‹ La biologie cellulaireChapitre 144 sur 152 · SES CONNEXIONS · texte numérisé non relu

SES CONNEXIONS

de la spore se dessine à la limite de la sphérule protoplasmatique ainsi formée. Dira-t-on que cette membrane appartient au protoplasme restant de la thèque? Tous les savants la considèrent au contraire comme une partie intégrante des jeunes spores. Or, nous venons de le voir, les choses se passent exactement de la même manière dans l'élaboration des nouveaux noyaux du Litliobius. Ce serait donc méconnaître les lois de l'analogie que de considérer leur membrane comme appartenant au protoplasme non modifié de la cellule.

2° Il y a plus. En supposant que la membrane s'établisse dans le protoplasme ordinaire, et continue à s'épaissir à ses dépens, il faudrait encore admettre qu'elle est une dépendance du noyau, parce qu'elle s'élabore sous son influence immédiate et forme un tout avec lui. Ne faut-il pas admettre que les membranes externes des macrospores et des microspores de Pilularia, fig. 46 et 47, p. i99> formées à l'aide d'un syncytium extevieur, sont bien l'apanage de ces spores qui s'approprient un protoplasme étranger pour s'en créer des enveloppes particulières?

30 N'oublions pas du reste que la membrane partage toute les destinées du noyau. Citons quelques exemples à l'appui de cette assertion. Lorsqu'un noyau se divise par étranglement dans une cellule multinucléée, comme cela se voit dans les opalines, les cellules testiculaires du cloporte, etc., la membrane nucléaire s'infléchit pour former la membrane des deux nouveaux noyaux , le cytoplasme environnant restant au repos et comme étranger au phénomène. Dans la formation des spermatozoïdes et des anthérozoïdes fig. 83 et suivantes, la membrane se montre aussi indépendante du cytoplasme ; elle accompagne le noyau dans toutes ses évolutions, et on la retrouve tout entière autour de la tête du spermatozoïde. Nous pourrions multiplier les exemples semblables, car, partout, la membrane se comporte comme une partie intégrante du noyau; c'est à elle surtout que le noyau doit son autonomie et son indépendance.

XI. La membrane du noyau peut présenter des connexions organiques avec le cytoplasma aussi bien qu'avec le caryoplasma.

1° S'il est vrai, comme le dit très bien Flemming ('), qu'on n'a jamais pu saisir de connexion entre le protoplasme cellulaire et le boyau nucléinien, il n'en est pas de même en ce qui concerne les rapports de cet élément avec la membrane du noyau. Rappelons-nous le mode de formation de la membrane. D'après ce que nous en avons dit plus haut, il est évident que, à son origine, elle tient de tous côtés par des trabécules au protoplasme environnant. Or cet état de choses peut persister pendant un temps plus ou moins long, peut-être même toujours dans certaines cellules. Il en est ainsi dans le Lithohius et dans divers œufs, dans ceux de la Nebria hrevicollis par exemple. La fig. 119 montre les liaisons de la membrane du noyau de l'un de ces derniers œufs avec le cytoplasma. Ces connexions trabéculaires se voient surtout pendant l'action de l'acide chlorydrique. En

(') Zellsubstaii:(, etc., p, 170—172.

MEMBRANE DU NOYAU

mn

traitant par le même réactif les cellules parenchymateuses de la Rhcnanthera coccmca, on peut constater que certains de leurs noyaux sont comme suspendus à la poche plasmatique qui les entoure, par de mmces filaments trabéculaires, fig. 125. Mais, sur beaucoup d'objets,

Fig. 107. — Gr. : F, 1.

Cellule parenchymateuse de la Rhenanthera ccccinea (orchidée).

m)i : membrane du noyau.

n : intérieur du noyau après l'action de l'acide chlorhydrique. Le boyau nucléinien adisparu , mais le reticuliim plasmatique a été respecté. n' : nucléole plasmatique qui s'est maintenu également.

y : zone d'où s'est retiré le cytoplasma en se contractant. On y voit quelques trabécules attachées à la membrane du noyau.

c : cordons réticulés du cytoplasma.

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