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II. Blattémei animaux

On a voulu réserver le nom de blastèmet, dans l'économie animale, aux seuls liquides interstitiels,' où se forment des éléments analomiques nouveaux, c'est-à-dire aux liquides intercellulaires des embryons animaux, avant la formation des vaisseaux, aux liquides orgauisables qui se produisent dans une plaie en voie de cicatrisation, ^nfin aux liquides des cavités séreuses. Mais, en biologie, comme dans toutes les autres sciences naturelles, s'il est utile de diviser, de classer, il est sage de ne point accorder aux divisions et aux classifications une valeur absolue. Les frontières que nous sommes obligés de tracer ç& et là dans le vaste champ du monde vivant pour étayer la faiblesse de notre mémoire, n'ont qu'une valeur relative. Eu fait, dans le monde organique, même pris

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en général, tout e^ nuance et transition graduelle. Si c^ flil vrai, comme il est incoDtestsble, dans iM clasaiOeatiooB de l'histoire naturelle proprement dite, cooibiM ne le tera-ce pas davantage çnud il e'igit de trier i« pariies fonstitaantes d'an mAme orgamsDieî Si nou r6- MfTons le nom de Uaxtimtt an petit nonilire de liqsides vivants, intaratiliels , organisables et génératcnn, que feions-noue des antres liquides interstitiels, de ceux q«i baignent les éléments au tissu dit eonjoneUf, de ce tbaa à niOTphologie grossière, qui sert degaogiieet desapportà tons les antres ? Et dans la plupart des tissas, partout oà les éléments ne se tonebent pas les nns les antres par Ions les points de leur sartace, n'y a-t-il donc pas no lÎQttidc i&twstitiel, provenant des- tissus d'nne part, du milieu extérieur de l'aulref Mois œs tissns grandissent conetamment, de ta naissance à la période d'état ou ège adulte, c'eat-inlirp qn'inctssammeat, durantee laps'de temps, des ('éléments nouveaui naissent et se font place au milien des anciens. Evidemment, ces éléments se forment aux dépens du liquide interstitiel, qui devient par conséquent alors un vrai blastème formateur.

Que l'on sectionne un polype d'eau dcuce en {ducûeun fragmrats, aussitôt ebaeiin de ces fragmenta travaille à sa compléter, ponr refaire un individu complet; ntai» ce nouvel individu, une fois formé, n'est pas pins volumiiHux que le fragment d'oti il a pris naitsaBce, Il s'est donê «todelé et constitué aux dépens du liquide interstitid baignant le tissu cellulaire de l'hydre ; doac ce liquide art iormHteur, donc c'est un blastème. Mtûs bkstëme aussi BBra le liquide intereellulaire de la substance grise cérébrale, eelui du cordon ombilical, celui de la moelle des os, etc.

La con^iosition chimique des blaatèmes animaux est on peu mieux connue qne celle des Uaatèmes végétaux.

DIS UQODtS VIVANTS. 68

fioanne ees demiors, ils se coinpoK&t de sabstanem atbuninoldee, de sels, de sobstanoMcrisUlIoIdw régressives ; «nfin, d'une grande qasalité d'em. Mai%, outre eee doenéea générales, on a pa éODStater qoe les blaslènies des aniinBtix sapérisurt ont une CDOiposition différente de celle ds sang et de la IjË^be, d'où ils provîetiDent es gronde pmrtie. La fibrine et l'albumine j sont en moio^ quantité. L'albnmine y a pris en gnnde partie ta forme diimiqne solable et assimilable ; eUe est devenue atbumi' note, ne se coi^ale [^ns par la cbalenr et se'coagnle difScilement et imparfaitement par les acides. On n'y trouve plus que des traces de fibrine, et rien n'asl pins naturel, puisque, nooa le savons, pour devenir aasintilaMe, nutritive, la fibrine a besoin de se transformer isoméiiqaeiBent «D albaininose.

