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III. Subilaneei albumintttdei

Se forme-t-il de toutes pièces, par synthèse chimique, dans réconomie, des substances protéiques? Cela est possible, mais d'ailleurs insuffisamment prouvé. Le plus vraisemblable est que les substances albuminoldes des éléments anatomiques proviennent, au moyen d'élaborations et de modiûcations isomériques multiples, des composés de même genre existant dans les aliments. Ces substances, les animaux inférieurs, sans systèmes anatomiques différenciés, les absorbent directement dans le milieu ambiant, les autres espèces animales les trouvent toutes préparées dans d'autres organismes. Suivant une formule générale, qui a cours depuis longtemps, c'est le règne végétal qui est le pourvoyeur obligé du règne animal. Nous avons vu que cette formule, vraie pour la très-grande majorité des animaux terrestres, souffre vraisemblablement une lai^ exception pour la faune marine.

Mais, en définitive, que l'origine première des substances organiques soit végétale ou animale, il n'en est pas moins vrai que l'animal quelque peu complexe a besoin d'emprunter à d'autres organismes les aliments non minéraux, sans lesquels il ne saurait vivre. Si, comme nous venons de le voir, on peut dans une certaine mesure contester le . fait pour les composés amyloïdes et sucrés, on ne le peut plus pour les plus importants matériaux des êtres vivants, pous les substances protéiques.

L'animal n'absorbe point et n'assimile pas non plus directement ces substances ; il faut, avant d'Être absorbées, qu'elles aient subi d'importantes modifications isomériques dues, chez l'animal supérieur, à l'action d'agents fermentescibles appelés pepsine, pancréaline, etc., qui sont

(H LIVEE 11. CHAPITRE V.

sécrétés par certaines poriions de l'appareil digestif. Sons l'influence de ces agents, les corps albuminoïdes végétaux et animaux subissent une transformation isomériqiie . Tous deviennent solubles et incoagiilables par la ebaleur; oe sont alors des peittànei, et c'est sous cette forme ^s'ils passeot dans la circulation. Chez les vertébrés, ce sont les capillaires intestinaiu et par suite les veines intestinales, qui sont la voie principale de l'abstH'ption des allMi- BÛurïdes. Une fois duts le sang, ces substances passent de l'état de peptones eu d'albitraiBose à|c£liii d'albumine, de plasmine ou de matière ribiinogèoe. Cette élabiMution compliquée est nécessaire : ainsi une solution d'albumiae d'œuf injectée dans les poumons, dans les séreuses, dans le tissu cellulaire d'nn animal, dans une de ses veines, n'est peint aBBinilée et passe intacte dans l'urine (1).

Lespeptooes n'étaieBt pas coagolalries par la chaleur, mas les priaidpes azotés qui en dérivectet qui ont achevé de se former dass le sang sont redeveuus coagnlables. Absorbés électivemeot par h-.s éléments anatomiques, ils s'y incorporent molécule h molécule après avoir subi une modiScation isoœérique dernière. En effet, justifiant le nom àepretéigun qu'on leur adon né, ils deviennent, en fin ■de «ampte, de l'hémoglobine, de la kératine, de la sjal»~ nine, de l'osséne, t&c. , tontes substances ayant une composition dùnique imalc^e à celles d'od elles provienoent, mais étant douées de propriétés fort différentes.

Mais les subetences albuminûdes ne pénètrent pas sesles dau la tiaLiiie des tiâens vivants. Elles entrataesit avec elles noadre de matières Tninémles, vis'à-vis descella elles jouent le rôle de dissolvants, par exemple des s^ cklodres, de h silioe, etc. (3).

(1) Cl. Bernard, Progrès tt Marche de la physiologie générale m Trana, p. 197.

tS] Ch. RAiD, I«paM mr tot Atmnira, p. 1«S, 164.

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DE L'ASSUULATIOH CH£Z LBS ANIMADX. IKi

Lee peptOBes, qui ont la même propriété, s'ÎBcarpu'eat en quelque sorte certaines eubstaooes dissoutes. En eSèt, tligéfées artiOciellemeiit et mâlées aJors à beaucoup de suure, elles n'offrent néanmoins aucune réactioa ei au les traite avec le réactif de Trommer (1).

Les matières azotées complexes asEimilées. par les tissus ne sont pas les seules que fournisse le snug. D'antres substances azotées sont fabriquées aux dépens des principes coagulables du sang, par des organes sécréteurs spéciaux appelés glandes. Ces substances sont destinées k être les agents spécialement actifs, l'ânic de divers liquides sur lesquels nous aurons à revenir. Citons, comme spécimens, les ferments digestifs, pepsine et pancrêaline, dont nous avons parlé tout à l'tieure.

On voit, d'après ce qui précède, combien il est difficile de faire le bilan delà nutrition d'un animal. Les substances alimentaires ne sont, en efTet, utilisées qu'après avoir subi une série d'élaboratioos, de métamorphoses, et, comme nous allons le voir, avant d'âtre éliminées, elles sont encore remaniées à nouveau. Car l'élément anatoraique n'est point un élément passif, se laissant imbiber comme un filtre : c'est un agent vivant, doté de besoins spéciaux, qu'il satisfait, sous peine de mort, en choisissant parmi les matériaux eu contact avec lui, en formant parfois de toutes pièces les substances indispensables h sa nutrition, puis en les décomposant et les rejetant ensuite; c'est à la fois un agent de synthèse et lin agent de réduction chimique.

C'est surtout dans le noyau de l'élément anatomique que semble résider sa puissance d'attraction et de répulsion chimiques. Dans la cellule glycogéniqae , selon Cl. Bernard, le sucre s'accumule seulement tant qoe le

(1) M. Schiir, Digtition, t. II, p. Kk.

noyau persiste, et dans les fibres musculaires, le iiovau

persisterait comme régulateur de la nutrition.

Au contraire, la dégénérescence et la mort de l'élément seraient la conséquence de la disparition du noyau (1).

(1) Cl. Beroard, Progrit tt Marine d* la phgsiidogie, etc., p. 99.

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