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DES GELLDLES ET DES FIBRES NERVEUSES. 441' les rameaux blancs du mSme sfStËme. Ces fibres sont minces (O^^jOûS), pâles, gris&tres, parsemées de fines granulations demÈmc couleur, et même de noyaux elliptiques (Ug. 98). Elles -dominent dans les Illets du grand sympathique, qui sont manifestement moteurs, et manquent dans les autres. Comme le remarque M. Ch. Robin, elles

semblent être des fibres nerveuses fœtales. En effet, toutes les fibres blanches de la vie animale revêtent, dans îa phase première de leur évolution histologique la forme de fibre gélaliniforme, et il en est de même des fibres, qui se régénèrent chez l'adulte, après une lésion. Suivant Remak, qui les a découvertes, les fibres gélatiniformes différeraient surtout des autres par l'absence d'enveloppe huileuse, de substance médullaire. D'ailleurs , elles seraient constituées aussi par un ûlament aille et une

enveloppe délicate; le défaut de manchon bniîeiu serait la raison de leur couleur grise.

Ces divers de^s de perfection dans la structure de la fibre nerveuse, chez le verlébré, suggèrent naturellement l'idée d'une évolution. Sans doute, il faut un peu d'imagination pour retrouver, avec Haeckel, tous les chaînons géuéalogiqueg de l'homme jusqu'à la gatlntla, c'est-à-dire à l'animal réduit à n'être plus qu'une simple poche digestive. Hais il est certain pourtant que, si l'on classe hiérarchiquement tous les types du rËgne animal, on voit, du bas en haut de l'échelle, la vie végétative s'adjoindre peu à peu la vie animale, qui, elle aussi, s'épanouit graduellement & son tour. Or, chez le vertébré supérieur, toutes ces phases ont laissé à demeure leur empreinte, sans même parler de l'évolution embryologique, qui les reproduit toutes en abrégé. Le mammifère supérieur est comme un résumé du règne entier. En lui sont réunis tous les tissus, tous les appareils épars dans la série; il a un système nerveux spécial, mais il conserve néanmoins une portion du système ganglionoaire des invertébrés, et, chez lui comme chez eux, ce système ganglionnaire est constitué surtout par des fibres gélatiniformes.

En effet, la fibre nerveuse à double contour n'est pas commune chez les invertébrés. Elle manque absolument chez les invertébrés inférieurs ; elle apparaît, mais est rare encore chez les arthropodes ; même le système nerveux des vertébrés inférieurs, des cyclostomes, est constitué surtout par des fibres granuleuses, enveloppées, d'une gaine délicate, et dépourvues de manchon graisseux. Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, se vériOe le dicton banal : Nntura non facil sallus.

Il n'y a même point de saut brusque, de hiatus, entre les Hbres grises et les fibres nerveuses à large diamètre. Le trait d'union est formé par les tubes nerveux minces.

DES CELLULES ET DES FIBRES NERVEUSES. U3 Ce sont des fibres nerveuses à double contour, d'un diamètre beaucoup plus petit que celui des autres fibres. Elles semblent d'ailleurs être dévolues les unes à la motricité, les aulres à la sensibilité ; car certaines d'entre elles sont pourvues d'un renflement cellulaire, qui est aussi de petite dimension. Les tubes nerveux minces se rencontrent un peu partout dans le système nerveux; mais ils abondent surtout dans le grand sympathique ; ce qui autorise encore plus à les considérer comme le premier ■ stade de perfectionnement des fibres gélaliniformes.

Les fibres complètes, elles-mêmes, se dépouillent hiibituellement de leurs parties accessoires, dans leurs portions terminales, et, réduites alors à leur filet axile, elles se rapprocbent beaucoup des fibres gélatiniformes.

Suivant Je récentes rechercbes du docteur Luys, les cellules nerveuses et même leurs noyaux paraîtraient, àun fort grossissement, se dissocier en fibrilles iniriquées (fig. 9ô) ; mais les observations du docteur Luys ayant été généralement Faites sur des pièces durcies par l'acide cbromique, il est possible que cette dissociation fibrillaire soit seulement le fait de l'agent chimique et, jusqu'à nouvel ordre, il est sage de conEidérer la cellule et la fibre nerveuse comme les éléments ultimes du tissu nerveux.

En résumé, tout système nerveux invertébré ou vertébré se résout en un nombre plus ou moins grand de cellules, et en un nombre plus ou moins grand de fibres, qui relient les cellules ou y aboutissent.

Les régions du système, oj^ les cellules s'accumulent en grand nombre sont les centres nerveux ; les parties presque uniquement coinposées de fibres forment les cordons nerveux, et si l'on embrasse, d'un coup d'œil, l'ensemble du règne, on voit que les centres cellulaires sont d'autant plus volumineux et d'autant moins nombreux, que l'animal est plus élevé dans la hiérarchie.

