‹ La biologieChapitre 47 sur 136 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vm

DES AGENTS HODIFlCATEUaS DE LA HUTaiTlOIl

Diverses influences modifient le mouvement nutritif en plus ou en moins, en mieux ou en pire. Ces influences résident soit dans l'organisme lui-même, soit en dehors de lui.

A. On pourmt dire que la nutrition est le but de la vie, si la vie avait un but ; mais elle n'en a aucun, puisqu'elle est simplement la résultante d'un concours fortuit de faits cosmiques, géologiques, climatêrique;, même orologiques. Elle n'a pas toujours existé à la surface de notre petite planète. Elle s'y éteindra un joiir. Mais, si l'on ne peut dire que la nutrition soit le but de lavie, on est tout à fait fondé à dire qu'elle en est la base. Un organisme donné dure, prospfere, se développe et. se reproduit d'autant plus sûrement qu'il se nourrit mieux, et il se nourrit' d'autant mieux qu'il est mieux organisé, c'est-à-dire en plus complète harmonie avec le milieu extérieur. Aussi, comme nous le verrons ci-après, les divers systèmes organiques de tout animal complexe sont ordonnés par rapport à la nutrition. Le fonctionnement spécial de cbacun d'eux a pour résultat de rendre la nutrition possible et facile. Il y a là toute une série d'barmonies organiques, que nous aurons plus tard à exposer. Nous verrons qu'il est des systèmes d'organes cbar^és les uns de rendre les aliments absorbables, les autres de convoyer les substances nutritives jusqu'aux tissus, tandis que certains autres ont pour fonction de ventiler en quelque sorte les éléments anatomiques, de leur fournir de l'oxygène, de les débarrasser de leur acide carbonique. A d'au-

tîooglc

174 UVRE U. CHAPITRE Vllt.

très enfin est dévolue la charge de débarrasser rorganisme animal des résidus noD Tolalils de la dénutrition, etc.

Mais, pour bien fura coillpreiidr& le jeu, l'utilité de ces divers roaagGsorgaDÎque8,leuriiiQuence sur la nutrition, il est aa prfe&lable bes^n de ks décriic, ce qui viendra en son lieu. Nous voulons seulement signaler ici, en paasiat, quelques fuite intéreseaste, relatifs à llnûuence des Mift, da ETatème nerveoz sur la nutrition ; car us faite trouveraient dinkitement place ailleurs.

n est sûr que la nutrition est, dans une certaine menin, iadé^ndanle do système nerveux. En efiTet, on k voit s'opérs" ti^bi«idiez le végétal, chei les animaai iniériMirs dépoDrms de systËme nervuix, chez l'embrun ^ n'en a point eacure.

Le professeur &^iff a vu l'abaorption se &ire par la moqueuse stomacale, après la section de la {«eeqiie toU- Ulé des neift qu se rendait à l'estsmac (I ) {plexus so- Iwe détruit, aetsUaa <fai Qlets du pneumo gastnque ac- ODléi ï rcesopliage).

(^asde Bonard a vu, de son cAtê, que la sectioa des BeHis de l'aile du pigeon n'empêche pas les plumes de

Mais il est dea faits flODtxadictoires ourieoz. Noos verrans plus loin que le débit, l'afflux du sang dans les caiialioiles sanfiuins les plus déliés, dans les vaisseaux ca^ ' lains, est réglé par l'inflaenoe de filets nerveux epéciaax déaomniéG pour cette raison voio-moleurs. Sous l'ioilueaoe de ces nerfs, les vaisseaux capillûres se contractent ou se dilatent; or ces vaisseaux forment un réseau à muUee plus m RioÎDS serrées dans la trame de la presque totalité des organes et des tissas, et l'affiux du [^loa saagnin nutritif est plus on moins abondant suivant que leur

fi) M. SthïB, Uffmt mr te phyaMoffU d* la «f«f Hm, IWT, t. n, p. «M.

DES AGENTS MOUmCATEDHS DB lA NUTRITION, m

calftee s'élargit ou m resKn». L'inflneiue dei nofii eit donc ici néoessain. Aussi, si l'im paralysa, ptr seetiiade Leur t/mac principal, les nerfs Tta»«ioteoTB d'un orçiae, «B voit qu« cet orgtae m peut |dus wpporto' l'abstiaene vaai facilesieot que les antres. U semblfi qu'il se smI •(SDutuiQé à ase noiimtore pli» abondante, et, si die neat & liû faite défant, il B'^flamme et euppine (1).

Que la p«ra1f«e des v&îsseanx capillairea, et par mite leur dilatation persietuile, occasioaiie un afflnx exagéré de plasma notrilif, c'eat ce qne pnmYent les exp^ienocs ■nivantes da professenr Schiff. Sur un animal mammilère, i] a coupé le nerf maxillaire inférienr d'un cAté; poia, au ImdI d'un owtain tempe, ayant eacriflé l'amml, il a constaté un occroUBeiBeiit de volume de l'oa de k mâchoipe avec raréfaction du tissa osseux.