On a voulu faire de l'instabilité Ghimiqin desblastËmes un caractère distioctif. Sans doute, les Uasttmes sont en état de mntatira perpétuelle ; ils ne aont jamais identiques k deux mcnoents de la durée ; mais on en peut dire tout autant du sang, de la lymphe, des éléments tûetotogiques eux-mêmes, puisque le mouvement de rénovation continue est la condition primordiale de la vie.

En résmoé, entre les éléments anatomiqnes, les bkstëmes et les piasmas, il y a senlentent, as point de vue chimique, différence dans la proportion et la naliffe des principes immédiatscoostitaonts, mais difiérence graduée des uns aux antres. Ce aont trois fonnes de la mali^ vivante, analogues entre elles et ^engendrant nraturilement.

m. Det platmat.

Cbet le végétal, l'imparfaite division dn travail {Aysiologique, la confusion des fonctions, sont si grandes, qu'on y peut difQeilemwt classer les liquides «paniques.

«4 UTBB I. CHAPITRE TI.

Nous avons signalé les liquides évidemment blaslématiques de l'eB^ryon végétal, des bourgeons, le liquide semi-blastématiqne et senu-plasinstique qu'on appdle la lève. Nous dirons plus tard quelques mots à propos de la sécrétion des glandes végétales et de leurs produits sécrétés, et ainsi nous aurons passé en revue tous les liquides oi^niques végétaux, La diose est moins simple cbez les animaux, du moins chez les animaux supérieurs. La division du travail est plus avancée dans les tissus et dans les liquides, et il faut soigneusement classi&er les uns et les autres.

Chez l'animal snpérieur, les liquides organiques se peuvent diviser d'abord en deux grands gronpes correspondant aux deux grandes divisions des éléments solides : ce sont le groupe des humeurs eonstituanles et celui des humeurs produites.

La composition chimique de chaque groupe et même des humeurs de chaque groape est très-variée ; mais, d'une manière gënérale, on peut dire que toutes contiennent des principes immédiats des trois ordres (1) :

1* Des principes d'origine minérale {eau et sels dissous);

2<> Des principes d'origine oi^anlque, les uns cristalllsables, les autres coagulables (urée, créatine, lactates, choléates, etc.) ;

3* Des principes non crislallisables, mais coagulables, se rencontrant dans toutes les humeurs, sauf la bile, l'urine et la sueur. Ces derniers principes immédiats sont les substances albnminoïdes proprement dites et les substances saccharines, ayant les unes et les autres la propriété de dissoudre certains composés minéraux ou minéralisés peu ou point solnbles dans l'eau. C'est ainsi

(1) Ch, Robin, Da hvmvwt, p. VI, 21; in-S*.

Cîooglc

DES LIQOIDES VIVANTS. 6S

que l'albamine fixe de la silice, du phosphate de chaux,

des urates, etc.

Les humeurs produites ou de sécrétion sont rormées, dans l'économie, aux dépens des humeurs constituantes, et généralement par des organes spéciaux appelés glande». Nous aurons plus tard à étudier leur procédé de forma- UoQ. Elles comprennent les liquides trës-aqueui produits à la surface de membranes dites séremes, qui recouvrent certains viscères [cerveau, cœur, poumon, intestin, etc.), les liquides baignant les surraces articulaires ou liquides synoviaux, enfin le sperme, le lait, les mucus, les salives, la bile, le suc intestinal, etc.

Il fiiut rapprocher des humeurs produites les liquides simplement excrétés, c'est-à-dire séparés des humeurs constituantes sans modiQcations chimiques (sueur, urine, liquide amniotique, liquide »Ilanloïdien, exhalation pulmonaire).

Tous ces liquides, sauf trois) sont alcalins. Les trots liquiiles hnhitaeilement acides sont le suc gastrique, la sueur et l'urine; encore ce dernier liquide est tanlfit alcalin, luntôt acide, tantôt neutre, chez i'homme, aux divers temps do la digestion. Chez les mammifères herbivores, il est normalement alcalin. Mais, là aussi, l'alcalinité de l'urine dépend de la digestion ; en effet, l'urine des herbivores devient acide, si on les nourrit avec des aliments animaux, ou, ce qui revient au même, si, les soumettant à la diète, à l'inanition, on les force à vivre aux dépens de leur propre substance. L'alcalinité des humeurs animales est due ordinairement à des sels de soude bibasiques ou tribasiquas; mais on fl'y rencontre jamais de soude libre.

