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NUTRITION VÉGÉTALE. 1W

d'une pompe pneumatique. Les cavi^Ës aérienoes, une fois purgées d'air, furent promptement envatiies par l'eau. La plante fut alors retirée de l'eau, et l'eitrémité de sa tige y fut seulement maintenue. Elle fut, dans cet état, exposée à la lumière diffuse, mais elle était devenue incapable d'aspirer de l'eau et elle s'asphyxiait, ou plutôt elle était incapable d'aspiration aqueuse, parce qu'elle était asphyxiée. Desfaitsprécédents, il résulte clairementque l'ascension de la sëve est liée dans une certaine mesure au fonctionnement des feuUles, et que ce fonctionnement, en y comprenant la simple exhalation aqueuse, est subordonné, comme tout acte physiologique, à l'absorption d'oxygène par les éléments anatomiquea, à la respiration.

Il faut noter un fait, dont l'explication est d'ailleurs facile, c'est que l'absence de la lumière n'a pas sur les corolles non vertes l'action qu'elle exerce sur les feuilles chlorophylliennes. Comme ces corolles respirent simplement à la manière des éléments anatomiques animaux, en absorbant l'oxygène et sans i^r sur l'acide carbonique, l'absence de lumière ne les empêche pas de vivre, d'aspirer la sève, etc.

Une fois élaborée et concentrée par l'action spéciale des feuilles, la sève sort des cellules par exosmose, et, de m6me que l'action endosmotique des spongioles radicales a chassé la sève lymphatique de bas en haut vers les branches et les bourgeons, l'impulsion exosmotique refoule la sève élaborée de haut en bas, des feuilles vers les racines. Nous avons vu que l'ascension se faisait surtout par le centre ligaeux, ou au moins par sa partie la plus jeune, périphérique; la descente de la sève se fait au contraire le plus habituellement par l'écorce. En montant, elle s'était enrichie de plus en plus, soit en entraînant les substances renfermées dans les cellules qu'elle baignait au passage, soit par l'action spéciale des feuilles

Coogk

12S UVRE II. CHAPITBB tl.

vertes (i); en deflcendantt elle s'appaDvrit, au contrùre.de plus en plue, car, cbemia faisant, ou bien elle abandonne des substances or^nisables, aux dépens desquelles ae forment des élémenls anatomiqnes, ou bien elle dépose simidement dans des cavités toutes préparées des amas de matières nutrimeolaires ou organisables.

Noua venons de décrire, en quelque sorte, le mode schématique de la circulation séveuse. En fait, il y a nombre d'irrégularités et la sève subit dans son cours diverses impulsions, diverses dérivations. L'impulsion ev>3motique n'est pas la seule cause de propulsion desceudtinte. Il faut aussi invoquer, comme pour la sève ascendante, le vide relatif fait par la fixation d'une partie dnliquide, par la nutrition et la formation des tissas, puis des influences mécaniques. Par exemple, on a remarqué que l'a^tation des tiges par le vent favorisait l'accroissement des plantas. Knigbt a fait à ce sujet des expériences précises, en immobilisant certaines tiges. On pense avec raison que le balancement, la flexion des tiges ont pour résultat des pressions locales, qui aident le cbeminement de la sévc dans les canaux. Ce cheminement descendant de la sève élaborée doit être plus lent que celui de la sève aqueuse; car il s'agit cette fois d'un liquide plus dense, plus visqueux, différencié même parfois. En effet, il y a ' sûrement diverses espèces de sève; car il faut considérer comme tel, le liquide laiteux, appelé iatex, existant en si grande abondance dans le système cortical de la laitue,

(1) Kuight recueiltU au printemps, k diverses hauteurs, de la sève de sycomore el de boulesQ. Voici tes variations de !a peanotenr spéi^ifiqne qnll obserra aar le aycomore :

Nivean do ml [ IHM

I, la sève Mcïl en outre nne «av«tiF snoés.

NimtfnON VÉGÉTALE. 1»

du Sgaier, dee enpliorbes, etc. L» gomme dee atbre» du genre Pionus, etc., la résine des umifères sont tuen ausà vraisemblablement des résidus séveux,

La sève peut descendre par l'aabier ou par le tissu ligneux du système central. Koigtit, ayant décortiqua circulairement une tige de lolanum luiertaum, a vu les tulwafcules souterraÎDfi se développer moins, mais pourtant se développer encore ; or la sève n'avait pu dans ce cas descendre par l'écorce.

Le même observateur a démontré que la sève élaborée peut prendre un mouvement ascendant, quand elle est disBOute et entraînée par la sève lymphatique (I).

D'autre part, la sève lymphatique peut prendre un mouvement descendant, par exemple quand elle se forme dans les feuilles absorbant l'eau qui les mouille. Quand on coupe la tige d'une plante contecant beaucoup de liquides, par exemple d'une plante laiteuse, on voit le latex couler par les deux surraces de section. 11 y a alors un tnœple mouvement séveux, déterminé par la pression élastique des canaux primitivement distendus, tutgides parle jeu de l'endosmose. En résumé la séve^ élaborée ou non, passe par où elle peut, se distribue où elle peut. DutFOchet, ayant coupé pendant l'hiver une racine miseà nu au-dessous d'un rejeton qu'elle avait produit, vit, aa printemps suivant, ce rejetou continuer à vivre. Le développement des feuilles n'avait pas encore eu lien, et, par conséquent, le rejeton vivait sans sève élaborée, par le seul secours de la sève lymphatique, refonlée cette fois de haut en bas. Knight ayant coupé sur une variété ■ hi-ûve àti solanum taberosum les coureurs (runners), qui produisent les tubercules, il se produisit dans la tige une pléthore de sève élaborée, La plante, qui d'ordinaire ne

{ij Knight, Philo$ophical Transactions, 1B06.

ni LiVBE II. CHAPITRE H.

Seorît pas, eut des flears, des fruits, et il se développa m6me des petite tuberculea sur plusieurs des parties aérieunes de la plaote.

Si, au printemps, l'on coupe uue racine de vigne, on voit la sève lymphatique couler du tronçon supérieur ou central, comme d'une tige aérienne.

Dutrochet a observé qu'un tronc d'arbre, abattu pendant l'hiver et complètement dépouillé de ses branches, présente néanmoins au printemps l'épanchement de sève élaborée au-dessous de son écorce. Cette sève existait donc dans la partie centrale du tissu végétal, puisqu'elle ne provient ni des feuilles, ni des racines. Elle était toute préparée et a dû gagner la périphérie par le moyeq des rayons médullaires transversaux.

C'est vraisemblablement parce que les végétaux monocotf lédonés n'ont pas de ces rayons médullaires transversaux, qu'il n'y a pas chez eux d'épanchcment sévcux entre le système cortical et le système central, et, par conséqueut, point d'accroissement au point de jonction de ces deux systèmes (1).

Eu résumé, il n'y a point de vraie circulation séveuse, puisque le cours du liquide nourricier est à la merci de nombre d'accidents. Il y. a seulemeut deux sources principales de la sève : les spongioles des racines, qui introduisent dans le végétal la sève aqueuse ou lymphatique, et les feuilles, qui élaborent celle sève déjà épaissie et enrichie, pour la pousser ensuite d'une manière générale vers la partie inférieure du végétal, par toutes les voies qui sont praticables.

(1] Dutroch«t, loc. CU., p. SS7.

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