axe 549 axe
Ainsi, des réactifs aussi étendus que la potasse
au — dédoublent les chlorophylles, puisque ni
les analyses ni les spectres ne se ressemblent. Un fait plus remarquable encore, c'est que la bande noire considérée jusqu'à présent comme la plus persistante de « la chlorophylle » se segmente optiquement en même temps que la molécule en trois fragments de bande.
Je viens de parler d'une chlorophylle ayant été dissoute dans Teau alcaline et insoluble dans le pentane ; ce pentane retient la plus forte quantité de matière verte qu'on serait tenté dès l'abord de prendre pour une chlorophylle des mieux définie et très abondante. Le pentane distillé laisse ^ine belle matière verte molle bien évidemment cris-
talline. Dans ces conditions, on est particulièrement enclin à voir une espèce chimique définie ; voici les propriétés qui font admettre le contraire. Le pouvoir colorant de la préparation est faible ; elle n'est pas aw^o-colorante, mais colorée et teinte.
Déjà au r— -- la teinte est très faible et donne un ^ 1000
spectre d'emprunt^ celui de la loliophylle-2.
Au ,^^^^ il nV a plus de coloration : on n'atteint 10000 ^ ^
P^ *" ÏÔ^' " '^ ^'"'"■'"' '" 50^ ^"^ "'* """rant en ces matières; la substance, mise en couche peu épaisse sur du verre, se décolore à la lumière non parce que c'est ce qu'on a nommé une chlorophylle sensible ou instable^ mais parce que des traces de chlorophylle dans une grande masse d'acide gras désaturé, qui d'ailleurs se résinifie fortement à l'air, sont entraînées dans un acte d'oxydation.
Acide lolique. — La matière acide, soluble dans les alcalins aqueux ayant passé par le système de solvants précédents et soluble dans le pentane, cristalline en outre, est une espèce chimique.
Verte, elle est teinte par -— - tout au plus de
loliophylle-2. Or, quels sont les corps qu'on ana-
lyse chaque jour qui ne contiennent pas — -r d'im-
pureté, qui titrent 99,9 p. 100? On a ce seul avan- *
tage, c'est que Timpureté (cendre, humidité, gaz
occlus, mélange de substances similaires ou
cristallisant ensemble) ne se fait pas remarquer.
Elle peut atteindre 77;^^, soit rendre seulement
99,5 p. 100 de pureté ou moins sans qu'on s'en doute ou le recherche. Avec la puissance colo-
rante des chlorophylles, on en voit jusqu'à ^^^^
.et au delà. C'est une difficulté et une source
d'erreur. Un acide incolore très pur peut
paraître très vert et contenir 99,99 de son poids à
l'état pur. Notre analyse élémentaire actuelle
n'atteint pas cet ordre de grandeur; elle se trompe
sur les -7-, ne donne pas avec sécurité le 7---X et 500 *^ 1000
J'ai analysé l'acide lolique sans chercher à le décolo^:»er :
C = 75,20,, H = 10,7, Az = 0,09, = 14,1.
De ces nombres, l'azote ne comptant pas, on tire la formule :
L'acide lolique désaturé bout en se décomposant vers 345**; il passe une huile incolore qui^ .chaude, brunit fortement à l'air. Saveur acre.
Solution facile dans la potasse avec formation d'un savon moussant fortement.
Chlorophylles enlevées par le sulfure de carbone, — La chlorophylle primitive après départ du loliol était des plus verte avec une bande spécifique. Par crjûnte d'impuretés, je ne Tai pas analysée et maintenant elle m'apparaît après le dédoublement par la potasse comme formée de :
Loliophylle-l Qfim^^ 0*
Loliophylle-2 C^SH** 05 Az
Acide lolique Ci^H^* 02
G78HiS60"Az
Si ces matériaux étaient en quantités égales, le vert primitif se rapprocherait de G"H***AzO", formule d'un contrôle analytique difficile où fort peu d'azote se trouve noyé dans des molécules ■étrangères.
Et pourtant la loliophylle-2 est peu abondante. Comme un chef, qui est un seul homme, et disparait -dans la masse des autres hommes, elle les rend cohérents dans leurs actes. Avec des molécules colorées en groupes, d'autres très nombreuses forment une assemblée unique. Pour cela, les chlorophylles, alors même qu'elles seraient des corps nécessairement azotés, paraissent ne contenir que des quantités négligeables d'azote.
