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BIOLOGIE PATHOLOGIQUE

Jusqu'ici nous n'avons envisagé les êtres vivants qu'à l'état normal; il nous reste à les considérer à l'état pathologiqtie.

C'est à tort, à notre avis, que certains auteurs voudraient exclure la pathologie du domaine de la biologie. Il sera toujours vrai de dire qu'il y a une biologie normale et une biologie pathologique; mais ces deux biologies ont les rapports les plus intimes. La première sert de fondement à la seconde; sans celle-là, tout le monde en convient aujourd'hui, celle-ci serait inabordable et resterait une énigme. En outre, les processus généraux de ces deux vies sont identiques. Il en résulte que l'ensemble des sciences médicales rentre dans le cadre des études biologiques. La clinique, science pratique par excellence, fait partie de la biologie au même titre que l'anatomie et la physiologie 'qui, du reste, lui servent de base et dominent tout son avenir. Néanmoins il faut dire avec M. Bernheim, 0) « qu'on ne range habituellement « parmi les sciences biologiques que les branches de la médecine « qui sont d'un ordre plus spéculatif, plus théorique, qui ont en vue « l'étude de l'homme physiologique, considérée en elle-même plutôt « que dans son application immédiate à l'art de guérir, n

Or, ces branches plus théoriques dont parle M. Bernheim, sont précisément les correspondantes de celles que nous avons rencontrées, il n'y a qu'un instant, se partageant le domaine de la biologie normale: le lecteur a déjà nommé la morphologie, l'anatomie, la physiologie, et la chimie pathologiques. C'est assez dire que la biologie pathologique présente à l'étude les mêmes côtés que la biologie normale; et c'est l'ensemble des sciences résultant de cette quadruple investigation qui

(1) w, Preyer. Elem. der alîgem. Thysiologie. p. 69. Leipzig, i883.

(2) BiLlings : La bibliog. méd.; Revue scientifique, 1882, i5 mai, p. 594. (S) Revue intern. de l'enseign., i5 janvier i883, p. 19.

Encyclopédie Scientifique des Sciences Biologiques.

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Histologie

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constitue la partie scientifique de la médecine ('). Les autres branches qu'on y étudie sont plutôt des sciences d'application ou des arts mécaniques.

En résumé, l'arbre de la vie a deux troncs, un tronc normal et un tronc pathologique. Les branches principales et les branches secondaires de ces troncs sont disposées parallèlement et se correspondent avec exactitude. L'histoire naturelle des unes et des autres constitue, d'une part, la biologie normale, et de l'autre, la biologie pathologique.

On a coutume, lorsqu'on met en regard ces deux biologies, de les désigner par les mots plus simples de biologie et de pathologie. Ces abréviations sont heureuses. Elles nous permettent de désigner toutes les branches de la biologie pathologique par les termes de la biologie normale en y ajoutant, au besoin, le qualificatif « pathologique. »

C'est ainsi que nous pourrons tout d'abord parler d'une pathologie générale, comparée et spéciale. Vue de ces hauteurs, la médecine fait partie de la pathologie spéciale ; car elle n'est que la pathologie d'un être en particulier, de l'homme. En envisageant la pathologie dans divers animaux, MM. Bouley et Servoles ont fait de la pathologie comparée. (^) Le savant , encore à venir et que nous appelons de tous nos vœux, qui étudierait comparativement les maladies des animaux et des plantes, s'occuperait de pathologie générale.

On remarquera combien le sens que nous attribuons à cette dernière expression diffère de celui qu'on lui donne en médecine. Au fond, le cours qui porte ce nom dans le programme des études médicales n'est , ou plutôt ne devrait être , que la physiologie pathologique de l'homme.

Ensuite il sera question , nous l'avons déjà vu , de morphologie , d'anatomie, de physiologie et de chimie pathologiques, lesquelles se diviseront, comme les branches normales correspondantes, en diverses sciences secondaires générales , comparées ou spéciales , suivant l'extension de leur objet.

Ainsi, par exemple, l'anatomie pathologique du doctorat en médecine est l'anatomie pathologique spéciale de l'homme. Au contraire l'étude complète de la cellule ou des tissus malades, conduite à travers les deux règnes , constituerait la cytologie ou l'histologie pathologique générale. Et ainsi du reste.

Nous en avons dit assez pour caractériser les diverses sciences biologiques et fixer leurs rapports mutuels. Il ne nous reste plus qu'à synthétiser les résultats de notre étude dans un tableau synoptique qui permettra au lecteur d'embrasser d'un coup d'œil l'encyclopédie biologique comme nous l'avons conçue.

(') Celles-là même que nous voudrions voir figurer dans le programme du doctorat spécial ès sciences biologiques, dont il a été question plus haut, p. 16. (2) H. Bouley, Leçons de pathologie comparée. Paris, 1882.

Servoles, Étude de pathologie comparée, etc. Paris, Asselin. i883.

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