‹ La biochimie et les chlorophyllesChapitre 35 sur 59 · B. BouiLHAC, Comptes rendus, novembre · texte numérisé non relu

B. BouiLHAC, Comptes rendus, novembre

En présence du phénomène optochimique de la fixation de Facide carbonique et du dégagement d'oxygène, diverses théories ont été créées pour Fexpliquer. La plus importante est celle due à Boussingault, Berthelot et Kekulé; il y a bien chance pour que ces esprits ëminents aient vu une part de vérité. L'énergie lumineuse décomposerait r anhydride carbonique et Teau en donnant de Taldéhyde formique, plus de Toxygène :

Dans Tétat de nos connaissances, il y ^ tout lieu de croire que les choses ne peuvent se passer ainsi que dans une très faible mesure.

C'est sous le nom de théorie de Baeyer qu'on connaît la théorie de synthèse végétale formique ci-dessus, car il admet que l'aldéhyde en question se polymérise pour former du glucose, puis de l'amidon :

(2) iHGOH)6 = C6Hi206,

Formol. Glucose.

Amidon.

L'ensemble de ces trois équations a paru encore plus imposant, quand on a constaté chimiquement que l'aldéhyde formique se polymériserait en effet pour former un saccharoïde fermentescible (Grimaux) et que Fischer, à partir d'aldéhydes, est

arrivé à la pleine synthèse de sucres rotatoires identiques à ceux de la nature.

Cependant la vérité chimique de tous ces faits n'implique en aucune façon la connaissance des voies et moyens de synthèse dans la cellule protoplasmigue. Les hydrates de carbone existent assurément aux premiers stades de la vie actuelle et se transforment. Ce qu'il faut savoir, ce sont les premières passes d'armes entre l'énergie et la matière. Eîxaminons l'équation (1) fondamentale dans ce système. On voit à simple inspection que pour fixer C* une molécule CO* (2 vol.) doit dégager une molécule 0* (2 vol.).

L'acte de synthèse dégagé de la respiration

exige donc volumes égaux. On dira encore, nous le

répétons, que le rapport des gaz émis et absorbés

0* €st égal à l'unité ^^r-nrl; mais nous avons vu

LU

précédemment que cela ne se réalisait que fort

approximativement (Saussure, Moissan.,.).

Plus récemment, Bonnier et Mangin* contestent

0^ que, la respiration mise à part, le quotient p-pr^

soit 1; il atteint 1,25 et même 1,30, quantités qui ne sont pas de l'ordre des erreurs d'expérience et montrent que la théorie n'est même pas approchée dans son application aux cellules. Le rap-

1. Recherches sur Taction chlorophyllienne séparée de la respiration (Ann. se. nat., [7], t. IIÏ, 1886).

port 1,25 signifie que pour 1 vol. d'oxygène dégagé il n'y a que ,8 d'acide carbonique absorbé. Le phénomène étant permanent, d'où vient la diffé-

rence 0^°\2, le ^ en plus d'oxygène dégagé ?

Assurément de la décomposition simultanée de l'eau qui n'est pas spécifiée dans les équations. La théorie est insuffisante parce qu'elle ne s'occupe que des hydrates de carbone.

Aldéhyde Glucoses. Amidon,

formique.

Tout, dans la nature, serait sucre ou dérivé des sucres. Si la nature a le pouvoir de briser CO^ et d'en chasser 0* pour arriver à un hydrate de carbone, l'équation (1) ne dit pas qu'elle n^ puisse faire de môme sur H^O tout en le mettant moins en évidence. .

Si l'eau fournit jusqu'à 20 p. 100 de l'oxygène dégagé, il correspond à cela de l'hydrogène qu'on ne voit jamais sortir à l'état libre. Chimiquement, voici son usage, à mon sens. Soient une portion d'hydrate de carbone et, en regard, cet hydrogène libéré corrélativement à 0^ :

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