II . Extrait alcoolique post-sultocarbonique de « Lolium perenne ». — Il a été pris
6^«^,500 de gazon sec après épuisement complet au sulfure de carbone et le lessivage a été repris par Talcool. Il vient de là 70 grammes de sels minéraux (1 p. 100) et 160 grammes de matière insoluble verte (soit 2,4 p. 100), enfin 500 grammes d'extrait pâteux brun, environ 7,5 p. 100 à cet état. On fait passer le tout en solution éthérée ; cela exclura à Tavenir toute idée de sucres, gommes, extraits, tannins, etc. La chlorophylle graisseuse verte, qui ne peut avoir que Tapparence d'une graisse, est traitée parle pentane.Ge solvant sépare la matière en deux portions à peu près égales : Tune insoluble dans le pentane et résistant aux lavages avec cet agent, Tautre très soluble dans le pentane. Occupons-nous de ce que le pentane dissout. Cette portion primitivement soluble dans Téther reste encore soluble dans Téther. On ne peut par cette voie donner une caractéristique de quelque valeur. Dans ces conditions on fait intervenir la potasse au
—r- concurremment avec Téther. On pourra dire
que les corps ont été dédoublés, mais non qu'ils sont dépourvus de conditions limitatives d'espèce. Loliophylle-3 G^^H^^AzO^». — Cette matière très verte est restée insoluble dans la solution potassique ; elle a une consistance de miel après évaporation de l'éther et dessiccation à poids constant. C'est un corps neutre doué d'odeur, bien que dépourvu d'essences :
= 75,79-74,95, H == 10,74-10.50, Az « 0,66-0,67, = 13,4,
Cendres, 1,2-1,3.
Pour 0,60 d'azote présent, faut-il établir une formule azotée? Dans ce cas la formule serait bien Qi59jj267^20^*. Mais coci ne représente que la réduction moléculaire de l'analyse, et bien peu de présomptions de vérité chimique. Mieux vaut se dire qu'on n'explique pas avec des nombres purs l'étatde complexité de ces phénomènes. Considérer 0,66 d'azote comme cendre? On est bien forcé de le faire pour 1,2 p. 100 de matières minérales, et borner son ambition actuelle à prendre le rapport moléculaire des masses importantes de matière qui se trouvent dans la molécule est le mieux.
Dans ce cas, le gros de la substance pour la loliophylle-S est représenté par
Ce plastide chimique très désaturé peut sepolymériser n fois en se combinant à un peu d'azote (0,66) dans le cas présent et à K, P, Cl, Ca... pour devenir un produit naturel spécifique. Il n'en va pas moins que dans ces molécules le grand réser^ voirde matière est en C*''H**0^
Loliophylle-4 C'®H*"AzO**. — Rappelons que l'extractum alcoolique soluble dans l'éther et le
pentane a été mis en présence de potasse à j— .
aUU
Ici, la loliophylle-4 est la partie soluble dans la A. Étarp. li
potasse. C'est donc une matière à fonction acide^ très verte, à tendances cristallines, faibles en solution éthérée. Elle a une légère odeur herbacée. Analyse :
C = 72,4-71,8. H = 10,9-10,7, Az«l,22-l,12, = 15,5-16,4.
Ces valeurs conduisent au rapport moléculaire
qui, tiré de r expérience, pourrait être donné comme formule de la chlorophylle, ou au moins d'une chlorophylle. D'ailleurs, en remontant au mode de préparation, aux exclusions d'impuretés par réactifs, il faut reconnaître que cette chlorophylle possède, dès ses orig-ines, des caractères de pureté exceptionnels. Pour « la chlorophylle », on ne saurait mettre en avant une telle série d'épreuves expérimentales, constituant des obstacles franchis et conduisant à la pureté. Mais il est tant de choses en chimie biologique qu'on ne peut savoir sur analyses, ni trancher d'emblée, que je présenterai en même temps les rapports massifs de matière, décompte fait de l'azote. Le plus simple de ces rapports est G*H*^0, mais la matière, décomposable vers 360** en laissant un charbon, paraît plutôt se rapprocher d'un multiple tel que C'^H'*0®. Spectres des loliophylle-S et loliopht/lle'4. — N'ayant d'autre ambition que de faire avancer la question des chlorophylles, je reconnaîtrais bien volontiers que, s'il y a une différence indiscutable
ÉTUDE CHIMIQUE DE L'IVRAIE. Ig3
entre le carbone et Tazote des deux loliophylles, leurs formules ne peuvent caractériser des espèces dont la synthèse fixera seule Tindividualité, si cela se fait quelque jour.
