‹ La biologie cellulaireChapitre 143 sur 152 · DROITE · texte numérisé non relu

DROITE

mn

pn n'

1/12, 4 et G, 3.

noyau de la glande filière d'un némocere. membrane nucléaire , aussi distincte qu'une membrane cellulaire, protoplasme, boyau nucléinien.

noyau de l'œuf du brochet.

membrane épaisse et à double contour très accentué, protoplasme du noyau, sphérules de nucléine.

barrassants on a recours aux expédients que nous connaissons : l'action des réactifs fixateurs, la macération, la digestion artificielle, la dissolution de la nucléine. Tous ces moyens agissent en séparant ou en dégageant la membrane des autres parties de la cellule et du noyau lui-même. Avec l'acide chlorhydrique, par exemple, on obtient de très belles préparations végétales, surtout lorsqu'on fait agir ce réactif sur des matériaux préalablement fixés par l'alcool. En mettant ainsi la membrane à nu, non seulement on la rend plus visible, mais on écarte .en même temps la plupart des illusions d'optique sur lesquelles certains auteurs se sont appu3'és pour mettre en doute son existence ('). Quoi qu'il en soit, en se servant tour à tour

(') Pfitzner : Ueber d. feineren Bau, etc. ; Morph. Jahrb., i88i.

de ces divers procédés, on acquiert bien vite la conviction que les noyaux possédant un certain volume sont munis d'une membrane.

Un nombre assez considérable .de noyaux ont une membrane à double contour, qui y est parfois aussi marqué que sur les membranes cellulaires. Tels sont les noyaux des arthropodes et des œufs, fig. 117; ceux de divers protozoaires : grégarines, fîg. 118, rhizopodes

{EuglypJta par exemple), radiolaires ('), etc. On trouve aussi de pareilles membranes dans les parenchymes végétau x fig. 113, et dans certaines algues, comme les Spirogyral^), les Zygnema , les Pinnularia, les Clostentim, les Micrastenas fig. 135, etc.

Du reste, il est bon de le faire remarquer, plus on perfectionne les lentilles Fig. 118. — Gr. : F, 1. pour atténuer les

Noyau d'une grégarine de la Nepa cinerea. aberrations lumi-

m : membrane du noyau. , ,

, , ^ , j neuses et plus on

cp' : cordons protoplasmatiques du noyau.

vacuoles interposées. augmente les gros-

protoplasme sans vacuoles entourant le noyau. Sissements utiles,

nucléole pourvu d'une membrane propre, et logeant un mieux on distingue boyau continu et pelotonné de nucléine. double contour

m' : reticiiliim délicat de la membrane m.

de la membrane du

noyau. Il doit en être ainsi, car on ne conçoit pas une membrane dénuée d'épaisseur. Si les membranes les plus minces ne présentent qu'un contour linéaire, c'est à l'impuissance de nos instruments qu'il faut l'attribuer.

2° La membrane est close.

On veut dire par là qu elle ne porte ni trous ni pores organiques, capables de mettre le caryoplasma en communication ouverte avec le cytoplasma. On n'y découvre en effet rien de semblable. La membrane nucléaire est identique avec la membrane primordiale de MoHL, p. 17g, qui limite le protoplasme à sa partie périphérique.

(1) Hertwig : Ziir Histologie d. Radiolaricn ; Leipzig, 1876. Taf. IV, fig. i à 5; - et:Der Organismus d. Radiai. ; Jëna, 1879. Taf. V, fig. la, 3 et 4.

(2) Flemming ; Zellsubstan^, etc. Taf. Ub, fig. 3o^, et Taf. \Va, fig. 47 et suiv.

MEMBRANE DU NOYAU

cr

Fig. 119. — Gr. : 1/18, 2.

Noyau d'un œuf de Nebria brevicollis.

: sa membrane réticulée apparaît en coupe optique sous la forme de points brillants irréguliers , séparés par des espaces plus sombres simulant des , pores. Les premiers représentent la coupe des trabécules; les seconds, celle des mailles du reticiihim. rcticuhmi du cytoplasme, adhérant fortement de tous côtés aux trabécules de la membrane nucléaire.

