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DE L'ALIHENTATIOH EN GÉNÉRAL

tre, cinq estomacs, et le Bquale pèlerin plusieurs cavités stomacales.

L'explication de ce paradoxe anatomic[ue nous parait

facile à donner. Le principe général n'est pas que tout herbivore doive avoir un estomac plus complexe, mais que toutanimal possède un système digestif d'autant plus différencié que son alimentation est plus variée ; or, dans les milieux aquatiques, la flore est peu diversifiée. Elle se compose presque uniquement d'algues, végétaux d'une structure fort simple, de consistance molle, d'une composition chimique partoutà peu près identique. L'appareil digestif des herbivores marins n'a donc k accomplir qu'un travail uniforme, d'une simplicité relative, tandis qu'au contraire la faune aquatique étant extrômement variée, l'alimentation qu'elle fournit lui ressemble et nécessite par conséquent un système digestif apte k rendre absorbables des aliments fort dissemblables entre eux.

La variété alimentaire semble même être une nécessité pour certains herbivores, et Magendie a vu des lapins ne vivre que quinze jours, c'est-à-dire mourir d'inanition, quand on les astreignait à ne manger qu'un seul des végétaux qui constituent leur alimentation ordinaire (carottes, choux, orge, etc.)-

D'ailleurs, il faut bien se garder d'attacher une valeur absolue aux dénominations d'herbivores et de carnivores. Gomme le fait remarquer M. Scbiff dans son beau Traité de la digestion (I), il n'y a pas de différeoce essentielle entre le suc gastrique des herbivores et celui des carnivores. L'un et l'autre désagrègent les aliments végétaux on animaux, 'l'un et l'autre dissolvent les substances albuminoides et tout ce qui est soluble dans l'eau acidulée. Le suc gastrique herbivore est seulement ua peu moins

(1) T. II, p. ita, 184.

D.,-:..Jt,C.OOglc

su LIVRE II. CHAFmiE XI.

actif et, à poids égal, il digère moins de mttiferesalbiuQÎnoldes que le suc gastrique Carnivore. Mais, «d lûsant absorber à un Inpia, aoit par le sang, aoit par l'estomac, diversaB aubstanees solubles (peptogëfies), qui ontla propriété âe rendre le suc gastrique plue actif, tn arrive à faire foiictioan«f un eatomacde lapin cimime leJ'cnit au «staoïac de chien ou de tibat. Dans tous les cas, les p«ftoBes préparées aux dépens de l'aliiuinine par un estomac d'herbivore Boat direcl«ineut assimilables par les tisave d'un Carnivore, et si on les injecte soit daiu ssn estontoc, soit direclenient dans ses veines, elles sont parEaitement afaaorhées el on ne len retrouve pae daa8.1ee uriRes,eemiDe il arrive pour toute substance non.assinùMe.

X.'identité du procédé et da vésullat de I« digastioa cliez les berbivorus ei las camivwes étant dén:i«atrée, il n'y a pas  s'étoaner de la facilité avec toquellB na habivore peut devenir Carnivore, et inveiiaffliient.

Las herbivore surtout s'aoGOutumeBt sans lieaucoup de peine au régiine animal. Organisés ponr le plus, il.leur encoûtc peu de se pli» au moins.

Nombre de Caits de ce genre ont dons la scienee une notoriél.é presque Iwnale. Spallanzani avait accoutumé ua pigeon à manger de la viande, et cela au point ^'il refiksait ensuite lœ graines.

Les vaches el les chevaux d'iskudeae QourrifieeBt ^vloQliers de poissons secs. On a vu des chevam «t das bœnirs, liabilués k se nourrir de poissons, entier dans l'eau pour pécher eux-mêmes (1). D'ailleuiv, boue les niBBiniifërea lurbivores saut nécessairement carnivDCBS pendant k période d'allaitement. Ausù, durast eelte péeiode, le rumen des ruminante n'wt pas encore démîoppé (2). ■

(1) Burdach, Pbysiologit, t. IX, p. 3*1.

