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CHAPITRE V

DE l'assimilation CHEZ LES ÂtlllUCX I. Prineipet minéraux.

Les principes minéraux qui s'introduisent incessamment dans les organismes animaux, sont les gaz de l'air, de l'eau en grande quantité et des com^tosés solides dissous, dont les principaux sont le phosphate de chaux, le phosphate de magnésie, le bicarbonate de chaux, le fluorure de calcium, l'acide silicique, le chlorure de sodium, le carbonate de soude, les phosphates alcalins, l'oxyde de fer, etc. Les deux principaux gaz de l'air pénfetrent directement à travers la surface limitante de l'anlmiil chez les oi^anismes très-inférieurs. Chez les autres, il existe des appareils variés suivant les. espèces et les milieux, mais dont le rôle se borne, en dernière analyse, à mettre l'air extérieur en contact avec le sang noir ou veineux, sans autre barrière qu'une très-mince membrane organique, c'est-à-dire à réaliser dans une partie spéciale de l'organisme les conditions d'absorption osmotique qui existent sur toute la surface du corps des animaux inférieurs.

Des deux principaux gaz du sang, l'un, l'azote, est absorbé en moindre quantité et il semble n'exercer normalement aucun rôle dans l'économie animale. 11 est rejeté comme il avait été pris et par ks mêmes voies. Poui^ tant, dans l'état d'inanition, l'animal en fixe une partie dans ses tissus. Vraisemblablement il y a alors une synthèse directe. En revanche, quand l'animal jouit d'une alimentation azotée- abondante, il rejette tout l'azote

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aérien et en plus une certaine portioa en excès provenant de la réduction des aliments [!}.

L'oxygène a, dans le jeu des fonctions physiologiques, un bien autre rôle à remplir. Il pénètre dans le sang, est charrié par lui au contact des tissus, qui s'en imprègnent et brûlent, grâce à son concours, les principes immédiats qui les constituent, spécialement les substances organiques complexes. Enfm les éléments anatomiques restituent en retour au miheu sanguin un volume égal d'acide carbonique, dont une grande partie est exhalée sm-tout par les surfaces respiratoires, dont une petite partie Torme des carbonates alcalins, en se combinant avec les bases existant préalablement dans les tissus.

Cette oxydation des éléments anatomiques est un des phénomènes primordiaux de la vie. BQe doit s'accomplir, sous peine de mort, dans toute substance vivante, figurée ou amorphe, végétale ou animale. C'est nn phénomène biologique fondamental, et toutes les réactions de la chimie vivante en dépendent. Sans son intervention, il n'est pins dans toute substanceorganiséeniassimilationnidésassimilation, et les éléments anatomiques deviennent incapables d'exercer leurs fonctions spéciales ; la cellule chlorophyllienne cesse alors sa synthèse chimique, la fibre musculaire animale ne se contracte plus, la cellule nerveuse ne peut plus sentir, vonloir et penser; il n'y a plus ni entretien, ni développement, ni génération des éléments anatomiques.

Chez les animaux invertébrés, dont le sang ne contient pas de globules, c'est le plasma sanguin lui-mfime qiii charrie au sein des tissus l'oxygène en dissolution. Chez la presque totalité des vertébrés, au contraire, cet office est principalement dévolu aux globales ronges sanguins,

11) Ch. Robin, Dea humturs.

DE L'AS&lHILAriOn CHEZ LES ANIUAL'X. ifT

comme neus l'aTons déjà indiqaé. La substance de eea globules, qui a pour l'oxygène une très-grande affinité, s'en imbibe, en fixe plusieurs volumes et devient vermeille. L'oxygfene ainsi entraîné avec les globules est porté jusque dans les plus fines ramifications capillaires du système circnlatoire. Là le globale, rencontrant des flots d'adide carbonique, résidu expulsé de l'oxydation des éléments anatomiques, troque contre cet acide son otygène, avec lequel il n'avait formé qu'une combinaison instable. L'oiygfene ainsi cédé va, par endosmose, revivifier les tissus, tandis que l'acide carbonique, entraîné à son tour par les globules, auxquels il a donné une teinte ronge sombre, est échangé par eux pour une nouvelle provision d'oxygène, dans les vaisseaux capillaires des organes sp^iaux dits reipiratoirei. La respiration des animaux les pins complexes se résume donc en une série d'actes assez simples : absorption par les globules rouges d'oxygène, aérien, cession de cet oxygène aux éléments anatomiques en échange d'un résidu d'acide carbonique, enfin troc de cet acide carbonique contre une nouvelle provision d'oxygène aérien. C'est un circnlus incessant, qui ne s'arrête qu'à la mort.

La presque totalité de l'eau contenue en si grande proportion dans l'organisme animal y pénètre dn dehors soit par la surface générale du corps chez les organismes inféiieurs, soit par celle des oignes dits digestif» chez les animaux complexes. Pourtant il est vraisemblable qu'une notable quantité d'eau se forme au sein même des tissus vivants par l'oxydation complète de certaines matières ternaires bydrocarbonées. L'eau charrie en outre avec elle dans l'économie d'importantes quantités de sels calcaires, alcalins, ferrugineux, et aussi une certaine quantité d'air qu'elle tient en dissolution. Bouseingault a constaté que, chez une vache laitière, la quantité des

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substances minérales prises chaque jour à l'abreuvoir

s'élevait à 50 grammes.

En poids, l'eau forme la majeure partie de tout organisme animal, de tout plasma, de tûut élément anatomique. Les substances albuminoïdes en fixent une notable quantité comme eau de constitution, une autre portion comme eau d'imbibition. L'eau ne semble pas ètredirectement décomposée chez les animaux et sonrAle est surtout mécanique,niaisîln'en est pas moins important. C'est elle qui fournit aux principes immédiats le milieu fluide, indispensable aux échanges nutritifs ; c'est elle qui maintient dans les tissus tes mêmes principes à l'état de solution, d'émulsion, en un mot de division moléculaire convenable, pour que les réactions chimiques indispensables h la vie puissent s'accomplir. Privées de leur eau, les substances vivantes perdent leur mobilité, leur instabilité, elles deviennent en'quelque sorte minérales. On sait que certains infusoires rotifères, tardignides et anguillules perdent ou recouvrent leurs fonctions physiologiques suivant qu'on les dessèche ou les imbibe (1).

L'eau sort de l'économie par diverses voies. Elle est exhalée par les surfaces externes, cutanées ou muqueuses, directement en contact avec le milieu extérieur, soit à l'état de vapeur, soit à l'état liquide. Mais, chez les animaux complexes, c'est surtout par certains oi^anes sécréteurs ou excréteursj notamment par les glandes rénales et sudoriflques, que l'eau des organismes s'échappe et rentre dans le monde minéral.

Quantité de sels, d'oxydes, etc., minéraux pénètrent dans l'économie soit avec l'eau, soit avec les aliments, quels qu'ils soient. Les principaux sont des phosphates de chaux, de magnésie, de soude, de potasse, des sulfates et car-

(1) J. Gavuret, NoumUei Expdrkncet )ur Us rôti fera {Journal du frogrèi, t. IV, p. «1; t. V, p. 1).

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