NUTRITION VÉGÉTALE. HT
D'antre part, l'oxydatioo respiratoire et le mouTement DQtritif ou assimilateur qui en résulte ne s'effectuent qu'entre certaines limites de température. Le minimum est variable suivant les espËces. D'après M. Boussingault (1), les feuilles du mélèze décomposent déjà l'acide carbonique de 0^,5 à 2°, 5 ; celles des herbes des prairies, entre l'.a et 3',5, D'après MM. Gloetz el Gratîolet, l'assimilation carbonique commence au-dessus de 6 dCgré? dans les Vallimeria, entre 10 et iS degrés dans le Potamogeton.
Cette absorption d'oiygène n'est nullement comparable à celle qni se produit après la mort du végétal, et qui a pour résultat la minéralisation de plus en plus complète des tissus organisés, privés de vie. Dans ce dernier cas, 11 se produit des combinaisons chimiques spéciales : d'abord un composé ternaire, l'ulmine (C'''H"0'*), qui se transforme en une série do produits dérivés, de plus en plus oitygénés (acide ulmique, humine, acides humiqaes, etc.). Ceux de ces produits qui sont acides s'unissent à l'ammoniaque formée aussi pendant la décomposition cadavérique de la plante ; ils constituent alors des sels soluhles, qui peuvent être réabsorbés par les racines, et rentrer ainsi dans le mouvement vital.
Pour terminer la description abrégée de la respiration végétale, il nous reste à indiquer par quelles voies l'air s'introiluit dans la trame des tissus végétaux.
Chez les plantes inférieures, les mousses et les conferves, il n'y a nulle circulation aérienne, nul appareil spécial. L'oxygène est absorbé directement par les cellules. Chez les végétaux complexes, ayant de vraies racines, de vraies feuilles aériennes, des canaux, il y a un commencement de spécialisation fonctionnelle. L'air est alors ab-
(1) Boussin^ault, Complti rtadui dt VAcai. de* stàtneet, LXVIII.
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aorbé un peu par l'ëcoRe, mais sartotit paF lea (euilleg. Tb. dfl Saussure, en analysant l'air interstitiel des planlss, a trouvé que l'air le moine altéré, le moins pauvre eu oxygène, est celai des feuiUes: celui dea tiges est moins oxygéné et celui des racines moins encore.
L'air pénètre vraisemblablement dans la plante phanérogame par les stomates de la face inférieure des feuilles. Ainst-, si l'on plonge des feuilles dans l'eau et si on les soumet à l'action de k pompe pneumatique, on voit l'air s'échapper réguliferement en bulles par la section de» vaisseaux du pétiole (Dutrochet). Une fois introduit par les stomates, l'air circule danfi les lacunes, les méats iotercellulaires, surtout dans les trachées et les tubes ponctués larges, quand le premier afflux séveux du printemps les a ahandoBnés.
Dans les feuiUes aquatiques, dépourvues il'épiderme et de stomates, l'eau aérée agit directement sur les cellules à parois minces du parenchyme. Quand il y a des stomates, les choses se passent comme à l'air libre.
Dans le végétal complexe, l'air est donc soumis à une sorte de circulation, que Dutrcchet compare justement à la circulation aérienne dans les trachées des insectes, qui, elles atissi, sont munies de stomates. Une fois introduit dans les tissus végétaux, l'nir est absorbe par les éléments aoatomiques et par la sève ou les blastèmes qu'il contribue à élaborer. Enfin il est vraisemblable qu'une partie de l' oxygène résultant de la réduction de l'acide carbonique par les parties vertes et qui est, par conséquent, à l'état naissant, c'est-fi-dire avide d'entrer dans des combinaisons nouvelles, est aussi absorbée sur place, ou même mécaniquement chassée dans les canaux et interstices cellulaires.