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CHAPITRE VI

DE LA OÉSASSIMIUTION CHEZ LES ANIUAVX

Uns fois les nutriments élaborés et assimilés, la premiëre moitié du mouvement nutritif est accomplie; mais, dans la substance vivante, il n'y a jamais de repos, et ces mêmes matériaux, employés jusqu'alors à un travail de réparation, de reconEtructiou, s'usent h leur tour ; à leur tour ils deviennent impropres à figurer dans un tissu vivant et sont éliminés sous diverses formes.

Les substances expulsées, de la machine animale, les éléments de régression, se peuvent diviser en trois grandes catégories : 1° des substances minéiales; 2° des subtances mixtes, tout à fait minérales par leurs propriétés, mais ne se formantpas spontanément en dehors des organismes animaux; S'enlin des composés azotéscompleies, mais c ri stalli sables. Pas de substances vraiment protéiques. Ces dernières ne sont pas normalement expulsées des organismes animaux.

Les substances minérales sont ou gazeuses, ou liquides, ou solides en dissolution. Les gaz sont, chez la presque totalité des animaux, de l'azote, de l'oxygène, de l'acide carbonique. L'azote provient, pour une faible partie, de la combustion complète d'une portion des substances azotées, et, pour la plus grande part, c'est simplement de l'azote aérien, qui, après avoir pénétré dans les tissus, en est expulsé, sans y avoir joué aucun rôle appréciable. Mais les expériences de M. Regnault ont montré que, même à l'état de repos complet, les animaux exhalent, surtout quand ils ont une nourriture richement azotée, nne faible proportion d'azote, résidu de la combustion

complète d'une faible quantilé de maliëres albumi-

noldçs (!}.

L'oxygène exhalé provient asng d»ate ausà de l'air extérieur. C'est un excédant qui n'a pu être utilisé. Jusqu'ici, du moins, ou n'a pas constaté que les réactions chimiques de la nutrition missent en liberté du gaz oxygène.

Quant à l'acide cariionique, exhqlé en abondance par la surface générale du corps des animaux, et surtout par leurs organ«9 respiratoires, il provient presque en totalité de la combnstion lente, de l'oxydation des tissus. On peut, en effet, dans le bilan nntritif animal, ne pas tenir compte de la faible proportion d'acide carbonique contena dans l'atmosphère. L'acide jiarboniqne exhalé par l'animal est an vrai priacipe de dësassimilation ; formé dane la substance même des éléments anatomiques, il est d'abord chassé dans le torrent circulatoire chea les animanx sangnifères, pour Être enfin rendu an milieu aérien. Le mode intime de formation de l'acide carbonique est loin d'ailleurs d'être encore bien connu. Ainsi la quantité d'acide carbonique exhalé par les poumons ne correspond pas exactement à la quantité d'oxygène absorbé. Il semble donc qu'on n'ait pas là affaire amplement à une combustion (3). On a pu comparer, dans les divers tissus et organes, la puissance de la formation d'acide carbonique, c'est-à-dire évaluer, dans une certaine mesure, l'énei^e relative de l'oxydation chez les animaux supérieurs. Les parenchymes de certaines glandes fort actives, comme le fme et les reins, donnent une focte proportion d'aeide carbonique. Le tissu musculaire en fournit moins et le tissu nerveux moins encore.

(1) J. GaTarret, Dti fh^aomèjira phyaiqiuade la vie, p. 177, 178. H] CI. Bernard, Progril el Marche de la physiologie géniraie m FratKe, p, 191,

DE LA D£SASS1HI1.ATHH!( CHEZ tES ANIMAUX. 1S9 Ce n'eat pornt dans le Bsng que se produit la presque totalité de l'ieide carlxmiqBe extialé, c'est dans les élé^' ments tiJstologiques enx-mëmes ; ausEÏ trouve-t-on que le sang a toujours une .température moias élevée que les tissus d'où il provient.

Comme substance minérale et liquide exhalée, nons avons à mentionner l'ean, excrétée surtout par la peau et par les reins à l'état liquide, par les organes respiratoires h l'état de vapeur. Notons, eu passaot, que cette vapeur pulmonaire est chargée de particules aaotées puirescible». Mais Teau à l'état liquide n'est pas excrétée seule; elle entraîne quantité de substances minérales, la plupart salines, quelques-unes acides. Les s^ ea ^sslutioQ dans l'eau sont des carbonates, des sulfates, des phos-^ phates, etc., dout certains n'ont fait qne trarerser l'organisme, pour en sortir comme ils y étaient entrés; dont □ne partie pourtant s'est directement forraée dans l'organisme. L'acide carbonique, par exemple, si abondant dans les solides et les liquides vivants, peut s'y unir aux hases qu'il y rencontre. D'autre part, il est vraisemblable que la combustion des matières protéiques dans la nulr»tion.donne lien à la formation d'acides sulfurique etphospfaorique, qui, de leur côté, se combinent aussi aux bases, soit directement, soit en déplaçant des acides plus faibles. II est certain, en effet, que ces sels se rencontrent toujours dans les cendres des matières protéiques brûlées directement. Enfin on a constaté que touttravail intellectuel soatenu, chez l'homme, correspondait i une abondante excrétion de phosphates par les reins, et l'on sait que le tissu oerveui est fort riche en phosphore (1 ). Aux acides minéraux il faut ajouter des acides or-