Sur un dtkiD de deux mois, le mètnB phy^ologûte a coupé les deux principaux nerfs de l'un des membres postérieurs, ks nerfii sualique et crural. Qnatre moii après, les os dumembre étaient byperlro[rfué& et il s'était farané au pied des prodtKlions oasmees nomr^lee. Ce résultat «at dû i la eeetion et par snile k la paralysie des ffltres narveases vaso-motrieei m^ee aux antres fibres dn nerf.

Le mfinie eipéiimenbileiir encore a tu la paralyse des fflires nso-iBoîriccs de l'oreille ds lapin d^ermioer «ne abondante pwiBsée des poils de cette oreiUe. '

B. Le milieu extérieur inflae auaû puiasamment «ar la nitfrîii<xi par ses priocipales nodâlités physiques, notammeat ^ la lumière et la duleur.

Baas doute la lumière n'a paa, pour les animaux, l'impcntanoB pridwniliale qu'elle a pour les Tégétanx chknopbyllieBS. Le règne animal a des nepréeenlants au fond de l'Atlantique, h une profondeur de près de

p. SIS.

* D.:|.ucJb,C.OOglc

2 kilomètres, où ne pénètre jamais un rayon solaire; nais il n'y eet représenté que par des animaux inférieurs. Pourtant on trouTe, dans ^la faune des CAvernes, des espèces vertébrées ; mais elles sont modifiées, et modlQées en mal, par l'absence delà lumière. Très-habituellement alors les organes de la vue sont atrophiés. En outre, le plus souvent, la peau des animaux des cavernes est dépourvue de pigment coloré, comme on l'a observé sur un poisson aveugle de la caverne du Karstgebirge et sur le proteus anguinus de In caverne du Mammouth (I).

Tout le monde sait que l'homme obligé de vivre non pas même dans l'obscurité complète, mais seulement à une lumière difTuse, faible, pâlit, languît, s'étiole. Dans ce cas, comme nous l'avons constaté plus haut en parlant de l'abstinence, les échanges nutritifs se ralentissent.

Pour l'animal, la chaleur est bien autrement importante que la lumière. Sans vouloir aborder encore l'étude de la chaleur animale, nous pouvons dès à présent constater que la vie végétale et animale n'est possible qu'entre certaines limites de température extérieure. Sans doute les animaux, surtout les animaux supérieurs, ne suivent pas avec une docilité aussi parfaite que celle des végétaux la température du milieu extérieur, mais ils ne luttent que dans une cerlaine mesure. Chez tous les animaux la vie s'éleint quand la température intérieure, celle des éléments anatomiques,reEte quelque temps au-dessous de zéro, car alors les humeurs se congèlent. Chez les mammifères supérieurs, la mort arrive même beaucoup plus tôt. L'enfant, dans cet état d'asphyxie lente qu'on a appelé l'œdème des tiouveau-nés, meurt quand sa température descend aux environs de 20 degrés centigrades (2).

(1) Leydig, Histologie comparée, p. 9t, 95.

(3) Ch. Lelourneau, Qtulques ohstrvation* jur {«f «outwni-ntff. 1858. (Thèses de U Faculté de médecine de Parà.)

Cîooglc

DES AGENTS MODIFICATEURS DE LA NDTRITION. 177 C'est aussi cette température de 20 degrés que les expériences indiquent comme étant le minimam de la température intérieure. Pourtant la température du sang peut descendre impunément h 2 'ou 3 degrés chez un animal hibernant, de même que cet animal peut alors séjourner sans domuiagedans un gaz irrespirable^ c'est que lesëchaQges nulriljfs sont dans ce cas extrêmement ralentis. Les éléments anatomiques peuvent par suite se coutenter d'une faible ration nutritive, qui, à une température plus élevée, ne suflirait pas à les maintenir vivants (1).

La limite supérieure n'est pas non plus tr&s-élevée. Un animal à sang froid meurt quand une température de 30 degrés au-dessus de zéro le pénétre jusque dans s'.s éléments anatomiques. Four les mammifères, la limite supérieure est 45 degrés; elle s'élève k 30 degrés pour les oiseaux. Sans doute un animal peut vivre un certain temps à ces températures extrêmes, mais un temps Irèscourt, et à la condition que l'atmosphère ambianle soit ' sèche. Alors, en effet, il se produit par évaporation cutanée un certain degré de refroidissement, qui fait momentanément compensation. Un animal mammifère supporte ainsi quelques minutes durant, dans une étuve sèche, des températures de 80, 100, même 120 degrés, mais cela seulement tant que sa température intérieure ne dépasse pas de plus de 5 degrés la température normale. 11 halète d'abord ; puis au bout d'un temps trèscourt il tombe mort instantanément, sans agonie. Quand une température de 4S degrés a ainsi envahi les éléments anatomiques, le suc musculaire se coagule et l'animal meurt dans cet état qu'on a appelé rigidité cadai'érigve. Va thermomètre rapidement introduit dans le cœurmar- . que alors 43 degrés environ (2).

(i) Cl. Bernard, Lrçons tur la yrofriélit dis (tiMIVicanffjp.SO-B}. (a) eu-Bernard, toe. dl., p. 231.

Page 1