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C'est chez le vertébré supérieur, et spécialement cher rbomme, que la cuncentration cellulaire atteint son maximum [ûg. 92 et 93). C'est alors aussi que s'épanouissent dans toute leur plénitude les propriétés spéciales du système nerveux, la sensibilité, la motricité et la pensée.

Nous n'avons pas à décrire ici, dans leurs inflmsdétuils, les centres nerveux des mammifères supérieurs. 11 suffit de se les figurer schématiquement. La moelle épiniëre (flg. 97 et 99) est essentiellement une colonne de substance grise, c'est-à-dire de cellules multipolaires, émettant ou recevant trois ordres de fibres : des fibres sensitlves, irra-: diées dans tous les organes et spécialement dans la peau ; des fibres motrices, parlant des cellules pour aboutir aux muscles; enfin deslibresintermédiaires, servant seulement à relier les cellules entre elles, à les solidariser, à faire de toute la substance grise de la moelle un tout consonnant, pouvant, dans une ceplaine mesure, vibrer à l'unisson.

Comme les nerfs mixtes se dissocient, avant d'arriver à la moelle, en faisceaux postérieurs ou sensitifs, en faisceaux antérieurs ou moteurs (fig. 97), on a considéré comme sensitives les cellules postérieures de la moelle épinière, qui reçoivent directement les fibres sensitives ; on a, au contraire, supposé motrices les cellules antérieures d'où partent lès fibres motrices. On a noté en même temps que les cellules probablement sensitives sont de plus petites dimensions.

Mais les cellules de la moelle épinière ne sont pas seulement solidarisées entre elles ; elles le sont aussi avec les cellules cérébrales. En ce qui concerne les relations aoatomiques de la moelle épinière et du cerveau, et aussi la répartition, dans l'encéphale, des cellules et des fibres, nons sommes redevables aux beanx travaux du docteur Luys, d^une vue d'ensemble aussi simple que séduisante (I).

(1) J. Luya, Rteh.iur tt tytt.ntrv. eérébro-tpinal. Puris, 186S.

Fig. 99.

bj lobe anlérieur du cerveau ; c» lobe moyen ; d, loba postérieur recouvert ft pen près pir le cervelet; e, cervelet ; f, moelle allongée ; f, moelle épinièri;; I, nerf olfactif; î, oerl optique; 3, nerf oculo-moteut ; 4. nerf pathétique; a, nerf trijumeau ; 6, nerf abduotear de l'œil; 7, nerf faoisi et nerf auditif;

9, nerf gloeeo-pharyngien ; 10, nerf pneumo gastrique on vague; H. nerf BOceeaoire et norf liypogloeee ; 13 à la, les quatre premier* nerfs cervicaoi ;

10. nerfs du oon formant le plexus braeUal ; 19, nertt dorsaux; H, nerta lombaires; A, nerfs lombaires et soiatiques se rénniasant pour former le plexus lombaire; i, les derniers nerfs formant ce qu'on appelle la queue de cheval;

Cîooglc

Suivant cet anatomiste, toutes les ûbres sensitives de la moelle épiDiËre, qu'elles aient ou non rencontré sur leur trajet les cellules de ce premier cenire, aboutissent d'abord à deux amas de cellules situées à îa partie inférieure du cerveau, aux couches nptiques [fig. 93, TA). Puis, après avoir passé par ce centre secondaire, elles rajonneot vers la surface du cerveau, vers l'écorce grise des circonvolutions. Cette écoFce est formée de nombreuses couches de cellules triangulaires, superposées par séries, comme desstrates géologiques, ayant toutes leur sommet en haut, et toutes aussi reliées par des traits d'union Gbreux.

Les Cbres sensitives, irradiées des couches optiques, traversent de bas en haut toutes ces couches corticales, pour aboutir aux strates les plus superficielles, formée* de cellules analogues par leur volume aux ceilulea sensitives de la moelle éplnière.

Au-dessous de ces couches depetiies cellules, on trouve des lits superposés de cellules de plus en plus volumineuses, à mesure qu'elles s'éloignent de la périphérie du cerveau. Les dernières strates, les plus profondes, seraient constituées par des cellules volumineuses, analogues aux cellules dites motrices de la moelle.

De ces dernières cellules partiraient des libres descendantes, qui toutes convergeraient vers deux amas cellulaires, situés aussi vers la base du cerveau, dans le voisinage des couches optiques. Ces amas de subslance grise cellulairesontappelésen anatomie corpjjïries (fig. 93, CS}.

Bes corps striés partiraient des fibres descendantes, qui rencontreraient d'abord sur leur chemin les cellules motrices de la moelle épinière, puis, de là, rayonneraient dans les cordons et filets nerveux, de plus en plus ténus, pour aboutir enlln aux éléments contracliles, aux éléments du tissu musculaire.

On pourrait donc suivre pas à pas dans tout son trajet

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