‹ La biologieChapitre 12 sur 136 · I» U VIS · texte numérisé non relu

I» U VIS

La we a été Icn^emps le mystère des mjBtèies, et, dans lae temps modernes, elle a été le dernier refuge; lft> dtadeUe du surnaturalisme Aussi longtemps, en effet, ç[ae l'on fut dépourvu de notions précises sur 1« coatti^totian des corps, snr la oompositioD des agrégats chimMqnes, aussi longtemps que les substances dites ^ganiqm» partirent radicalement diSërentes des snbstances- minérdes^ il était impossible de détwoniller 1» niyitèfB de la vie. Nous savons aujourd'hui que les corps (^ganisés- a» crmliennent pas un atome matériel qui œ soit d'abord emprunté, puis rendu as milieu extérieur. Nous.- avons* fût le dénombrement des principes immédiats constituant les corps vivants ; nous en avons pu reproduire un certain dwq1h% directement dans nos laboratoires de chimie. NonS' savons sous quel état physique, dwiB quelles conditions de mélange ils se trouvent au sein des corps organisés'et vivants. Nous savousi d'autre part, que dans l'univ^v-eBtier il y a seulement et toujours de la matière active, qoece qu'on appelle force ne saurait se scmd» de ce qu'on a|)pelle matière, que, par conséquent, il ne peut plus être question d'un principe vital, d'une archie, surajoutés aux ' êtres vivants et en régentant les phénomènes. Ces seule» dannées générales nous autorisent déjà à affirmer que les pUéuomèaes vitaux soat simplement le résultat des propriétés-de la mati^e vivante. Pour nous faire une idée juste de la vie, il nous reste donc à déterminer quelles sent ses propriétés, queUes sont wassi Ira conditioDS priu'ci^)ale3 de leur manifestation. >

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. Noas constatons d'abord que la vie dépend étroitement du milieu extérieur, qu'une altération dans la composition du milieu aérien ou aquatique détermine la cessation ou la suspension du mouvement vital. Nous pouvons même à volonté suspendre et ranimer la vie dans certains êtres organisés.

M. Vilmorin a pu ressusciter, en l'humectant, une fougère desséchée, expédiée d'Amérique. En desséchant et eo humectant certains infusoires, on peut enrayer et ranimer chez eux le cours de la vie. Dans l'Amérique et la Russie septentrionale, on transporte à de grandes distances des poissons gelés, que l'on reviviGe ensuite en les plongeant dans de l'eau à température ordinaire.

En Islande, eû'1828-)82g, Gaymard a revivifié en dix minutes, dans de l'eau tiède, des crapauds gelés.

Dans le cas des organismes desséchés, on a par évaporation privé les substances organiques de leur eau de gélatinisation, et par là on leur a ravi la mobilité moléculaire, l'instabilitéindispensables àla réalisation des échangesatomiques ; en fait, on les a séparées du monde extérieur, sans toutefois les décomposer, d'ofi leur facile reviviscence.

En congelant des organismes, on obtient un résultat analogue. Les substance^ perdent par la solidification de l'eau leur état colloïde. Elles sont en quelque sorte chimiquement paralysées, mais peuvent néanmoins revivre, si la congélation n'a produit ni décomposition chimique ■ des substances ni destruction morphologique des tissus et de leurs éléments anatomiques.

Ces faits suniraient k eux seuls à prouver que la condition principale de la vie est l'échange de matériaux entre lecorps vivant et le monde extérieur; mais nous ne sommes pas, heureusement, réduits à des démonstrations aussi grossières. Les actes vitaux ont été minutieusement scrutés, épiés et suivis pas à pas, comme nous le verrons plue

loin. On K pu noter l'incessante entrée dane l'organisme de snbstaiices empruntées au monde extérieur, se rendre

