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DE LA PENSÉE. SOS

centres nerreai, par exemple, que les impressioas, lesémotions fortes, modiQaient les battements dn cœur, la coloration des joaes, etc. (voir p. S^). C'est ce fait intéressant qui a servi de point de départ à M. Mosso. U s'est proposé de trouver an moyen pratique, expérimental, pour mesurer avec quelque précision cette ialluence des centres nerveux sur les nerTs vaso-moteurs. Pour cela il se sert d'un grand manchon de verre fermé à l'une de ses extrémités, ouvert à l'autre, d'une sorte de grand Qacon cylindrique, assez vaste pour loger facilement la main et l'avaut-bras tout entier. Un large bracelet ea caoutchouc fixe le manchon an pli du coude et en fenne du même coup l'orifice supérieur, tout en n'exerçant qu'une constrictîon des plus modérées. La paroi du manchon est munie de trois orifices. L'une, qui se ferme avec un bouchon, sert k remplir le vase, d'eau tiède. Une seconde ouverture laisse passer la boule d'un thermomîitre, qui donne la température de l'eau. Ala troisième est ajusté un tube recourbé, très-analogue àl'hémodynamomëtre de Poiseuille. Ce tube communique avec la cavité du manchon et l'on s'arrange, pour qu'il s'y élève une petite colonne d'eau. Enfin il est muni k son eilrëmité supérieure d'une aiguille mobile, pou^'ant noter les oscillations de cette colonne sur le papier d'un tambour enregistreur, tes choses étant ainsi disposées, il est facile-, de voir que tout moindre afQux sanguin dans l'avant-bras diminuera le volume du membre et par conséquent fera refiner dans le ballon une partie de la colonne liquide d& l'hémodynamomètre. Toute congestion, toute dilatation des vaisseaux produira un effet inverse. Dans les deux cas, l'aiguille écrira snr le papier enregistreur les oscillations de la colonne liquide.

Avec cet appareil, le docteur Mosso a pu constater que tout phénomène cérébral a son contre-coup sur la circu-

aOft LIVRE VI. CHAPITRE H.

lation périphérique. Voici les principanx des Taits, qu'il a notés sur l'homme, pendant la veille et le sommeil.

A l'élat de veille, toute sensation, toute impression morale ou physique, tout travail intellectuel, 8'accompagnent de fortes contractions des vaisseaux périphériques et le degré de la contraction est proportionnel à l'effort accompli. Ainsi pendant qu'un jeune homme traduisait successivemeot du latin et du grec, le niveau liquide s'abaissa moins pour le premier genre de traduction que pour le dernier, parce que le traducteur possédait bien la langue latine et mal la langue grecque.

Les faits observés pendant le sommeil ne sont pas moins curieux. Déjà, daus certains cas de pertes de substance des os du crâne, Blumenbach d'abord, le docteur Pierquiu ensuite avaient remarqué que le rêve correspondait à une congestion de la substance cérébrale : « Une femme, dit Pierquiu, avait perdu, par suite d'une affection syphilitique, une large portion du cuir chevelu, des 09 du cr&ne et de la dure-mfere. La portion correspondante dn cerveau se voyait à nu. Quand son sommeil n'avait pas de songes, le cerveau était immobile el demeurait dans sa boite osseuse. Mais lorsqu'il élait agité par des rêves, le cerveau turgescent faisait saillie hors du crâne. Cette tni^scence était évidemment, dans ce cas, le résultat d'une excitation vasculaire. »

Les observations fait«s avec l'appareil de M. Mosso confirment bien celle de Pierquin. Au commencement dn sommeil, il y a afflux sanguin périphérique ; les vaisseaux des membres se dilatent. Un bruit quelconque provoque toujours, dans le système vasculaire périphérique, des contractions considérables chez l'homme endormi. Les rêves sont toujours accompagnés d'une contraction périphérique, mSme alors qu'ils ne laissent pas de souvenir. Le retour de la vie de conscience, à la fin du sommeil, est

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