(i) Gegenbaur, foc. cit., p. 748.

DE L'ALURKTA'nON EN OÉHÉRAL. 303

(Permi les carnivores, les plue robnsbea, les ^ue typiques refnsent parfok abaoluiDe^ In novrritnre végétale. Le tigre, le lion, l'aigle se laissent habituellement mourir de faim plutôt que d'y toucber. Pontlani Spallanzani avait aussi accoutumé uu'U^e à masg^r et à dig^r du pain.

Le plus souvent on peut vainore les répugnances natives «n appelant l'art culinaire à son secoure. C'est, d*sÉlleai>s, en très-gr&nde partie à cette raison que l'homsie doit «ob caractère onrnivore. Le chien et le etast ne mmigent pas le blé, mais ils mangent r<H^ bien le pain. Le lapin refuse la viande crue en gros morceaux, mais il accepte et digère lort bien la viande hadiée ou bouillie.

Gsrlains enimaDs sont à ht fois carnivores et herbivores, comme nombre d'oiseaux. D'autres sont frugivores l'hiver et inseotivores l'été. Des petits singes frugivores mangent des insectes et recherchent avidement les oeufs ei les petits oiseouK i peine éclos (1 ).

D'autre part, des espèces animales très-rapprot^ées dans la taxinomie diffèrent par leur mode d'alimentatioD. Les polypes, eomme la plupart des animaux inférieurs, se nouiTissent d'ordinaire exclusivement de matières animales. Les hydres mêmps rejettent habituellement les substances végétales, que leur organisation rudiraentaire ne leur permet pas d'aEsimiler; mais la tuiularia gelatinoia se nourrit néanmaine des lleurs et des graines de la IcntiUe d'eau.

Parmi les coléoptères, les plantigrades, les cétacés, oertoins genres sont carnivores et d'autres du même groupe sont herbivores, etc.

Nous avons déjà dit pins haut que, dans l'abstinence,

(1) M. Schill, Digulion, t, II, p. 187.

lout animal devient Carnivore. Il couBomme ses propres lissus et n:iënie son estomac se charge aux dépens de ces tissus d'un suc gastrique Carnivore destiné aux aliments absents. (L. Gorvisart.)

Avant de terminer ce tableau fort incomplet, il ne sera pas inutile de dire quelques mots de la géopbn^e.

Les lombrics, les naliles avalant l'humus du sol; cet humus est pélri par une sorte de gésier musculeux, probablement dilué par une sécrétion, et le résidu est rejeté en cordons pulpeux. Suivant Swammerdam, la larve de l'éphémfere ne mange que de l'argile. Sa couleur même varierait avec celle de l'argile.

Chez ces êtres inférieurs, la géopbagie s'explique d'ailleurs très-facilement. L'humus végétal, que mangent les lombrics, l'argile humide, qu'avalent aussi les larves d'éphémères sur la berge des fleuves oîi elles gîtent, contiennent une grande quantité de détritus organiques et de sels solubles, qni seuls sont absorbés. On comprend plus difficilement la géopbagie chez ^l'homme, et pourtant, en dehors des cas pathologiques, il en est de nombreux exemples.

Les Otomaques mangent ou plutôt mangeaient chaque jour une livre et demie d'une argile grasse et ferrugineuse.

Spix et Martius {1] ont observé des cas analogues chez diverses tribus des bords de l'Amazone. D'après Labillardière, les Néo-Catédoniens mangeaient, mais seulement en cas de disette, une stéatite blanche et friable, etc.

On peut bien admettre que l'estomac humain, comme celui du lombric, puisse séparer de certaines substances minérales des débris organiques et des sels, mais en bien faible quantité, et il est vraisemblable qu'ici la géopha-

(1) R»ite in BrtuUim, t. IL

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