CHAPITRE II
DES CELLUMS ET DES FIBRES BEftVEUSES.
Tout système nerveux se résout, sous le microscope, en cellules et en fibres. Tous les cordons nerveux sont presque exclusivement composés de fibres; au contraire, les cellules exislent en très-grand nombre dans toutes les parties renflées, dans toutes les masses centrales ou ganglionnaires des divers types de systèmes nerveux.
Quoiqu'il y ait diverses variétés de cellules cl de fibres, comme les différences ne portent guère que sur les détails, il est possible de donner des unes et des autres une description générale.
Les cellules nerveuses sont des corpuscules de forme assez irréguliÈre, plus ou moins sphêroïdaux (fig. 94).
Elles ont une paroi, un contenu, un noyau et un nucléole. Ce dernier, brillant et de rxiuleur jaunâtre, est ".
inclus dans un gros noyau transpa- ^ ceiiuienerveusebipoiairc rent et sphécique, qui lui-même est du gsnguon du nert irijuenlouré de toutes parts par une sub- "X'é%!i^»«,'an"ou^ slance granuleuse et solide. D'ordi- gfsnoieui, unnuïtuïésinaire, une membrane cellulaire assez csiiuia Kungiiommire n'niépaisse recouvre le tout. Suivant pouire de rhomma avec M. Ch. Robin, cette membrane ferait lissu conjonctit ei contedéfaut aux cellules des centres ner- naatdesDaïgHs. veux des vertébrés supérieurs. Le diamètre des cellules
nerveuses varie considérablement; il est en moyenne de O—.OâO à 0"",050.
Les cellules nerveuses se continuent toujours avec une ou plusieurs fibres. Elles sont dites alors, suivant le nombre de ces prolongements ûbreui, unipolairei, bipolaire», muUipolairet. On a admis longtemps des cellules sans prolongement fibreux, apolairei; mais leur existence est fort problémadque. Les cellules nerveuses ayant une leinLe grisâtre, qu'elles doiventà leur contenu, les régions des centres nerveux, où elles sont rassemblées en grand nombre, ont la même couleur. Ainsi est constituée la substance nerveuse grise, que l'on trouve à la surface du cerveau et da:is la parlie centrale de la moelle épiniëre, chez les mammifères, etc , etc.
Les libres nerveuses se continuent directement avec les cellules. Ce sont, en quelque sorte, des tentacules, que ccUes-ci projettent pour se relier aux autres organes.
La partie fondamentale de toute fibre nerveuse est un Irfes-mince filament soUde et flexible (fig. 96, h). Ce filament, appelé cylinder axis, cylindraze, est chimiquement constitué par une substance azotée quaternaire. Il se continue directement avec le contenu granuleux de la cellule nerveuse. Ce filament est la parlie vraiment essentielle de la fibre nerveuse ; il en est I'd.me. C'est la portion conductrice, le fil télégraphique, qui met la cellule nerveuse en relation avec les autres organes.
Dans la fibre complète, le filament axile est enveloppé d'un manchon protecteur. Il occupe alors le centre d'un tube, d'une gaine cylindrique, remplie d'une sorte d'buile visqueuse. Cette substance, que KOlliker a comparée à de la térébenthine, mais qui est plulfit de. la famille des corps gras, est transparente. Com me tous les corps transparenls riches en carbone, elle réfracte fortement la lumière. Aussi, sous le microscope, les libres nerveuses à
CellDia multipolaire gadeliODHaira de la maeU« «pinitro <lu bœuf avec un noyait arrondi et micléola : a, cyliodre-aie -, b, prolonsementi de Uccllule lincmeni ■triée et abrilliire. — Très-fort grossinsement.
manchon huileux semblenf limitées par deux lignes foncées parallèles. On leur a donné, pour celte raison, le nom de fibres à double contour (Ijg. SB).
Fibres nervensBB grossies 3$i g, fîbraJorgp, abord fobc/ de 1b moelle Ëpinière àe 1
e, fibre fine ; /, Dhie de moyeni
ii<-,k,pi
>Bge de II fibre
Ce sont ces fibres qui, réunies en faisceaux et revêlues d'une enveloppe fibreuse commune, constiluenl tous les cordons nerveux, lesncrfsproprementdils, du moins ceux de la vie animale, ceux qui chez l'homme et les vertébrés supérieurs se distribuent à la peau, aux organes des sens spéciaux, aux muscles. Vues à l'œil nu, toutes les régions ou portions de sjstferae nerveux où elles dominent sont blanches. Cette teinte blanche est due alors k la substance huileuse des fibres à double contour.
La physiologie a démontré que certaines de ces fibres servaient à transmettre aux muscles des excitations motrices, nées dansles centres nerveux; que certaines autres, au -contraire, portaient de la périphérie aux centres nerveux les excitations sensilives. Les premières ont été,
DES CELLULES ET DES FIBRK NERVEUSES. 439 pour cela, appelées fibrêi motrices, les secondes fibre» sensiliiiei. Il n'y a d'ailleurs aucune différence anatomique tranchée entre ces deux ordres de fibres. Seulement, on observe sur le trajet des fibres sensitives , un peu avant leur arrivée dans les centres nerveux, un renflement ganglionnaire, une cellule nerveuse {(ig. 97, p).
Dans la plupart des cordons nerveux, fibres motrices et fibres sensitives sont mêlées et conrondues sous le névrilëme commun. 11 Tant seulement faire exception pour les «ordons nerveux, spécialement sensitirs, qui aboutissent aux organes des sens.
Nous avons vu que d'ordinaire les nerfs sensilifs spéciaux gagnaieiHt directement le ganglion cérébroïde des invertébrés et le cerveau des vertébrés. Les autres, les nerfs mixtes, aboutissent, chez les arthropodes, aux ganglions de la chaîne abdominale, et chez les vertébrés, à la moelle épinière [fig. 97, q et flg. 99). Mais, dans ce dernier cas, les deux ordres de fibres se séparent un peu avant d'arriver à la moelle en une racine antérieure, cylindrique, et en une racine postérieure ganglionnaire, c'est-à-dire renflée en un point où se trouvent réunies les «ellules de toutes les fibres sensitives du cordon nerveux (fig. ").
C'est uniquement par la présence de ce renflement cellulaire sur un point de leur trajet que les fibres sensitives se distinguent des fibres motrices. D'une manière générale, elles semblent aussi être moins volumineuses, mais le diamètre des fibres nerveuses de tout ordre est chose fort variable.
Une troisième variété de fibres edste surtout dans les cordons du grand sympathique. Ce sont les fibres grises, gélaiiniformes ou de liemak. Elles constituent la presque totalité de tous les cordons ou filets gris du grand sympathique, et sont, au contraire, rares ou absentes dans