CHAPITRE IV
DS LÀ HDTRITlOn AHIHALX
Après ce qni a ëtë dit précédeminent, de la constitution anatomiqae et chimique des animaux et des plantes, de la nutrition en général et de la nutrition des végétaux, il sera possible d'abréger beaucoup l'exposition générale des phénomènes de la nutrition chez les animanx. En effet, si l'on ramène la nutrition à ses actes fondamentaux, c'est-à-dire à l'assimilation et à la désassimilation au sein d'une manière vivante, amorphe ou figurée, les phénomènes principaux sont sensiblement semblables dans les deux règnes, et rnSme, si Ton envisage seulement certains organismes animaux rudimentaires , par exemple la grégarine, on peut dire qu'il y a identité de procédé, non pas, certes, avec ce qui se passe chez les végétaux supérieurs, où il existe déjà un haut degré de différenciation de tissu et de division du travail, mais avec le mode nntritif des végétaux purement cellulaires. C'est qu'en effet la dissembl^ce entre les végétaux et les animaux s'amoindrit d'autant plus que l'on compare des types inférieurs de l'un et de l'autre règne.
A vrai dire, ce serait aux champignons qu'il faudrait plutAt comparer la grégarine, animal parasite, sans aucune différenciation organique. En effet, comme les champignons vivent en assimilant les produits de la décomposition des oi^nismes, et semblent impuissants à effectuer les synthèses chimiques dont les végétaux complets sont les agents, de même la grégarine absorbe et assimile directement dans les intestins des articulés et des vers, où elle vit des substances oi^aniques complexes
qu'elle sérail incapable de TorniBr, La mSme remarque générale pourrait s'appliquer à nombre d'infusoires, aux
Noua aurons plus lard à décrire les principaux modes de différenciation |^ysioloj(ique et anatomique, à l'aide desquelles organismes animaux complexes préparent la T<oia à )« nutritèOn intime et nous ks verrons s'effectuer ^dueUemeat, se compliquer de plus en plus à mesure ^'on s'élève dans bi série animale. Quant à présent, nous n'avons à cofiadéper que les jibénoiD^es nutritifs géuémx ; ks priucipBux éëhuiges de matière, qui s' accomplisseat entre le cotps d'un wûmal complexe et le moiid« extériMr.
Dans un tel ot^auisme, il n'y « plus échange direct entre les éléments aiMtomiques et le milieu ambiant ; des liquides iuteroiédiaires, que l'on peut ccHDparer k la sève élaborée des végtoux si^rieurs. sont cliargés de recevoir les nutciments tout préférés à l'assimilatioD, de les porter, de les offrir en qu^ue sorte aux éiémeuts awUomiques i oeoKi, eu vertu de leur cou^itntion intime, 4e leurs affilâtes, puisent dans ces miteux intéfieurs «t vivants les substances qui leur agréent et y rejettent celles de leurs molécules qû sont altérées par le ieni de la vie.
Nous avons déjk dit quelle est la composition de ces milieux vivants appelés plasmas et blastèmes. Nous savons fu'ou y trouve des principes imntédlats des trois ordres, SKbstaooes minérales, matières ternaires amyloïdes, suaves, grasses, enGn et surtout des substances protëiques, ou albuminoides. Naturellement l«s divers composés chimiques des liquides vivants sont d'autant plus nombreux, d'auiant plus variés que l'animal est plus complexe, pUis âiS6r«Dcié, puisf ue dans tout organisme chaque «sfèce d'^l^œnt auatc^iqM a ses préférences alimentaires spécule». Aus^, tandis que chez les végétaux suitérieufs
DE LA MtlfMnON AMMALE. lU
OH « Aes produUs âe déMSwnikUiM peu vart^ eonme l'a^aragiae et peut-être «judques acides végéltiu, «a ivit' cfaee les aolmaux scfërÎMirs les stoles nbeunoes pr*téiqu«8 (ourairi qaottà les éMneats «fi&loia»iues ka njettent «près les atoït oiydéea, de l'urée, 4es unies, 4» la créalins, de le créatiitiM, de l'acHte iiMsique, «tosûmsales, etc.
Un ^t trës-génêMl et trèa-icipertaitf à ^rwler, c'es< que tous les organismes vraimest aainiMx oe stnrueat vivre sans absorber constamment des substances orfa^ Qî^ues «otaplAxefl, et •lu'ils sont im^tasanls à ie.% créer eui-mènes, du moins en suffisait «(iicntité, aaxai'ipeiM dm moadei minéral, d'«A la nécessité pour eax de les c»prunter soit à d'aulres animaux, aoit à des ré^étaal. -
Le sang des aaimaux sajpéiMurs est le grand muché ok les éltetraita oDatomiquea s'appreviSMMocBt des màstaaoes ^«i leur sont aécessaires et se éélmt*sM«t de oelies qui les gèn^iL Par suite de son rôle i^m le moHTement vital, le sang «si lut-mème nécesswreiaeat soaitiis à un ^i^tuel troc deaulénaui. Il douie «t^oad d'un part aux éléments an atomiques, d'autre part an ntliM ambiant. U emprunte k l'air extérieur de l'oxygène par l'intermédiaire des organes respiratoires; il reçoit des organes digestirs des pnncipes immédiats, des nu triraents réparateurs, liquéfiés ou dissous. Enfin la totalité de la lymphe, quand elle existe, se déverse incessamment dans le sang. D'autre part, les tissus lui abandonnent les résidus dissous ou liquides de la combustion vitale.
Les dépenses du sang balancent ses acquisitions. Il exhale, par les poumons et la peau, de l'eau, de l'acide carbonique, de l'azote ; ii expulse, par diverses voies spéciales, de l'eau, des substances organiques complexes. De ces dernières la plupart sont purement régressives et destinéesàétre rejetées dans le monde minéral ; les autres sont
tu LIVRE II. cHAPtnte ir.
modifiées par des oignes sécréteurs spécianx et devîen- Dent aptes à joner nu rAle pins on moins important dans diverses fonctions physiologiques. Enfin, d'autre part, le sang cËde aux éiëmenta anatomigues les trois ordres de pnncipes immédiats indispensables h. leur conservation, ï'oxygfene qui les brûle et les vivifie, l'eau qui les imbibe, divers sels minéraux, des substances ternaires hydrocarbonées, les matières protéiques nenvw, qui, dans chaque élément anatomiqne, remplacent, molécule i. molécule, les matériaux usés.
Ce double mouvement d'acquisition et de dépense est ùmoltané dans le sang, comme le double mouvement d'assimilation et de désassimilation est simultané dans les éléments anatomiques.
AprËs cette esquisse générale du va-et-vient nutritif ■ chez l'animal complexe, nous pouvons maintenant noue occuper de chacun des trois groupes de principes immédiats qui entrent dans la composition du corps de tout animal et indiquer à grands traits sous quelle forme ils pénètrent dans l'organisme et sous quelle forme ultime ils en sortent.