A propos delà sécrétion et de l'excrétion, nous parlerons en détail des humeurs produites, dont nous devons nous horaer ici à indiquer les principaux caractères distiactifs.

«s LIVBB I. CUAPITAE VL

NoQS «VOQS muntenant k décrira les huaMura du premier ordre, les humeurs constiluantes, vivantes, celles que l'on peut regarder, en quelque sorte, comme des éléioents aoatomiques liquéfiés. Ces liquides, qui n'existent bi«B aetlemenl que chez les animaux k structure oomplext, munisd'appareils circulatoires bien dé(ÎDis,sontauDonjbi« de deux seulsment : le lang et la lymphe; car il faut oon* ûdérer le chyle, c'eM-à-dire le produit ultime de la digestion circulant dans les vaisseaux lymphatiques, comne une dépendance de la lymphe.

Le sang et la lymphe sont renfermés dans des systèmes circulatoires ramifiés et clos de toute part. Ces syslÀmes circulatoires emprisonnent les liquides qui y sont contenus, sans leur permettre normalement d'en sortir ea masse; mais ils laissent, h. travers leurs parois, un fikcila passage Ji beaucoup de matériaux venant soit des tissus, soit du milieu ambiant, et à beaucoup d'autr«8, qni s'échappent du sang et de la lymphe, aoit pour aoinrir les tissus, soit pour âtre expolsés, comme indignes, des frontières de l'organisme.

Ce double mouvement de va-et-vient, de troc de matériaux, s'effectue simultanénuat, comme l'assimilation et la désasùmilatlon nutritives dans les éléments solides. C'est qu'en effet le sang et la lymphe sont des liquides vivants en voie de rénovation pet^étnelle. Ils se forment sans cesse dans le système des ohudx, ot ils oirculant •ansae détmîm.

Les paraiis vssonlaires, qui renferment les liquidas oon- ^tuants, M soDoblent pas modîQer notablemuit k «cnnposition ctùoiique des substances qui les traversent. Lmhrôle est surtout un rôle physique, osmolique. Il en rémlll que le sang et la lymphe empruntent leurs matériaux oitustituants tout fermés aux milieux ambiants, soit m gmad HUUeu «oamiqoe, k Velt par exemple, soit au mi*

UËS UQOiDES VIVANTS. tl

liea orgmique, aux tissns, aai myriades d'éléments uuttomiqties, qQi composent le oc^ps d«s animaux sapé-

£o leur qualité do liquides organisés, les humeurs GODstituantes contiennent oécessairement des prinoipei immédiats des trois classes; mais ceux de la troisième classe, les albuminoldea d'origioe organique, non cristallisablee, coagulables, y prédominent. Ce sont ra^^niiné, ou mieux la aéràte (i), et la piaimine, qui, hors de Toi^anisme vivant, -se dédouble en Sbiine coagulable spraitaaémeot et en flbriae dite liquide. A ces substances albuminoïdes il faut ajouter des proportions variables de peptone» ou d'a/^MMinoM, c'est-à-dire des sobstancea albnmiuoïdes alimentaires liquéfiées et abaorbables.

Le sang et la lymphe ne sont pas des liquides honogènes, physiquement simples. Ou y rencontre des coips flottants, qui sont de vrais éléments anatomiques libres. Ces corps ont été appelés globule»; quant aui liquides dans lesquels ces globules nagent en nombre immense, on leur donne epëciale«neat le nom de pltuma».