Fig. 120. — Gr. : F, 1.

Cellules épithéliales de l'intestin du cloporte, mises à digérer dans la potasse, membrane primaire très finement réticulée et ponctuée aux angles du reticiihim ; en -r, ainsi que sur la cellule de droite, elle a disparu ; à la limite de x, ses trabécules se désagrègent.

membrane secondaire beaucoup plus épaisse, à reticulum grossier.

Hertwig (') est porté à admettre l'existence des perforations dans la membrane du noyau de certains radiolaires, par exemple des Ethmosphéridés et des Thalassicnlla. La chose est possible. Mais remarquons cependant qu'il est facile de prendre pour des pores les mailles du reiiculmn de la membrane, lorsqu'elles sont limitées par des trabécules denses et puissantes. Elles produisent alors sur l'œil l'effet d'une ponctuation, parce que la mince couche d'enchylema solidifié qui les ferme y est invisible, fig. 119.

Ce qui nous a suggéré cette réflexion c'est l'image que présente la membrane nucléaire dans certaines circonstances dont nous allons parler.

3° La membrane est réticulée.

Il est difficile d'apercevoir un réseau net sur les noyaux vivants ; on peut tout au plus en soupçonner l'existence, par l'indication vague de certains détails plus marqués, sur les noyaux extraits de leur cellule.

Cependant l'image fournie par la membrane nucléaire de la grégarine de la Nepa, fig. 118, est de nature à y faire admettre un reticuhmi serré, dont les points de jonction des trabécules seraient mieux indiqués sous la forme de petits mamelons blancs (-). C'est ainsi du moins qu'on peut l'interpréter en la comparant avec

(') R. Hertwig : "Ber Organismus, etc., p. 237; Taf. V, fig. rt, 4 et 6. Ce savant a beaucoup regretté de n'avoir plus en sa possession les matériaux que nous nous étions permis de lui demander.

(^) Ces points blancs ne sont pas dûs à un dépôt de granules plasmatiques ; ils appartiennent à la membrane. En effet la macération dans la potasse diluée, au lieu de les dissoudre, les rend beaucoup plus apparents, comme cela a lieu également pour la membrane primaire du cloporte, fig. 120,

des images analogues , mais où les trabécules sont plus visibles , fig. 48, m, p. 20I. L'aspect de la membrane primaire m, fig. 120, des cellules intestinales du cloporte rappelle, à s'y méprendre, celui de la membrane nucléaire de notre grégarine.

Pour mieux voir le reticulmn, on peut recourir à la macération dans les alcalis ou à l'application des acides concentrés. Ces opérations débarrassent la membrane des granules plasmatiques qui adhèrent à sa surface et disloquent, ou dissolvent, Venchylema renfermé entre les trabécules. Le reticulum, ainsi dégagé, se montre habituellement formé de trabécules serrées, qui circonscrivent des mailles peu étendues, mais généralement *sez régulières. Les noyaux des œufs, ceux des insectes

et des monocotylés, conviennent pour ce genre de recherches. Après avoir dissout la nucléine des gros noyaux du cloporte, on constate que leur membrane est formée par 1 epaississement des trabécules périphériques du réseau de plastine qui s'est maintenu sous l'action des réactifs, fîg. 121 et 109. L'existence du retictilum se constate mieux encore sur les petits noyaux des cellules qui remplissent le tube testiculaire du même animal : leur Fig. 121. — Gr. : 1/18, 4. membrane plus épaisse est comme per- Noyau du cloporte, traité par le cyanure cée à jour. L'observateur se gardera de de potassium. prendre les plis accidentels de la mem-

m : membrane. On peut voir qu'elle brane pour des trabécules réticulaires. est formée par les trabécules pé- La structure réticulée dont nous

riphériquesduref/cH/i/wdeplastine , ,

., , , ,,. . parlons se marque davantage au mo-

nr, situe a 1 inteneur. ^ ... .

