APPAREIL A PHOTOGRAPHIER
dans la figure, — sans être obligé de la manier directement. Tout le monde sait que la mise au point dont nous parlons est entourée de grandes difficultés. Pour refi"ectuer avec toute l'exactitude désirable, Zeiss opère d'abord la mise au point grossière sur une plaque de verre dépoli, à la façon ordinaire. Puis, il remplace ce verre par une glace transparente, sur laquelle est tracée au diamant une croix très fine ; une loupe portée par un bras mobile permet de constater le point précis où l'image, amenée en coïncidence avec la croix, apparaît avec la plus grande netteté. On arrête la vis à ce point, on enlève la glace et l'on photographie comme d'habitude, après avoir installé la surface sensible .au niveau exact de la croix.
Avec les forts objectifs il est presque indispensable de se servir d'un héliostat pour opérer la mise au point exacte.
Les objectifs n'étant ajustés que pour la longueur habituelle du tube du microscope, il est nécessaire d'employer une UntilU à correction lorsqu'on veut photographier à une distance plus considérable, à la distance de i m. ou de i,5o m., par exemple; sans cela leur image perdrait en netteté. Côtte lentille se visse au sommet du tube du microscope ; des instructions spéciales en règlent l'usage.
Pour photographier au microscope, on enlève habituellement l'oculaire. Lorsqu'on juge utile de le consei-ver, il faut se servir d'un oculaire orthoscopique ou achromatique, et il faut en outre éloigner le microscope de la chambre noire.
La netteté des épreuves photographiques dépend surtout de l'objectif qu'on emploie. Les objectifs à grand angle d'ouverture, les objectifs à immersion dans l'eau et dans l'huile sont les meilleurs. Le travail de M. Woodward ne laisse plus de doute sur ce point : on sait qu'il donne la préférence au 1/12 de Zeiss
Les objectifs les mieux corrigés présentent un foyer chimique et un foyer visuel, lorsqu'on se sert de la lumière blanche pour prendre les épreuves. C'est pourquoi la netteté de ces dernières est loin de correspondre à la netteté de l'image vue sur l'écran de la chambre noire. C'est un fait dont il faut tenir compte lorsqu'on opère la mise au point. Pour faire disparaître ce grave inconvénient, notre ami le chanoine de Castracane a employé, dès 1864 f), la lumière monochromatique, qui ne présente nécessairement qu'un foyer, pour exécuter l'album photographique de diatomées, qui a été si remarqué à la première exposition universelle de Londres. On se sert généralement de la lumière bleue., parce qu'elle est douée d'une grande activité chimique.
Nous savons déjà comment on se procure la lumière monochromatique (p. 58) e). La fig. 21 montre le prisme de Hartnack, K
(1) T T Woodward, dans Pelletan, Journ. de Microgr.. 1879, p. 53o.
(2) Atti deir Accad. pontif. de' nuov. line. 1864. - Brewster. avait déjà appelé l'attention sur l'utilité de la lumière monochromatique.
(3) Pour les détails pratiques, voir Moitessier, 1. c p. 176 et suivantes.