Ces plasmas isolément considérés sont doués de nutrition ; ils sont par conséquent vivants. Ils contiennent, en proportions presque égales, des principes immédiats des trois ordres; pourtant les principes coagulables y dominant. Que la nutrition vienne à cesser an sein du pla^a, c'est-à-dire que ce liquide meure, aussitôt aa composition s'altère ; les [rincipes alhuminoîdes qu'il contient se dédoublent en une portion liquide et une autre portion spontanément coagulable. C'est ce qui produit, chez les animaux pourvus d'un système circulatoire, la roideor cadavérique.

Le rôle des 'plasmas est d'une importuoe crotale ;

m Œ. Robin, Dm liiMt, p.1].

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M [-IVnE I. CHAPITRE VI.

mais, pour s'en rendre compte, il fniit bien se figurer ce qu'est tout organisme compleie au point de vue de la texture. Au plus bas degré de k vie et de l'organisatioD, on trouve des êtres ntonoceliulaires, des éléments ana~ tomiques libres, des infusoires simples, vivant habituellement dans l'eau ; car, directement ou indirectement, les éléments anatomiques sont généralement des êtres aquatiques. Là, l'organisme monocetlclaire absorbe et assimile, désassimile et sécrète, en empruntant et en rendant directement des matériaux au milieu ambiant. Pour les êtres un peu plus complexes, composés seulement de cellules identiques entre elles et simplement juxtaposées, le procédé nutritif n'est guère plus compliqué. En effet, l'orgnntsme polycellulaire, k cellules semblables entre elles, n'est, en définitive, qu'une collection d'organismes monocellulaires juxtaposés. Seulement, il y a d'ordinaire une membriine enveloppante générale et,* par suite, un liquide interstitiel, une sorte de blastëme, jouunt, visà-vis des éléments analamiques de l'organisme polycellulaire, le rôle d'un milieu artificiel. Déj.i les cellules ne plongent plus directement dans le milieu cosmique; elles sont protégées et isolées par un liquide organique, élaboré, Dans les organismes très-complexes, par exemple chez les animaux supérieurs, l'intricalion de la texture est bien autrement grande. Ici, les éléments anatomiques ne sont plus coulés dans un moule unique ; ils sont différenciés, suivant des types multiples, et chaque type assume une fonction diverse. L'un, comme le type épilhélial, fournit aux membranes vivantes un vernis protecteur; aux glandes, un agent spécial de sécrétion; un autre, par exemple le tissu dit cellulaire, sert de gangue, de lien, de soutien à tous les tissus, appareils et organes, tout en donnant en outre passage à des liquides blastématiques. Un troisième, comme l'élément oaseux, fournit i l'orga-

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nisme une churpenle solide. Enfin, la fibre et In cellule musculaires impriment aux pièces de l'appareil vivant les niouveiGents nécessaires, tandis que la flhre et la cellule nerveuses dotent l'organiBnie de sensibilité, de volonté, de pensée, et sont Tànie sentante de l'être tout entier, dont elles assument la direction consciente, etc., etc. Mois, pour que ces éléments anatomiques sidivers, si nombreux, groupés en tissus, en organes, en appareils, en sjstèmefi spéciaux, puissent vivre, l'onctionner, s'enlr'aider les uns les autres, il faut qu'ils soient presque complètement soustraits aux influences brutales et capricieuses du monde extérieur; il faut qu'ils.puissent fonctionner dans un milieu artificiel, vivant comme eux, où ils trouvent une température peu variable, un magasin toujours bien approvisionné de substances éloliorées et assimilables, propres à réparer leurs pertes, enfin un lieu de décharge, où ils rejettent leurs matériaux usés, devenus impropres à figurer dans le mouvement vital. Ces milieux nutritifs, artificiels, liquides, par conséquent appropriés à la vie aquatique des éléments analomiquesj sont les plasmas, toujours en mouvement, toujours renouveler, cédant et reprenant incessamment des matériaux au monde extérieur et aux tissus, ayant, cbez les animaux supérieurs, une température à peu près égale, tant que celle du milieu extérieur ne subit pas d'oscillations trop fortes. Pour les éléments anatomiques, les plasmas sont une véritable atmosphère vivante.

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