compte des modifications et transformations que subissent et provoquent ces substances au sein de la matière vivante ; on a recueilli le résidu de toutes ces opérations biologiques et établi trës-^pproximalivement le bilan de l'apport et des pertes. En résumé, on sait maintenant que le principal phénomène vital, celui qui sert de support à tous les autres, est UQ double mouvement d'assimilation et de désassiroitation, de rénovation et de destruction au sein de la matière vivante, que cette matière soit jt l'état semi-solide et sans structure, comme chez certains organismes inférieurs, qu'elle soit à l'état de liquide plus ou moins visqueux, comme le sang et la lymphe des animaux supérieurs; qu'elle soit enfin modelée en éléments'anatomiqnes, eu cellules et en fibres baignant dans des liquides et des gaz, comme il arrive dans le corps de tous les organismes supérieurs végétaux et animaux.

La substance vivante est doue un laboratoire chimique constamment en action. Ce sont les propriétés physiques ou chimiques de cette substance diversement modifiée, que l'on trouve derrière toutes les propriétés vitales, derrière la nutrition, Voccroissement, la reproduction, la propriété chlorophyllienne, la tnotilité, l'innervation.

Or les six propriétés que nous venons k l'instant d'énumérer sont les six modes principaux de l'activité vivante, les six titres sous lesquels se groupent et se classent tous les phénomènes biologiques. La propriété chlorophyllienne est presque exclusivement végétale ; mais les cinq autres propriétés fondamentales représentent, quand elles sont réunies, la plus haute, la plus complète expression de la vie. Mais elles sont loin d'être toujours réunies; elles sont loin aussi d'avoir la même importance. Il en est de {nimordiales; U en est de secondaires.

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34 LIVRE I. CffArtTkE IV.

La plus ifflporiante de tontes «st évidemment !« tiW' trition, te double et perpétuel morrtemenf âe réfitmf fiân moléculaire de la substance tivante'. Sans nutrition, point d'accroissement, point de reproduction, point de mouvements, point de seAsibilité consciente, point ât pensée.

A vrai dire, on peut concevoir la vie comme rédniïe k sa plas simple expression, à la siruTe nutrition. Un être capable de se nourrir, et privé rf'ïîHeiira de toute autre propriété et fonction, rit encore-, mais, s'il n'a la fatttilt^ de se reproduire, qui n'est d'ailleurs, comme nous' le verrons, qu'nne simple extension de la propriété nutritive, sa vie sera tont individuelle ; nù moment viendra, où les échauffes nutritifs se Mlentiront, nn rtionAent ah les résMo» nniritifs incomplétcmetrt expulsés impré^eront les tissas et liquides vivants, les obstrueront pour ainsi dire; «Iok les substances coTIoïdes, plasmati^ues, cesseront de 9cr réparer, de se régénérer. Bientôt le falentiîseiïienf aboatênr à l'arrêt complet ; alors l'être organisé «nra cess^ de vrrfe ; les composés complexes qui te Cûnslituaiertt s'altéreront, se dédoubleront, et les gronpes de leurs moléenles et de leurs atomes rentreront dans le milieti extérieur, Siaê Té monde minéral.

Si, au contraire, la propriété nutritive d'mi être \inm est assez énergiqne potrr s'exftller ta qaeïtpie sorte Jusqu'à l'excès, jiisqn'à l'accroissemeiït et hi repndttcthn, l'étn est assuré de vivre dans sa descendance ; il tient Ai ■^e# dansrinnombrabIefotiIedesêtresriMnts,etponTramteB, si la doctrine de l'évolution est amssi vraie qu'elle «« w^ semblable, devenir la sooche tf nn type orgaaisé sopértaw ^ monter dans la hiérarchie de k vie.

