‹ La bienheureuse Thérese de l'Enfant-Jésus (volume 2)Chapitre 89 sur 115 · MA BONNE MÈRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

MA BONNE MÈRE SUPÉRIEURE

Nous avons été témoins, il y a-quelques mois, d’un grand miracle de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus. C’est en faveur de ma petite fille

Juliette, âgée de trois ans et demi, qui fut prise de maux de tête, le 7 janvier dernier, en rentrant de l’école enfantine. Aussitôt, j’ai fait appeler le docteur qui ordonna une potion au bromure.

Mais, ça n’aliait pas mieux du tout, et bientôt, il nous déclara que la petite était atteinte de méningite ; son œil gauche était très congestionné, et les membres se prenaient, ainsi que la colonne vertébrale. On essaya des applications de glace sur la tête et autres remèdes sans rien obtenir; au contraire, le mal s’aggravait.

" Le mardi soir, 11 janvier, je dis à mon pauvre mari : « Ecrivons au Carmel de Sœur Thérèse de l’'Enfant-Jésus ; je suis sûre qu’elle m’obtiendra la guérison de Juliette, car elle a déjà été si bonne pour nous! » Et j’écrivis une lettre pour demander des prières.

Le 12 janvier, le médecin nous avoua qu'il n’y avait plus rien à faire, il offrit pourtant de tenter une ponction lombaire, en dernier ressort. Seulement, comme il doutait du résultat, je m’opposai à la chose, voulant attendre la réponse de Sœur Thérèse.

Cependant, la petite allait de plus en plus mal, et poussait des cris jour et nuit. C’est pourquoi nous fûmes bien surpris lorsque le jeudi 13 janvier, elle s’assit tout à coup sur son lit, et dit à sa grand’mère qui la regardait : « Le petit Jésus de Sœur Thérèse me guérira demain. » Cette parole nous laissa tous bien impressionnés, d'autant plus que, depuis le début de sa maladie, elle n’avait pas dit un seul mot.

La nuit suivante fut épouvantable à cause des convulsions terribles de l'enfant, les personnes présentes en étaient effrayées, et moi-même, sa mère, je ne me sentais plus le courage de regarder ce spectacle. Enfin, le vendredi 14, vers 4 heures de l’après-midi, alors que nous étions plusieurs de la famille auprès de la petite dont nous attendions la mort, quelle douce émotion pour nous de la voir se redresser de nouveau toute L seule, et me dire en souriant : « Maman, Sœur Thérèse m'a guérie, je l'ai vue comme ça. » Et elle nous montrait le portrait de la sainte au pied de son lit où elle est représentée avec le Crucifix et des roses. Je lui dis :

C'est l’image que tu as vue, ma chérie. » Mais elle reprit tout étonnée : « Non, c’est pas ça, elle est descendue du tableau, elle m'a embrassée, et puis elle est remontée. » Et elle répéta les mêmes paroles à son père quand il rentra le soir de son travail. Le docteur, à sa visite du lendemain, la regarda tout d’abord et nous ensuite, et il s’écria en proie au plus vif étonnement : « Il s’est opéré ici quelque chose de miraculeux. » En effet, notre fillette était en convalescence.

Nous l’avons conduite, mon mari et moi, à Lisieux, le 11 juin dernier. C'était un bien long voyage et une grosse dépense pour des ouvriers que nous sommes, mais nous étions heureux de faire ces sacrifices pour mieux remercier notre chère Protectrice. Notre petite Juliette semblait partager notre joie, et nous n'avons pu retenir nos larmes, sur la tombe de Sœur Thérèse, en la voyant monter debout sur le petit banc de bois, pour saisir

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Pluie de Roses. 539

une image de la sainte qu’elle avait aperçue accrochée à la croix, et l’embrasser tendrement.

Je n’ai pas besoin d’ajouter que notre enfant va bien depuis sa guérison miraculeuse. Cette grâce enfin a été si éclatante que mon mari qui négligeait ses devoirs religieux est redevenu pratiquant.

Nous comptons que la petite Sœur Thérèse continuera à nous protéger. Marie-Jeanne SOMPAYRAC.

Pierre SomPAYRAC, père de l’enfant. j Mme veuve THÉRON, grand’mère.

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