ment de la division. On sait qu'alors la membrane disparaît comme telle, mais elle est loin de se dissoudre, comme le supposent la plupart des savants ; elle se retransforme au contraire en un reticulum ordinaire, plus lâche et plus apparent qu'à l'état de repos. A cet effet, les trabécules dirigées dans le sens de l'allongement du noyau s'accentuent sous la forme de côtes, d'abord irrégulières et encore reliées latéralement , à peu près comme dans la fîg. 36, en pr, p. igi ; mais les travées transversales y sont beaucoup plus rares et moins apparentes que dans cette figure. Ensuite ces côtes se régularisent pour former autant de fils parallèles, qui entreront dans la constitution du fuseau nucléaire /«, fig. 36.

Enfin le mode de formation de la membrane du noj^au indique clairement qu'elle doit posséder une structure réticulée , au même titre que la membrane cellulaire elle-même. On peut suivre toutes les phases de cette formation sur les jeunes noyaux du LithoUus. La fig. 122 représente les phénomènes qui se passent à ce moment. Les fila-

ments réticulaires, a, et destinée à faire

pr

fn

a Qi b

Fig. 123. — Gr. : 1/12, 1.

Deux thèques d'un ascomycete , renfermant des spores en voie de formation.

a : les huit noyaux, portant un nucléole véritable entouré d'une zone de plasma hyalin, commencent à modifier le cytoplasme environnant en condensant ses granules à leur périphérie.

b : les sphérules plasmatiques qui doivent constituer les spores sont achevées; la membrane s'établit à leur périphérie.

MEMBRANE DU NOYAU

mn, qui limitent la zone plasmatique modifiée partie du noyau, commencent par s'épaissir.

Fig. 122. - Gr. : G, 2. ^"'"'^^

Cellule testiculaire régularisent, pendu Lithobhts forficatus, en division. '^^"'^ 1^6, de SOn cô. pr : protoplasme cellulaire ré- té, l'enchylème qui

remplit les mailles

restant du fuseau où les ffra- ^„ „ i-j-c i /

, , , , f se solidifie, h, mn' . nules du cytoplasma n ont

pas encore pénétré. Depuis ®" ^°"P^ «pti-

cette portion jusqu'aux ^ue, la jeune mem-

noyaux, le cytoplasma s'est brane fera désor-

reconstitué dans toute réten- mais l'impression

du fuseau. ^i , ,

, , . d une lamelle holes deux jeunes noyaux.

En a, la membrane nucléaire, mn, "^Ogène. En compa-

commence à s'établir par l'é- ^^^^t notre figure

paississement des trabécules avec la fig. 45,

du réseau plasmatique à la p. 198, le lecteur

périphérie de la portion „^„r., ^„ „ , ,. ^ pourra se convain-

t hyalme ipn. j r •

En b, cette membrane est achevée. ^^^^ =

n' : les deux nucléoles avec ^'iembrane nucléaire

leur membrane propre; le et la membrane cel-

boyau nucléinien n'y est lulaire doivent leur

pas encore reformé entière- ^. x l

^ jormation a un proces-

ment. (Voir fig. 100). . ^

sus îdentique,

X. La membrane appartient au noyau, et non au protoplasme environnant.

1° Ainsi, la membrane s'établit à la périphérie de la partie plasmatique modifiée, qui doit entrer dans la constitution du noyau. Cela étant, il est juste de la considérer comme une dépendance de cette dernière, de même . que l'on considère la membrane primordiale comme une dépendance du protoplasme sous-jacent. La formation d'un noyau est en effet calquée sur la formation d'une cellule par voie libre. Pour le prouver, comparons les phénomènes qui se passent dans l'élaboration des spores d'un ascomycète, fig. 123, avec ceux que nous venons de signaler. En a, les 8 noyaux agissant comme autant de centres distincts, condensent le protoplasme environnant ; en i , la membrane primaire

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