CHAPITRE III
CHLOROGLAUCINES DES ALGUES
Dans Fensemble de la Nature, les microbes incolores engendrant directement de la matière vivante à partir des éléments minéraux sont rares. Dès lors, pour les raisons que nous avons développées, la synthèse de ce qui vit est chlorophyllienne et il faut songer aux derniers étages de la vie verte comme on a songé aux microbes incolores parasites. La loi de TUnivers étant la digestion par rangs, quel serait le dernier chloroleucite qui n'emprunterait jamais sa vie qu'au monde sidéral et ne chercherait aucune proie?
Les végétaux, les algues font ce travail. Quel est le plus bas représentant de ces êtres, quelle est la prairie ultime ? Car il faut une nourriture permanente pour ces petits infusoires et ces larves dont la masse est le plankton d'un étage plus élevé de digestion. Je crois que sur les étendues littorales et dans les eaux douces il existe une flore d'algues inférieures se rapprochant de la vie chlorophyllienne amorphe simple et directe.
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Voici Forigine de cette idée. Les fucus ne peuvent être mangés que par des espèces assez armées. Mais à leur surface, comme à celle des algues filiformes, des characées, des diatomées, de» débris quelconques, se trouve une sorte de boue brunâtre et visqueuse. Tout d'abord on considère cela comme un dépôt de silicates argileux. Si Ton exprime une poignée de ces matériaux, et le plus, commodément de spirogyres, Teau trouble laisse décanter une boue. On y voit certes des débris d'algues, d'infusoires, de minéraux connus, mais, cela est peu de chose. La matière est peu dense, organique, ressemblant à de la chicorée microscopique et se colorant en bleu intense peu* lathionine. Cette réaction est si forte que le réactif histolo-^ gique est complètement décoloré par une faible masse de ces protophytes. Ces matières m'ont semblé dépourvues de noyaux, mais une meilleure étude en fixera le mode de reproduction aux yeux des botanistes compétents, qui peut-être connaissent déjà ces espèces tout en les négligeant. En ce qui me concerne, je n'ai qu'à laisser de côté l'anatomie, à voir dans une chlorophylle pseudo-^ amorphe le premier herbage où se pratique la synthèse chlorophyllienne, à voir le transformateur élémentaire où l'énergie du soleil crée de la vie avec la matière minérale.
Si dans cette poussière vivante on peut considérer une phylloglaucine amorphe, il est utile, au A. Étard. 10
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point de vue chimique seul, de se demander comm^^i se comportent les mêmes éléments dans les a^ru^& liËfarmes, là où les botanistes en ont fait une étude complète.
Ces algues pc^rtent en elles le colorant qui les rmui visibles à Féiat de vie et de développement. Dans ce cas^ on peut &e faire quelques idées et observer lé chang:ement saisissant qu'apporte Tacte de la mort d«fts le dispositif des chloroleuciteset sans doute dans leur composition chimique.
Une algue cloisonnée traa^[^reute porte ses grains chlorophylliens selon des lignes de symétrie variables avec les espèces. Dès que ces c^lgues sont fixées par la chaleur ou les réactifs colorants^ les éléments se groupent le plus souvent en un loii^ cordon identique à travers les cloisons, et Ton a rimpression d'observer une espèce nouvelle. Ce fait ne peut être que la conséquence d'une action chimique ; la formation d'anhydrides, notamment, est un des procédés constatés de la mort.