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IV. Sève élaborée ou dt$tndaHle

L'eau du sol, plus ou moins chargée de substances en dissolulîon, pénètre par endosmose dans les cellules des spoDgioles, et de I^ est chassée dans les vaisseaux, les méats, les élémenl^ anntomiqaes, do proche en proche. Enfin elle est, en quelque sorte, aspirée par l'ensemble des tissus, qui, tous, ont besoin de se nourrir, et plus .spécialement par les reailles et les parties vertes. Ces tissus à chlorophylle sont des organes exhalants el assimilateurs spéciaux, dans le sein desquels la sève subit une très- importante élaboration, et passe en quelque sorte à l'état de vrai bloBtème. Jusqu'alors, en elFet, le liquide séveux n'était guère qu'une simple solution minérale. Dans les feuilles, k sève se vitaliEe; elle devient un liquide oi^nisable. C'est seulement après cette métamorphose de la sève que de nouveaux éléments anatomiques peuvent se former à ses dépens, que l'organisme végétal grossit et grandit. Cette sève ainsi modifiée a été appelée sève descendante, parce qu'en effet son cours ordinaire va des feuilles aux racines. Il est intéressant de suivre le Qot de cettâ sève élaborée, de voir comment il passe et se distribue des feuilles au reste du végétal.

Force nous est encore ici d'invoquer l'effet de l'endosmose, qui joue d'ailleurs un rôle si capital dans toute la mécanique nutritive de la plante. Outre leur fonction chlorophyllienne spéciale et peut-Stre par suite de cette fonction, les feuilles exercent sur la sève une double propulsion ; elles l'aspirent de bas en haut et la refoulent, après l'élaboration, de haut en bas. C'est bien une sorte de circulaUon, mais grossière, sans régularité, s'effectuant par à peu près, tantôt par une voie, tantôt par une autre. Les cellules des feuilles, dont le contenu est dense et albuminoïde, sont bien disposées pour absorber par endos-

liO LIVRE H. CHAPITRE 11.

inose la sëve lymphatique montante, pour y déterminer, quand ello a pénétré dans leur cavité, des phénomènes chimiques synthétiques, pour la carhoniser, c'fstrà-dire l'enrichir d'atomes de carbone, grflce h leur propriété spé^ cîale, puis enfin pour l'expulser par exosmose. En même temps elles la concentrent, en la privant d'une notable partie de son véhicule aqueux, qui s'eiosmose et s'échappe par évaporation.

L'expérience a démontré que cette exhalation est un phénomène actif, le résultat d'un acte vital, probablement . chlorophyllien, et point une évaporation passive. Les faits probants sont nombreux. Haies, le premier, découvrit que la lumière augmente l'exhalation aqueuse à la surface des feuilles. Le phénomène dépend de la lumière solaire et fort peu de la chaleur; car la simple lumière diffuse, fort peu calorifique, suffit, tandis qu'à l'ombre, une chaleur égale et même très-supérieure agit fort peu, et que, la nuit, l'exhalation aqueuse s'arrête.

Si, de deux plantes semblables, l'une est exposée à la lumière et l'autre maintenue dans l'obscurité, la première absorbe beaucoup plus d'eau que la seconde.

Sennehier a montré que des rameaux feuillus, trempés dans l'eau par leur extrémité inférieure, aspirent beaucoup plus d'eau à la lumière que dans l'obscurité. 11 a vu aussi que la chaleur obscure influait peu sur cette sorte de succion, et que les résultats variaient suivant l'espèce des plantes. En général les plantes qui, à la lumière, résistent le plus à l'action desséchante de l'atmosphère sont celles qui, à l'obscurité, y résistent le moins et réciproquement. Le contact intime de l'air avei? les cellules des feuilles est nécessaire à cette aspiration aqueuse, comme le prouve le fait suivant :

Dulrochet, ayant plongé dans de l'eau une tige feuillue de pisum tativum, la priva de son air interstitiel à l'aide

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