ASSIMILATION ET DÉSASSIUILATION VÉGÉTALES
L'oxygfene contenu dans la plante vient pour une large part du milieu aérien ; pour une notable partie, de la décomposition de l'acide carbonique par la chlorophylle. La plante s'en procure encore d'une autre manière. En général, comme nous l'avons vu, les substances nutritives absorbées par les racines sont des composés oxygénés très-ricbes ; au contraire les substances assimilées, formant en très-grande partie la matière sèche des plantes sont pauvres en oxygène ou n'en contiennent point, 11 Taut donc que l'assimilation soit surtout un acte de désoxygénation ; or, nous le savons, elle s'effectue particulièrement dans les cellules chlorophylliennes. On a donc là, comme le dit justement Sachs, le lieu, les conditions et le tenais de cette désoiygénation (1),
C'est, en effet, dans les cellules chlorophylliennes, que s'accomplit surtout l'assimilation ou plutôt la vitalisatioo des diverses substances introduites dans la plante. C'est vers ce laboratoire vivant et actif, qu'elles convergent ; c'est là qu'elles entrent en conflit les unes avec les autres. La cellule chlorophyllienne est un puissant appareil de synthèse, effectuant des combinaisons organiques, qui détient encore le pouvoir de la chimie contemporaine. Les molécules d'azote, de carbone, d'oxygène, d'hydrogène, etc., pénètrent dans la cavité cellulaire, les unes libres, les autres engagées dans des combinaisons plus ou moins complexes. Là elles sont brassées ensemble, entraînées dans le courant circulaire du protoplasme cellulaire, soumises aux attractions exercées sur elles par la chlorophylle, et, d'autre part, ébranlées par les ondulations des rayons jaunes de la lumière solaire, qui ajoutent leur impulsion aux vibrations dont elles sont déjà animées. Les atomes et les molécules cèdent à ces influences réuaies : celles
(1) J. SaciiB. toc. cil., p. 8Î1.
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de ces particules i}ui saut eagagées dans des comblnaisons, les abandoonent, reftrenaeat leur liberté* et tantes s'uaieeeat fMur former d«s soliBt&iices oi^aniques vÎTantes, des substances ternaires et quaternaires.
Noos avons déjà dit queltptes mots de l'apparitioD de l'une de ces substances, d'une des plus importâmes dans la physiologie végétaie, de L'amidoik L'amidon fe forsae surtoat dans iés cellules vertes, et même dans l'iatérieur descorpschlorophjlli^s. Nous avons Tuqse sa formation est directement sous la dépendaiwe dn lonctioiutenaeat cbimique de la cbloropbylle, par conséquent de la lumiN«. Il apparaît sous l'inSueucG de la lumière et se redissout sans elle. Nous prenons là en qwlqae sorte la synthèse chimique sur le fait.
Sûrement les substances protétques se forment a«ssi dans la cellule chlorophyllieDne. Sans doute id le pbénomËne est moins évid^it; nuis nous savons qae U sève arrive aux feailles k l'état de fluide encore peu chargé, et qu'elle en sort à l'état de liquide vivant, assimilable et organisable, à l'état de Dutrimeut et de blastème.
Nous avons dit tout i, l'heure que la synthèse «àimique, opérée par la cellule à chlorophylle, avait vnaîsemblabl^Q^t pour résultat une soustraction, un â%a~ gement d'oxygène; mais il est des composés organiques qui résolteut au contraire d'une suroiydatioa ; ce sont les acides végétaux. Lear mtdécule renferme [dus d'oKjg^w et d'hydrogèna qu'il n'en fiut pour former de l'eau. L'acide oi&lique, un des {dus frétpieiits, c(»lient tro» atomes d'oxygène pour deux de carbone (C*0*]. Dans les lalKtratoires, on l'obiient en oxydant du sacre et de la fécule par l'acide azotique. Dans le végétal, il est probaUement produit par une action directe de l'oxygène sur les mêmes substances. L'acide oxalique, en effet, ûnâ que les
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acidâf temures, aeéti^pie, citnqiie, aulique, etc., se se forait pas dans le laboraltiire synthétique des cellules chloro^yllienBes, mais dans les parties non vertes ea tgù sont 4 l'abri de k limiëre.
Les substances organiques v^^étalessont oatcrelleHieBt sujettes à un haiU àegté, comme tous les agrégats de ce genre, à l'isomériarae et à l'iBstabilUé ; aussi subissent» eiles souvest des métamoi^boses cUirant le cours du travail nutritif. Leurs mutatioas moIé(»iIaires se succèdent et s'engendrent.