En fait, beanconp d'ot^âflismes inférieurs sont Seule' ment doués des propriétés de nutrition, d'accroissenienl el de reproduction. A un degré de complicKtion et de pertee-

tioQ plus grandesjiiDe nouvelle propritié apparaît, l&nwtilité, subordonnée aussi k la natritioD, s'il s'agit de l'iodiviàn, k la reproduction, s'il B'a^t de la aJrie. Nul n'ignon qae quantité d'animaux sont dotés seulement de ce» qu^ie propriétés de nutrition, d'accFoissemeot, de reproduction et de motilité, et nombre de planlea les possèdent aussi, cemnift nous le verroas dans la suite.

La nutrition, l'accroissement et la. reproduction sont des propriétés vraiment fondamentales. Elles apparliennent au monde organique tout entier, h tout ce qui vit et dure. Au-dessus de ces propriétés il en faut ranger trois autres, tonte» trds naturellement subordonnées à la propriété mère, à la nutrition. Ces trois propriétés sont la propriété chlor<^b;llienne, la motilité et l'innervation.

La propriété chlorophyllienne est, à de rares exceptJiMia près, spéciale aux plantes. La motilité est, dans une certain« mesure, comiauBe aux végétaux et aux animaui. EÎB&i la dernière propriété vitale, l'innervation, est l'apanage des seuls animaux supérieurs. C'est aussi la ^s délicate, la ]^us subordonnée, la plus étroitement liéa h l'intégrité de la nutrition, la plus dépendante, directemeot ou indirectement, des autres propriétés vitales. Que les lifuidea nutritifs imprégnés d'oxygène cessaat il'airiver a>x cellole» oerveusesr de ks beigner, de les exciter, de les lenouveler, ansstôt motilité, sensibi-lité et pensée s'évanouissent; l'animal redescend pour un temps ou pous toujours au niveau des être» crganisés inconscieats.

A ce point de vue physieo-ebimique, on peut aujoord'hui, sans trop de peiaer se faire une idée de l'ensemble des KUtuvemenls moléculaires, qui forment la base esse»tieUe de la viev Toui être vivant est constitué, d'une raani^ géuérale, par de» substances colloïdes plus ou moins fluides,, plu» OQ moins solides , tenant en dissol ution des a^, de» gazr etc. Une pov^ de ces eele et de ces ga&a

Coogk

36 UVHE I. CHAPITRE IV.

été introduite du dehors et est prèle à se combiner avec les substances colloïdes instables ; une autre partie est le résultat de combinaisons déjà effectuées; mais ce mouvement de combinaison et de décombioaison ne saurait s'arrêter; car sans cesse les atomes de l'oxygène atmosphérique se glissent au milieu des molécules oi^niques, les dissocient, les désagrègent, en vertu de leurs puissantes affinités pour certains des éléments qui figurent dans ces molécules complexes. Au bout d'un temps plus ou moins court, l'oxygène aurait ainsi, par une oxydation lente, détruit la substance vivante, si des aliments ne s'introduisaient aussi du dehors dans la trame de l'être vivant. Ces substances rénovatrices, après avoir souvent subi des remaniements chimiques préparatoires, après étr-; devenues nutriments, c'est-à-dire avoir acquis une composition chimique et un état physique qui les rapprochent beaucoup de la substance vivante, s'identilient avec elle. Leurs molécules prennent une à une la place des molécules détruites. L'être vivant, ainsi réparé incessamment, dure, continue à vivre, et il vivrait indéQniment , si ce mouvement moléculaire ne se ralentissait jamais.

Mais nous savons maintenant, d'après les belles généralisations de la chimie et de la physique modernes, qu'il n'y a dans le monde que des atomes en quelque sorte animés, que ces atomes se transmettent mutuellement le mouvement qui les entraîne ou qu'ils engendrent, et que ce mouvement , sans jamais s'îintîantir, se transforme de mille manières. Ces transmutations de mouvement s'opèrent naturellement aussi au sein des êtres vivants, et les impulsions si complexes et si variées des molécules se transmettent aux divers appareils organiques, produisant ici la génération d'éléments anatomiques nouveaux, là les mouvements de totalité de la substance vivante , ailleurs les phénomènes nerveux de conscience, partout une cer-

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