LIVRE U. CRAPtTRE III
t'azote de l'oip. Des plantes élevées dans de l'acide ulmiqua et de la poudre de charbon entièrement dépouillés d'ammoniaque, renfermées dans une atmosphère et arrosées avec une eau qui n'en contenait pas non plus, ont donné h l'analyse une quantité d'azote double ou tnple de celle que renfermait leur graine au début de l'expérience. Dans ce cas, la plante étant privée d'ammoniaque, il est Irfes-possible qu'elle ait absorbé directement l'azote de l'air. C'est là une éventualité que les fails suivants rendent fort probable :
Schrœder sema des céréales dans de la fleur de soufre arrosée d'eau distillée, et contenue dans des vases de ' verre ou de porcelaine recouverts d'une cloche. Les grains germèrent et donnèrent des chaumes de 12 à 14 pouces portant des épis courts, mais qui fleurirent. Desséchés, ils pesèrent cinq fois plus que les grains d'où ils provenaient.
Boussingault sema vingt-neuf grains de trèfle dans du sable, préalablement rougi au feu. Les plantes qui en provinrent pesaient 67 grains au boutde trois mois. {Annales de chimie, t. LXXVII.)
Des pois traités de même donnèrent danS' le même laps de temps des plantes pesant 72 grains, chargées de fleurs et de graines parfaites, etc. (Cité par Burdach, Traité de phyiiologie, t. IX, p. 23a.) Enfin de récentes expériences de M. G. Ville mettent à peu près hors de doute, comme nous le verrons plus loin, l'absorption normale de l'azote atmosphérique par la plante.
Si les éléments anatomiques des végétaux opèrent beaucoup de synthèses chimiques, ils sont aussi trèscapables de désagréger des composés minéraux. Nous savons que la chlorophylle décompose l'acide carbonique de l'air. On a vu aussi des graines, germant dans l'eau, la décomposer et absorber une partie de son hydrogène.