Comptes rendv^y
ESSAI DE SYNTHÈSE VÉGÉTALE. lli
et les glucoses dans la synthèse. En dernière analyse, on revient à la théorie de Baeyer.
Après un travail de plusieurs années sur les chlorophylles, je me suis fait sur la synthèse organique une manière de penser que je ne crains pas de dire, et si je la voyais critiquer avec succès je n'en concevrais aucun dépit, car cela apporterait peut-être quelque expérience nouvelle dans nos hypothèses trop anciennes.
II. Optochimie des lacunes. — Les principes qu'on rencontre dans les végétaux ont souvent ce que les chimistes nomment des lacunes (=:) ou doubles liaisons, et aucun végétal n'est exempt de ces lacunes. On sait en chimie que ces lacunes doubles (=:) ou triples (^ sont des points singuliers pour l'accumulation d'énergie, la réfraction, la facile rupture, la facilité de fixer de l'eau, etc.
Un corps à lacune peut s'oxyder et s'hydrater en donnant un glycol (Meyer*) :
— CH = CH — h -h H20 = — CHOH — GHOH —
Inversement, une perte d'eau, une déshydratation pour certains alcools crée la double liaison. Les actions chimiques permettent sans hésitation de découvrir une lacune dans une molécule. Je dis en outre qu'il y a là un point de facile rupture.
4. Action du permanganate à i p. 100 sur les doubles liaisons.
En effet, Thuile de ricin dépourvue d'annexés et d'impuretés se représente par :
Et elle est loin d'être des plus compliquée parmi les productions naturelles. Chauffée ou soumise aux réactifs, elle se casse toujours au double trait. Il y a donc là un point d'élection pour les actions de l'énergie et de la matière. Ne peut-on pas voir ces points ? Ils ont déjà une relation connue avec l'optique, ils entrent dans le calcul de l'indice de réfraction moléculaire R par la formule :
(n n=: indice de réfraction, d =: densité, M = poids moléculaire), et par la mesure de n on peut compter le nombre des lacunes, chaque corps simple ayant son indice fixe n ; un excédent de réfraction moléculaire correspond, selon sa grandeur, à un certain nombre de (=).
C'est là une visibilité médiate pour nos sens. Mais la constatation d'un lieu d'activité simultanément optique et chimique est certaine.
A défaut de mieux, nous pouvons renverser la proposition et dire qu'à un lieu d'activité simultanément optique et chimique peuvent correspondre sur les sens diverses manifestations.
Les bandes d'absorption spectrale sont en dehors de toute hypothèse des lieux d'activité oplochi"
mique. Je pense en outre que ce sont des lacunes qui, par suite de dispositions moléculaires spéciales, n'agissent pas seulement sur l'indice de réfraction, mais sur le spectre d'absorption visible et invisible. . Nous voyons ainsi la porte par laquelle entrent, en un tourbillon rapide, à la fois Ténerg-ie et la matière dans la molécule. Il faudra néoessairement une expérimentation serrée pour démontrer que les bandes correspondent de quelque manière à ce que les chimistes nomment des lacunes. Mais il me semble que la question devait être posée. Le fait que les molécules de vert chlorophyllien aient des bandes absorbant rénergie lumineuse est démontré. Il n'y a pas là d'hypothèse. M^is pourquoi ces bandes ne seraient-elles capables de travailler qu'avec l'énergie lumineuse? Lacunaires ou non, recevant toutefois la matière, quelle loi leur empêcherait de s'^adapter à d'autres énergies que la lumière visible à l'œil? Je répète à ce propos que les matières colorées à bandes des organismes, les matières qui, comme le sang et la bile, agissent sans cesse dans les profondeurs obscures, transforment leur substance avec les énergies qu'elles trouvent à leur portée, notamment la chaleur des réactions internes et le magnétisme du globe. Autrement on ne comprend pas la présence de colorants à spectres discontinus dans les organes obscurs de la plupart des êtres.