Les spores, graines, bulbes, tubercules, rhizomes, les fiGusses vivHces des pUntes ligneuses 9ont de vrais réservoirs nutritifs, où la sève organisée dépose des substances (H-g^i)}iie3, utilisables phis tard, soit pour la germioation, soit poflr la nutrition, quand reparais le flot de la sève lymphatique du printemps. Ces substances sont alors entraînées, et fournissent des matériaui: auK développements des bourgeons foliaax et floraux, à la Tiutrition des tissas, qui ne powraient s'alimenter «Heurs, tant que la frondaison n'existe pas encore; mais, avant d'Être «ntraloéee et utilisées, ces substances ta réserve sabassent souvent des métamorphoses.
La fécule, déposée durant l'automne dans le corps ligneui des arbres, se tran^iffine au printemps suivant en sucre, qui, dans certaines plantes, i>ar eiemple dans l'érable, charge abondamm^t la sève asoendaste. Mti. Paye» et Person ont montré qu'il se prodosisEàt f Abord une matière appelée par eux éiastate. Cette auctiàre a la propriété de rendre la fécule soluble, en la transformant d'abord en deulrine, puis en su(a-e. Elle produit à fortes petites ioses ofltte modijtottk>n isomériqae ; car elle est capable de rendre «duble cinq mille fois son poids et fécale.
QsaBt sax si^statices albumiooiides en réserve dans
l'attente de la sève printaniëre, connue l'amidon, le sucre, l'innline, la graisse, certaines d'entre elles, n'ayant rien perdu de leur solubilité, sont simplenient reprises, entraînées et finalement assimilées. D'autres subissent aussi leurs modiQcatioas isomériques, spécialement diins la germination. Ainsi, durant la germination des légumincusw, la caséine se métamorphose en albumine dans les cotylédons. Dans les graminées, le gluten de l'endosperme, qui est insoluble dans l'eau, se dissout pendant la germination et est charrié dans la plantule. L'oxydation éner^que, qui accompagne toujours la germination, détermine aussi la formation de substances régressives, par exemple de l'asparagine, qui peut-être est réi^imilée plus tard.
Une certaine portion des hydrates carbonés est aussi totalement brûlée, convertie en eau et en acide carbonique par l'oxydation vitale. Ces hydrates se brûlent dans ce cas, soit dans les éléments anatomiques, soit dans l;i sève du végétal, comme ils le font dans le sang de l'animal, prouvant une fois de plus qu'il n'y a pas d'antagonisme entre le monde végétal et le monde animal, et qu'au fond les phénomènes primordiaux de la vie sont identiques dans les deux règnes.
Comme le dit fort bleu Cl Bernard, si l'animal mange le sucre accumulé dans la betterave, cela ne prouve nullement que ce sucre était fait pour lui. 11 était au contraire destiné (si l'on peut employer ce mot, quand il s'agit de l'aveugle linalité organique), il était destiné à Être brûlé par la betterave elle-même durant la seconde année de la végétation, alors que se développent la floraison et la fructification.
Quoi qu'il en soit, les substances nutritives, une fois suffisamment élaborées, sont assimilées, c'est-à-dire que leurs molécules vont s'intercaler entre les molécules organiques déjà formées, soit pour remplacer celles de ces
ASSIMILATION ET DÉSASSIMILATION VÉGÉTALES. 133 molécules qui ont été détruites, soit pour amener le grossissement de la cellule; d'autres s'organisent spontanément dans les hlastÈmes.
On peut faire quelques coujectures vraisemblables sur l'emploi spécial des diverses catégories de substances organiques. II est probable que les hjdrales de carbone et les corps gras se transforment surtout en membranes cellulaires, ces membranes élant principalement constituées par de la cellulose, dont la molécule est presque identique à celle des amidons, des sucres, des graisses. De là viennent aussi sans doute les acides végétaux, le tannin, les matières colorantes.
Les substances protéiques sont vraisemblablement employées à la formation des utrîcules azotés internes, inclus dans les cellules, à celle du protoplasme cellulaire et des grains chloropbylliens.
Elles fournissent encore, mais par oxydation incomplète, par dégradation, l'asparagine, dont nous avons parlé, et sans doute tes alcaloïdes végétaux (quinine, morphine, strychnine, etc.), substances quaternaires, mais point protéiques, el dont la molécule très-complexe, très-riche en carbone, assez riche en hydrogène, contient encore une notable proportion d'oxygène et fort peu d'azote.