I. La cellule est une individualité
Par ces mots « organismes élémentaires » on veut affirmer que toute cellule est autonome, qu'elle forme un tout capable d'agir par lui-même et pour lui-même, en un mot doué d'une individualité propre.
Cela est vrai, non seulement pour les êtres monocellulaires, mais aussi pour les cellules des êtres supérieurs, pourvu que les circonstances nécessaires à leur activité soient réalisées, ce qui, il faut le dire, ne peut avoir lieu le plus souvent sans le concours des cellules ou des tissus voisins, et même de l'être tout entier.
A cette question de l'individualité cellulaire se rattache intimement celle de la fusion des cellules.
Fig. 27. — Gr. : 1/12, 3.
Œuf de l'Ascaris megalocephala.
La cellule spermatique en forme de dé, et munie d'un noyau sphérique, montre sa partie antérieure déjà fusionnée avec le protoplasme de l'œuf ; le noyau mâle va se fusionner avec le noyau femelle, aussi entouré d'un aster plasmatique. De cette double fusion résulte la cellule de segmentation.
Fig.
ep
r et ^
— Gr
Jeunes sporanges, sp, de Tilularia globulifera. couche cellulaire épidermique.
couches internes dont les cellules se fusionneront plus tard pour former un plasmodiiim.
fis
Fig. 29. — Gr. : G, 1.
Macrosporange plus développé.
ep : épiderme qui s'est maintenu.
pl : plasmodium avec ses nombreux noyaux n, et ses vacuoles v, résultant de la fusion des couches et Y de la figure précédente.
ma : la macrospore privilégiée, avec sa membrane propre m'.
On voit le reticiihtm protoplasmatique de la plasmodie ; en c et r, il se prépare à former les membranes externes de la macrospore.
Cette fusion , comme on le sait, se fait de plusieurs manières et devient plus ou moins complète. Ce n'est pas ici le lieu d'en parler plus longuement. En ce qui concerne la question qui nous occupe , nous dirons que la fusion peut amener la perte de l'individualité , mais qu'elle ne l'entraîne pas nécessairement.
C'est ainsi que dans la fécondation la cellule mâle et la cellule femelle se fusionnent intimement , protoplasme à protoplasme, noyau à noyau, en perdant leur individualité propre pour constituer une individualité nouvelle , l'œuf fécondé ou la cellule de segmentation, fig. 27.
Lors de la formation d'un plasmodium, d'un syncytium ou symplasie véritable, les cellules, libres jusque là, se fusionnent également en nombre parfois très considérable pour former un corps unique; mais leurs noyaux restent indépendants au milieu du protoplasme commun : ce genre de fusion cellulaire a pour résultat une masse plasmatique multinucléée, qu'on ne pourrait distinguer d'une cellule multinucléée ordinaire, et qui n'agit plus désormais que comme une masse autonome. On peut donc dire aussi, dans ce cas : les individualités ont disparu. Les myxomycètes, les laticifères et les sporanges de beaucoup déplantes nous présentent de beaux exemples de ce genre de fusion, fig. 28 et 29. On en trouve aussi dans les animaux.
NOTIONS GENERALES
Mais ailleurs la fusion est moins complète. Ici, c'est une cellule nerveuse ou une cellule musculaire qui s'unit par une de ses extrémités avec un autre élément, fig. 30 et 31; là, ce sont des cellules de même nature qui s'anastomosent ou qui demeurent unies, dès l'origine , par l'extrémité déliée de leurs prolongements ou par un point
Fig. 30. — Gr. : G, 2.
Fusion d'une cellule musculaire avec deux cellules de la glande filière de r Yponomeuta padella.
protoplasme réticulé des cellules glandulaires.
cellule musculaire avec un noyau iî ; son reticuliim , dépourvu de myosine, se divise et se fusionne en X.
; fusion de la membrane de la cellule musculaire, ou sarcolemme, avec la membrane de la cellule glandulaire.
pr fm
s , me
Fig.