Je crois donc que la bande est un phénomène de lacune rendu visible, qu'elle est, dans lés molécules biolog-iques, une porte d'entrée, une bouche de nutrition où, sous l'action d'énergies diverses, se mâchent des matières également diverses.
III. Action hérédochimique. — Tous les êtres répètent leurs formes par la transmission de germes destinés à transmettre les consignes de l'espèce. En zoologie et en botanique, cela passe à l'état d'axiome. Dès qu'il s'agit, pour les chimistes, d'expliquer la synthèse chimique, il semble qu'aucune de ces pensées biologiques fondamentales ne les ait frappés. Les raisonnements ne sont plus que des possibilités chimiques sur le papier et au mieux in vitro.
Comme nous manquons tous, et totalement, de savoir précis sur la synthèse végétale, une hypothèse n'est pas plus téméraire qu'une autre. Voici celle qui me sert provisoirement pour travailler.
A l'origine de tout raisonnement sur la synthèse végétale se place nécessairement l'embryon. Si celui-ci, même invisible à l'œil, porte en lui la loi du développement des formes, il porte aussi la lei qui régira les transformations chimiques d'accroissement, de réserve et de régression. Ici je constate un fait : l'embryon est un corps solide, insoluble; il se segmentera et donnera aussi des colonies de cellules où son protoplasma agrandi à l'infini, incolore ou verdi au jour, restera insoluble dans les
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SUCS. Alors la synthèse ne débute pas par des aldéhydes ou des glucoses très solubles. Elle ne part pas de composés chimiques simples qui compliquent la nature vivante selon leur loi, mais d'une unité biologique, Tembryon, qui, dans la suite des temps, a choisi les réactions physico-chimiques possibles qui lui convenaient le mieux.
Les diverses molécules protoplasmiques de l'embryon, en germant, s'imprègnent d'eau e\ d'acide carbonique, et la nécessité d'une température optima n'est pas exclue. Plus tard, la nécessité d'une lumière optima sera nécessaire aussi, quand la cellule aura un protoplasma vert en certains points. Mais, à partir de l'unité biologique indiscutable, le germe, les réactions chimiques débutent dans les milieux gras protéiques minéralisés et en tout cas insolubles qu'il apporte comme une parcelle de la vie passée. Le germe est une arche de Noë fort complexe, et les éléments qui s'y trouvent enfermés suivent leurs errements dès que leur oourriture propre est accessible.
Les actions chimiques de synthèse, imposées dès l'origine par le germe, commencent dans la complication des choses vivantes, au lieu d'être simples. C'est un acte de maturité pour les cellules d'accumuler de l'amidon relativement simple, et un acte de mort de s'emplir de graisses ou de sucres. La dégénérescence des cellules ne conduit-elle pas, chez les animaux, à des dérivés puriques, à des
amyloïdes et autres matériaux simples de sclérose?
Ces vues d'ordre chimique s'appuient sur des observations biologiques. Sachs*, puis Belzung* en 1805 ont constaté que le grain d'amidon naissait du protoplasma à titre de formation première. Lorsque se déclare un embryon dans une plante verte en pleine activité, la matière verte est diffusée contre les mailles du réseau protoplasmique. Ces recherches d'embryog-énie sont fort intéressantes. Elles ont été suivies par Belzungdepuis r origine du germe jusqu'à la régression cellulaire. Peu à peu les matières se dissolvent et migrent, les grains d'amidon qui occupaient des vacuoles disparaissent sous l'influence de ferments ; ils semblent se saccharifier. Leur matière et celle du suc cellulaire forment sur place un chromophore protéique qui verdira et sécrétera à son tour cet amidon, aliment mobile, tantôt potentiel insoluble, tantôt actuel soluble, sous l'influence 4^une trace de chromogène.
Dans l'ordre de leur succession embryologique, les corps chlorophyUiens viennent après l'amidon. Cela n'est pas en contradiction avec l'amylographie de Timiricizef, car, dans la feuille en vie, toujours assez de transformations se font dans la masse des cellules pour que, de la matière protoplasmique verte ou non, naissent au soleil des