‹ La bigote, comédie en deux actesChapitre 63 sur 80 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

seille pas de m'i miter plus tard. Le bonheur d'un mari dans un ménage ne consiste pas à tromper sa femme le plus possible. Mais ce n'est pas moi qui ai commencé. Sans le curé, j'eusse été un époux modèle. Dans une union parfaite, je n'admettrais aucune hypocrisie, aucun mensonge, aucune excuse, pas plus pour le mari que pout* la femme. A un ménage comme le mien, je proférerais un couple de saints d'accord dans la même n:che et il me répugne d'entendre un mari dire : « C'est si beau une femme à genoux qui prie ! » tandis qu'il en profite, lui, l'homme supérieur, qui ne prie jamais, pour la tromper à tour de bras! Je vous assure, monsieur!

PAUL

Je A'ous remercie de me parler avec cette confiance.

M. LEPIC

C'est le moins, mon gendre.

i'AUL, lui tendant la main.

Mon beau-père !

M. LEPIC

Monsieur... comme vous entrez dans une famille qui se trouve être la mienne, je ne regrette pas de vous avoir dit ces quelques mots d'encouragement. Et puis, ça soulage un peu ! Je vous dois ce plaisirlà. J'ai votre jjarole pour ma fille, au moins! Vous ne vous sauverez pas comme M. Fontaine, à propos d'un curé?

PAUL

Oh! c'est pour ça que M. Fontaine?...

M. LEPIC

Je crois; quand il a vu clair dans mon intérieur, il a eu peur pour le sienl

PAUL

Ce devait être un homme quelconque.

M. LEPIC

Il tenait à ses idées.

PAUL

Un sectaire!

M. LEPIC

Et il ne connaissait pas le chiffre exact do la dotl

PAUL

Tout le monde tient à ses idées, moi aussi. Mais le temps a changé.

M. LEPIC

Rien ne change.

PAUL

Depuis la séparation...

M. LEPIC

Espèce de radical-socialiste! Ça va è(re le reste! Qu'est-ce qu'elles ne feront pas pour les consoler? Les voilà plus forts que jamais. Un homme intelli-

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