(1) Byasson, Essai sur le rapport qui existe, à l'état phyiiologique, mtre l'aclivilé cérébrale et la composition des urina. Thèses de la Paenlté de médecine de Paris, 186S, n" 163,

gaiiiques; les uns, non azotés, comme l'acide lactique (C*H'0',HO), résultent probablement^de l'oxydation ou du dédoublement des hydrocarbures des graisses; d'autres sont azotés et proviennent de l'osydalion des mati&res protéiques. Ces acides, qui sont h. formule fixe, comme les acides minéraux, ne se forment que dans les tissus des animaux, et, une fois constitués, ils eb comportent eiactement comme les acides minéraux ordinaires et s'unissent aox bases pour former des gels, qui sont aussi expulsés par les voies ordinaires. Les principaux de ces acides organiques azotés sont l'acide urique (CH'Az'O*) , trèsabondant chez l'homme, les mammifères carnivores, les oiseaux, les reptiles, et l'acide hippurique [C"H'0'Az,HO), qui se rencontre surtout chez les mammifères herbivores.

C'est dans les éléments anatomiques eux-mêmes que se produisent les urates, et c'est de là qu'ils passent ensuite dans le sang. Ils se créent particulièrement dans les tissns fibreux et musculaires. La formation d'acide urique ' semble répondre à une oxydation incomplète, imparfaite des tissus, du moins chez l'homme, et pourtant on trouve cet acide en énorme quantité dans l'urine des oiseaux, dont la respiration est extrêmement active : fait paradoxal, comme il en est beaucoup en biologie, et prouvant bien qu'il reste encore beaucoup à faire aux physiologistes.

Il faut mettre sur le même plan que l'acide urique une substance plus importante encore, l'urée (C'Az'H'O'), provenant, comme l'acide urique, de l'oxydation des substances albuminoïdes, mais d'une oxydation plus profonde et plus complète. On doit bien se garder de considérer l'urée comme un résidu alimentaire : cette substance se forme incessamment, régulièrement, et provient de la désassimilation des éléments analomiques eux-mêmes. Elle se produit même dans l'abstinence, puisque Lassaîgne

DE LA DESASSIH1UTI0N CHEZ LES ANIMAUX. l«f

en a trouvé dans l'urine d'un supplicié mort après diihnit jours d'abstinence absolue, et elle existe aussi dans l'arlne des nouveau-nés. Comme elle se forme constamment, on la rencontre constamment aussi dans le sang, qai la reprend aux tissus.

L'urée et les urales ne sont pas les seuls produits de la dësassimilation moléculaire des éléments anatomiques. Il est toute une série de composés analogues ; car chaque espèce d'élément anatomique, ayant sa composition propre, assimile et dêsassimile des substances particulières. Les principales substances azotées quaternaires provenant de la désassimilalion protéique sont la créatine, la créatioine, la leucine, l'acide inosique, les înosates. Toutes ces substances sont cristallisoLles. Elles sont produites plus spécialement par tel ou tel tissu. Ainsi la créatine semble èlre presque exclusivement un produit de la désassimilation de la substance musculaire. La leucine se trouve plutAt dans le tissu des glandes avec ou sans canal excréteur, dans les ganglion^ lymphatiques et aussi daus la substance grise du cerveau (1).

L'oxygëne est bien certainement l'agent déterminant de la composition de tous ces corps régressifs. Pourtant, selon M. Robin, il n'y aurait pas oxydation simple, mais oxydation avec dédoublement , et souvent dédoublement simple, catalyse dédoublante, suivant l'expression technique. Il faudrait même établir, sous ce rapport, entre l'assimilation et la désassimilation , une sorte d'antagonisme. L'une s'opérerait surtout par catalyse métamorphosante et l'autre ^bt catalyse dédoublante. Ce sont là des données qu'il est prudent de n'admettre encore que sous bénéûce d'inventaire. On peut en effet, dans une certaine mesure, noter an passage les substances qui entrent dans

{1} Gb. Robin, foc. cit., p,6

Mc UTBE u. csAnns vi.

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