Sur quoi fonder des distinctions et des noms dans de telles conditions ? Non pas sur des formules qu'on peut, je le répète, discuter, quel qu'en soit Fauteur, à plusieurs C, H, près, quand elles dépassent G**. Mais il y a deux faits : la différence de composition matérielle indubitable et le spectre.
Au ^^^ les deux loliophylles ont des spectres
d'une clarté très différente, mais, ce qui est fondamental,elles ne possèdent plus qu'une bande caractéristique réduite à leur axe, et ces axes, reg-ardés simultanément avec un prisme à réflexion, sont décalés de 7 divisions de l'échelle. Voici les relevés en longueurs d'onde.
Comparaison de loliophylle-S et loliophyUe-4 par projection simultanée des spectres au moyen d'un prisme de renvoi :
Solution au -rrrrr^ dans ValcooL
iOOOO
Commencement du rouge 732 752
Première bande très forte 681-652 710-667
Deuxième bande faible 6id-604 0-0
Troisième bande très faible... 580-549? 580-570?
Fin de lumière 525 470
Solution au
Axe de la première bande .... 675 697
Axe de la deuxième bande. . . . 655 681
La dissolution poussée au ^ et au j^
laisse encore voir les deux bandes réduites à leurs axes, tout à fait décoïncidentes et restant indédoublées.
La loliophylle'2 touchée par la potasse avait de suite détriplé sa bande fondamentale. Ni les loliophylle-S et loliophyUe-4 ne se dédoublent ainsi, leur bande reste seule jusqu'à disparition, mais elle n'occupe pas la même position dans le spectre. Ce sont des radiations différentes. Les loliophylleS'2^ 3^ 4 k g-rand pouvoir colorant sont donc spectralement distinctes, comme elles le sont chimiquement et vis-à-vis de la solubilité dans les réactifs.
On peut croire que ces chlorophylles-2^ 3, 4 de Lolium ne sont que des débris de la glaucophylle vivante. Je le pense. Mais ces pièces si diverses n'en sont pas moins les constituants de la glaucophylle ou des glaucophylles à spectre constant qui ont vécu dans le Lolium^ et ces pièces chlorophylliennes diffèrent de celles qui ont une autre origine. De cela je conclus que même « la chlorophylle » vivante n'est pas une. Une glaucophylle vivante n'est pas le protoplasma cellulaire, mais une mosaïque de pièces plus ou moins diverses et abondantes dans la cellule, selon les espèces.
Des 160 grammes de chlorophylles d'un vert intense dont il est parlé plus haut, qui se dissolvent
dans Talcool et Téther, le pentane précipite environ 30 grammes d'une matière vert noir possédant les reflets élvtroïdes des couleurs industrielles amorphes. Ce précipité a été lavé avec soin au pentane par voie de malaxage; il séjourne quarante-huit heures à Tobscurité dans le pentane. Toutes les garanties de pureté sont données par la filiation des préparations et des solvants. Il n'y a qu'à faire l'analyse. Mais la connaissance de la complexité des questions i ncite à reprendre , après chaque résultat qui semble fixe, la série des essais par les dissolvants neutres. Cette belle matière verte
n'a pas été touchée par la potasse au r— r . Cepen-
lUU
dant elle n'est pas homogène. Insoluble dans le pentane, on observe que l'éther sec en dissout une partie qui désormais restera fixe. Nommons-la loliophylle-5 (20 grammes) et il reste un résidu, loliophylle-ô (10 grammes environ).
Loliophylle-5 G^^H^^Az^O'^ . — C'est une belle matière résinoïde à cassure conchoïdale, paraissant noire ; en fait, d'un vert très foncé et pur. Aspect des matières colorantes artificielles.
Analyse^ cendres déduites :
C = 71,2-70,9, H = 8,8-8,9, Az = 3.2-3,3, = 16,8,
Cendres, 2,6.
