IL APPAREILS A PHOTOGRAPHIER
Gerlach : Die Photographie, etc., Leipzig, 1862. — Moitessier : La photographie appliquée aux recherches micrographiques: Paris, 1866. - Girard : La chambre noire et le microscope; Paris, 1869. - Huberson : Précis de microphotographie- Paris, 1879 (Actual. Scient). - J. J. Woodward : Travail lu a la société ror de Micr. de Londres, et traduit dans Pelletan, Journ. de Microg., 1879, pp "486 et 526 — Van Heurck, La lumière électrique appl. aux recherch. de la microphotographie, Pelletan, Journ. d. Microg., i883, p. 244. - On trouvera dans les Revues anglaises et américaines (Microscop. News - Nature - oAméric. Monthly mic. journ. — Journ. r. microsc. soc , etc.) de nombreux articles sur la microphotographie.
C'est à M. Donné que nous devons les premiers essais de photographie à l'aide du microscope composé ('). Ces essais datent de 1840.
Depuis lors la microphotographie a fait d'immenses progrès : elle peut aujourd'hui nous fournir des épreuves aussi nettes que celles de la photographie ordinaire. Nous pouvons donc aussi recourir à ce moyen pour, fixer les images microscopiques. Ce mode de reproduction peut même acquérir dans certains cas une valeur exceptionnelle : en copiant authentiquement la nature, il donne aux images qu'il produit un caractère d'absolue vérité qui fait tomber toutes les objections qu'on pourrait élever contre la valeur d'un dessin, et tranche toute discussion. Néanmoins la photographie a été peu emploj^ée jusqu'ici en cytologie. La raison en est, nous parlons d'expérience, qu'il est difficile d'obtenir des images nettes et démonstratives des cellules, et sxutout de leur contenu, à cause des nombreux granules et des enclaves qui s'y trouvent. Ensuite, les images des objectifs à grand angle d'ouverture représentant des plans mathématiques, il est impossible d'obtenir une bonne photographie d'une cellule tout entière. Si l'on use d'un objectif à petit angle, on ne réussit pas davantage : les images des différents plans se superposent sur le ' cliché et se masquent mutuellement. Ainsi, par exemple, les épreuves photographiques d'une cellule libre, d'un noyau même, ne disent rien à celui qui n'a point vu ces objets ; il est particulièrement difficile d'y distinguer le reticulum plasmatiqtie, et d'y suivre le hoyau nucléinien dans ses circonvolutions capricieuses. Très souvent encore, les cellules qu'on voudrait reproduire sont engagées dans des tissus complexes, ou situées à une certaine profondeur de la préparation : on n'en obtient alors que des images brouillées.
On réussit mieux les photographies d'objets isolés, à contenu peu granuleux et homogène, tels que les globules sanguins, les grains de fécule et d'aleurone, les cristaux, etc., celles des surfaces dégagées de corps étrangers, comme les carapaces de diatomées, les membranes cellulaires, le reticulum qui tapisse la membrane périphérique des noctiluques, toujours pauvres en corps figurés, etc.
(•) Donné : Comp. rend., tom. X, pp. 339 et 667, 1840.
DESCRIPTION DE LAPPAREIL 79
Quoiqu'il en soit, la microphotographie peut nous rendre, ainsi qu'aux histologistes et aux pétrographes , de grands services en nous fournissant d'excellents croquis , de véritables esquisses d'une exactitude parfaite et très utiles pour la confection ultérieure des dessins : il suffit de retoucher certaines parties de l'image moins bien réussies, d'atténuer ou d'accentuer certaines lignes , d'élaguer les détails superflus , en s'aidant du microscope, pour obtenir des dessins d'une fidélité irréprochable.
On a beaucoup varié la disposition des appareils microphotographiques, comme on peut le voir dans Moitessier et les auteurs cités en tète de ce §. La fig. 21 représente un appareil fort remarquable que M. Zeiss construit en ce moment. Cet appareil étant inédit, et nous paraissant d'ailleurs destiné à remplacer ceux qui l'ont précédé, nous en donnerons une description sommaire.
On se sert pour photographier du microscope inclinant. Celui qui est représenté dans la figure est le Stativ I, ou le grand modèle. Le pied de l'instrument est assujéti dans un étrier en fer, attaché à une pièce de bois, laquelle est mobile dans une coulisse du châssis qui supporte tout l'appareil. C'est à l'aide de ce mouvement en glissière qu'on éloigne ou qu'on rapproche à volonté le microscope de la chambre noire, c, pour prendre les photographies à la distance exigée par les circonstances.
La partie supérieure du microscope fait un angle droit avec le pied ; elle prend donc la position horizontale.
La platine, beaucoup plus large que dans le microscope ordinaire, est munie d'un disque tournant à l'aide d'une crémaillière , et d'un chariot mobile qui permet de centrer l'objet, en le déplaçant dans deux directions perpendiculaires, à l'aide des vis vK Les objectifs forts , au lieu d'être vissés sur le tube , sont portés par une pièce intermédiaire. La vis micrométrique, vo, très délicate, réalise sûrement la mise au point la plus fine, en élevant ou en abaissant l'objectif.
A la partie supérieure du tube du microscope s'ajuste un manchon qui peut s'emboîter dans un entonnoir, e, porté par la chambre noire et mobile au moyen d'une crémaillière. Un mécanisme facile permet de rejeter cet entonnoir sur le côté, lorsque, ce qui arrive fréquemment, l'observateur doit regarder au microscope pour contrôler l'éclairage, la position et le centrage de l'objet, etc.
La chambre noire, c, entièrement développée, mesure 80 centimètres ; une échelle latérale donne sa hauteur exacte pour un développement quelconque.
Zeiss obtient la mise au point de l'image à l'intérieur de la chambre obscure par un mécanisme des plus ingénieux. En touchant le bouton molleté, v, qui est au niveau de sa main, l'observateur commande à la vis micrométrique ordinaire du microscope, par l'intermédiaire d'une articulation universelle, — comme cela se voit clairement