
Six jours se passèrent à contempler les principales merveilles de Rome; et le septième, je vis la plus grande de toutes : Léon XIII. Ce jour, je le désirais et le redoutais à la fois, de lui dépendait ma vocation; car je n’avais reçu aucune réponse de Monseigneur, et la permission du Saint-Père devenait mon unique planche de salut. Mais, pour obtenir cette permission, il fallait la demander! Il fallait devant plusieurs cardinaux, archevéques et évêques, oser parler au Pape ! Cette seule pensée me faisait trembler.
Ce fut le dimanche matin, 20 novembre, que nous entrâmes au Vatican dans la chapelle du Souverain Pontife. À huit heures nous assistions à sa messe; et, pendant le saint Sacrifice, il nous montra par son ardente piété, digne du Vicaire de Jésus-Christ, qu'il était véritablement le saint Père.
L’Evangile de ce jour contenait ces ravissantes paroles : « Ne craignez rien, petit troupeau ; car il a plu à mon Père de vous donner son royaume !.» Et mon cœur s’abandonnait à la confiance la plus vive. Non, je ne craignais pas, j’espérais que le royaume du Carmel m'’appartiendrait bientôt. Je ne pensais pas alors à ces autres paroles de Jésus : « Je vous prépare mon royaume comme mon Père me l'a préparé ?.» — C'est-à-dire, je vous réserve des croix et des épreuves ; ainsi vous deviendrez digne de posséder mon royaume. — « Il a été nécessaire que le Christ souffrît avant d'entrer dans
1 Lucæ, xu1, 32. — ? ]d., xxnr, 20.
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sa gloire ‘. Si vous désirez prendre place à ses côtés, buvez le calice qu'il a bu lui-même *?. »
Après la messe d’action de grâces qui suivit celle de Sa Sainteté, l'audience commença.
Léon XIH était assis sur un fauteuil élevé, vêtu simplement d’une soutane blanche et d’un camail de même couleur. Près de lui se tenaient des prélats et autres grands dignitaires ecclésiastiques. Suivant le cérémonial, chaque pèlerin s’agenouillait à son tour, baisait d’abord le pied, puis la main de l’'auguste Pontife, et recevait sa bénédiction; ensuite deux gardes-nobles le touchant du doigt, lui indiquaient par là de se lever pour passer dans une autre salle et donner sa place au suivant.
Personne ne disait mot; mais j'étais bien résolue à parler quand, tout à coup, M. l’abbé Révérony qui se tenait à la droite de Sa Sainteté, nous fit avertir bien haut qu’il défendait absolument de parler au Saint-Père. Je me tournai vers Céline, l’interrogeant du regard; mon cœur battait à se rompre... — « Parle! » me dit-elle.
Un instant après, j'étais aux genoux du Pape. Ayant baisé sa mule, il me présenta la main. Alors, levant vers lui mes yeux baignés de larmes, je le suppliai en ces termes :
« Très Saint Père, j'ai une grande grâce à vous demander! »
Aussitôt, baissant la tête jusqu’à moi, son visage toucha presque le mien; on eût dit que ses yeux noirs et profonds voulaient me pénétrer jusqu’à l’intime de l’âme.
« Très Saint Père, répétai-je, en l'honneur de votre Jubilé, permettez-moi d'entrer au Carmel à quinxe ans l»
M. le grand Vicaire de Bayeux, étonné et mécontent, reprit bientôt :
« Très Saint Père, c'est une enfant qui désire la vie
1 Lucæ, xxiv, 26. — ? Matt., xx, 22.
DOME ES La Bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus:
du Carmel; mais les supérieurs examinent la question en ce moment.
— Eh bien, mon enfant, me dit Sa Sainteté, faites ce que les supérieurs décideront. »
Joignant alors les mains et les appuyant sur ses genoux, je tentai un dernier effort :
— « O Très Saint Père, si vous disiez oui, tout le monde voudrait bien! »
Il me regarda fixement, et prononça ces mots en appuyant sur chaque syllabe d’un ton pénétrant :
— « Allons... Allons... vous entrerez si le bon Dieu le veut. »
J'allais parler encore, quand deux gardes-nobles m'invitèrent à me lever. Voyant que cela ne suffisait pas, ils me prirent par les bras et M. Révérony leur aida à me soulever, car je restais encore les mains jointes appuyées sur les genoux du Pape. Au moment où j'étais ainsi enlevée, le bon Saint- Père posa doucement sa main sur mes lèvres, puis, la levant pour me bénir, il me suivit longtemps des yeux.
Papa eut bien de la peine en me trouvant tout en pleurs au sortir de l'audience : ayant passé avant moi, il ne savait rien de ma démarche. Pour lui, M. le grand Vicaire s'était montré on ne peut plus aimable, le présentant à Léon XIII comme le père de deux carmélites. Le Souverain Pontife, en signe de particulière bienveillance, avait posé sa main sur sa tête vénérable, semblant ainsi le marquer d’un . sceau mystérieux au nom du Christ lui-même.
Ah! maintenant qu'il est au ciel, ce père de quatre carmélites, ce n'est plus la main du représentant de Jésus qui repose sur son front, lui prophétisant le martyre, c’est la main de l'Époux des vierges, du Roi des cieux; et plus jamais cette main divine ne se retirera du front qu'elle a glorifié.