Ces déterminations, traduites en rapports moléculaires, donnent
C52H-6Az209.
i86 ÉTUDE CHIMIQUE DE L'IVRAIE.
Les masses véritablement prépondérantes de matière ont entre elles les rapports
G59H««0*o ou C80H**O5.
Je ne prétends pas que les rapports de C, H, O soient prépondérants dans la molécule, mais ils donnent une orientation plus simple des séries chimiques où Ton se trouve :
Spectre au tjwTqû ' ^^^^ obscur ; spectre au KnâÔâ • 0-732 607-631 M5-95 573-559 547-519 497-0.
En étendant de plus en plus d'alcool, on ne voit plus qu'une bande non bifide ni trifide, mais réduite à son axe X=662.
En absence de tout réactif tel que la potasse^ en faisant usage des réactifs les plus neutres qu'on ait employés jusqu'à ce jour : l'alcool, l'éther, le pentane, mais en combinant leur action, nous arrivons à une chlorophylle à quatre bandes. Tous les éléments précédents du Lo/mm en avaient moins. Par la composition, les propriétés et le spectre, c'est là une nouvelle chlorophylle. Ces chlorophylles enlevées de la plante par l'alcool et que le pentane ne dissout pas sont déjà plus riches en azote et en oxygène ; elles retiennent aussi bien plus de cendres : elles se rapprochent de saccharoïdes ou amyloïdes plus ou moins azotés. Par elles, comme je l'ai répété, se fait le passage progressif qui, dans la synthèse chlorophyllienne,
établit le va-et-vient entre les essences grasses et les matières qui circuleront dans la sève acjueuse.
Loliophylle-6 C3*H"Az«0*°. — Bien qu'au début, avant toute séparation, cette chlorophylle fût parfaitement soluble dans Téther, nous avons vu qu'une partie de ce que le pentane avait isolé se trouve soustraite à l'action dissolvante ou incorporante des autres chlorophylles et reste insoluble dans l'éther même.
Cette chlorophylle, la dernière, avant les extractifs bruns ou incolores si intéressants qui forment la pâte première des chlorophylles ou leur dépouille morte, se rapproche d'eux par sa richesse en oxygène. G'est une matière encore plus avancée que la précédente dans la voie de la saccharification ou dégénérescence amyloïde et des cendres. La loliophylle-ô est en poudre micro-cristalline d'un vert peu intense, insoluble dans l'éthere; lie est aussi tout à fait insoluble dans la benzine. Contenant 30,9 p. 100 de cendres, c'est plutôt un sel. Les groupes moléculaires portant des métaux après avoir été dissous et négligeables dans la masse totale se sont détachés comme par déhiscence d'une molécule chlorophyllienne mûre et ont concentré les métaux en eux.
Dans d'autres cendres chlorophylliennes de Lolium ou d'autres végétaux traitées par les mêmes appareils, on ne trouve pas de fer. C'est
donc bien au fait que le Lolium, entre autres plantes, a une grande affinité biologique pour ce métal qu'on doit de voir à la suite de la calcination de la loliophylle'6 une cendre rouge-brique - Cette cendre contient surtout de Toxvde Fe*0^ et du carbonate de potassium. Les graminées sont souvent commensales des sources ferrugineuses. En déduisant les cendres, ce qui revient, sans grande erreur sur Thydrogène, à analyser Tacide du sel ferro-potassique obtenu, on a
C = 63,8-63,5, H = 7.6-7,4, Az = 4,4-4,2, = 24,2-24,9.
Les rapports moléculaires tirés de ces nombres sont
C'est encore un pas vers la solubilité dans le suc cellulaire et Teau. La quantité prépondérante de matière peut se représenter par
Spectre, — On ne peut dissoudre cette chlorophylle que dans Tacide acétique glacial.
La solution est brune pour Toeil. Je ne voudrais pas affirmer la présence d'un spectre spécifique. On observe les bandes G78-a33 et 608-597. Est-ce là un reste de pouvoir absorbant de la matière, ou, lors de sa séparation, cette loliophylle s'est-elle teinte avec un peu de loliophylle-5. La similitude des bandes me porte à croire cela. D'autre part^
le pouvoir colorant en teinte brune est assez grand pour qu'on puisse croire à la substance deux bandes dans la molécule.
Tableau récapitulatif des extraits verts de LoHum perenne tirés de la plante par CS^ puis G^H^O.