ACTE DEUXIÈME
M. LEPIC
Elle auscultait la porte.
Pauvre femme I
M. LEPIC
Ail! c'est elle que vous plaignez?
PAUL
Non, non. C'est vous, monsieur Lepic, profondément. (Des ombres passent devant la fenêtre.) Mais On s'im-
patiente !
M. LEPIC
Je le vois bien; qu'ils attendent! Et moi donc! Ne m'en a-t-il pas fallu de la patience ? (n désigne sa poitrine.) Ah! Mousicur ! si la Grande Chancellerie me connaissait!... Oh! il y a le divorce; ce serait une belle cause! mais nous ne savons pas encore nous servir de celte machine-là, dans nos campagnes. D'ailleurs, madame Lepic est aussi tenace qu'irréprochable. On meurt où elle s'attache. En outre, je ne suis pas sans orgueil. J'aurais honte de me plaindre en public! Et puis un divorce, pourquoi faire?
PAUL
Une autre vie. Vous êtes toujours jeune.
M. LEPIC
Je suis'un jeune homme.
PAUL
A votre âge, on aime encore.
J'ai un cœur de vingt ans.
PAUL
A vingt ans, c'est dur de se priver.
M. LEPIC
Je ne me prive pas du tout.
PAUL
Comment ?
M. LEPIC
J'ai ce qu'il me faut.
PAUL
Oh! monsieur Lepic, tromperiez- vous madame Lepic?
M. LEPIC
Tant que je peux! Tiens! Parbleu! cette question! Aucune compensation? Vous ne voudriez pas! Mieux vaudrait la mort. Oli ! dame, ici, j'accepte ce que je trouve, de petites fortunes de village. Ah! si le curé était marié!
PAUL
Tous lui prendriez sa femme?
M. LEPIC
Il m'a Lien pris la mienne. Oh! je ne vous con-