CHAPITRE Xn
DS LA DIGESTIOn
A. L'objet de \n digestion e3t la préparation de substaaces aisimilables. Les procédés sont la division mécanique, suivie de la transformation chimique des aliments. En dernière analyse, l'absorption ne s'eierce que sur des substances liquéfiées et dissoutes.
La vraie digestion n'existe donc pas chez les êtres rudimentaires, non différenciés, qui forment le premier échelon du monde animal. Elle existe à un degré inférieur chez les animaux à lube digestif simple, n'ayant ni à l'orifice du canal alimentaire, ni dans un point quelconque de sa cavité, d'organes propres à déchirer, dilacérer, broyer les aliments, et ne pouvant guère s'assimiUi- facilement, par conséquent, que des aliments liquéfiés en dehors de leur organisme.
Chez les animaux munis de dents buccales, pharyngiennes, ou d'appareils qui en tiennent lieu, il existe aussi d'ordinaire un appareil glandulaire spécial, chargé de rendre plus facile la trituration alimentaire, en imbibant les aliments d'un liquide dit saliuatre. D'uuc manière plus générale, on peut dire qu'une salive quelconque existe souvent quand il y a i;n appareil de préhension des aliments. Ainsi la mouche dégage, sur les parcelles qu'elle veut aspirer avec sa trompe, un liquide brunStre qui les dilue. Naturellement la salive est d'autant plus abondamment sécrétée que l'aliment habituel est plus dur. Aussi la salive est nulle ou rare chez les animaux aquatiques, quels qu'ils soient (crustacés, poissons, crocodiles, oiseaux palmipèdes, cétacés carnivores). Elle est, au contraire.
DE LA NGESTION.
Xrè»-alxmdftnte chez les granivores, chez les herbivoras. Schultz a vu chez un cheval une seule parotide foarah- en vingt-quatre heures 1678 grammes de salive.
C'«st surtout chez les vertébrés terrestres que l'apparril glandulaire sécrétant la salive existe bien développé. H fournit un liquide transparent, légèrement visqueux, or^ dinai rement alcalin, quelquefois acide on neutre.
Chez les mammifères supérieunr et chez l'homme, il y a trois paires de glandes salivaires, dites tubUnçfalea, smtS'maxilloiret et paroiidietmes. Cl. Bernard a montré que ees glandes ne sécrètent pas un liquide identique. En effet, le liquide sécrété par les glan- J dules de la r queuse buccale semble incapable de transformer l'amidon en sucre. quand il est mélangé à la sali V e pa rôti di e n n e .
OrilaccomplittrÈs- pig. îi
facilement cette Ao, «mdnit Bali™™, «vecJ, seBrumlfloalioBBlmlé- , r 1- „ nilM. et d. leur» Bitrémitéa en cul-dB-nïc ; B. deux
transformation ^è «s de" conduite B™sia.
quand on le mêle h
la salive sous-maxillaire (I),
L'agent chimique de cette transformation isomérique est une sorte de ferment spécial appelé pigalme. H est formé au sein de cellules closes qui naissent au fomd d«s aeini de la glande, puis se rompent en abandonnant an liquide purement excréteur le produit de leur élaboration ;
(i) Draper, loc. cit., p. 43.— Cl. Bernard, I^çont sur tel Itjtriifn d* t. II, p. 839.
30» LIVRE II. CHAPITRE X[l.
aussi pent-on obtenir Tacilement par macération du tissu .
glandulaire une salive artificielle.
La diversité des produits de sécrétion de glandes en apparence identiques, comme les glandes salivaires, permet de ranger dans la catégorie des glandes salivaires les glandes venimeases des serpents, qui semblent, du reste, en faire partie anatomiquement. La même raison autorise à ne pas rejeter avec trop de dédain les faits en apparence légendaires d'apr&s lesquels la salive humaine elle-même pourrait acquérir des propriétés venimeuses sous l'influence d'un violent accès de colère. Les substances produites par la chimie vivante subissent avec une «sxtréme facilité des métamorphoses isomériques, et ces métamorphoses entraînent avec elles des propriétés nouvelles.
C'est surtout pendant la mastication, quand il y a contact rapide des aliments et de la muqueuse, que la salive est sécrétée abondamment et revêt tous ses caractères. Milscherljch a vu que la salive parotidienne de l'homme était acide à l'état de repos relatif 4e laglande, mais devenait alcaline durant la mnsticalion. L'acidité accidentelle delà salive est vraisemblablement due à une modification secondaire de l'amidon, qui d'abord devient sucre sous l'influence de la diastase salivaire, puis se dédouble en acide lactique. A son tour cet acide est entraîné avec les aliments dans l'estomac, oil 11 contribue, pour une part, à la digestion gastrique.
Le bol alimentaire plus ou moins bien imprégné de salive passe de la bouche dans la première portion du canal digestif, dans le pharynx quand il y en a, dans l'œsophage, tapissé, chez certains reptiles, d'épithélium vibratile destiné à aider au cheminement des parcelles alimentaires, mais revêtu seulement, chez l'homme, d'un simple épithéUum épidermolde dit pavimmteux. De l'œsophage, le
bol aiimenlaire passe dans l'estomac, où s'accomplissent les actes digestifs les plus importants.
B. DigeilUm gaitrique. — La digestion gastrique est l'acte principal de la fonction digeslive, puisque, comme nous allons le voir, l'estomac est le grand laboratoire oil s'opÈre principalement la transformation des matières alimentaires albuminoîdesen peptoncs absorbables. L'ëtat si imparfait encore de la physiologie comparée ne nous
pennetpas de trac» ici un tableau complet de la digestion albuminoïde dans tout le règne animal. Nous savons cependant que dans les organismes inférieurs, les invertébrés, par exemple, sont pour la plupart carnivores ; il faut donc bien qne, malgré l'imperfection de leur système digestif, ils arrivent à effectuer cette transmutation des albuminoïdes en peptones, qui ne s'obtient pourtant chez 1/
MO UVHE 11. CHAFITU: XU.
les YerUkrés supérieure, que dut» ua estoiau à pourvu d'appareils sécréteurs spéciaux. Umz les micrtébrés tmisparmts, on peut coosUter la traas£anna£on •nbte par les alim«itg. Diigès a tu ainsi, à tmrets kis tissus, chez les pluiaires et les clepstues, le sng aaaié perdre peu à jmu sa «)aleur rttoge daas l'aelomac tt. se chuger en sae maliëre btxM^ne gris&tro (1). Ite Termisseai» entiers, «Talés par les bydres, suliiasiifat uae semblable altération.
D'autre part, gchweiger a trouvé dans la cavité digestivc des polypes et dans tes canaux reliaat 1^ individus agrégés en colonie, un Itiulde lactescent, vraîsemblablement un liquiile ooanHifir. C'est ce Uquid» qui est absorbé pat- l'saîaHl et qui même circule i travers son oi^auisiBe, làeùrest(»atc émet desnaalicvlesenc^cums ou mém«ine sorte de systène coaijilet de esanx, comme dans la méduse (â).
La métamorphose isomérique des aliMmia^es s'opère ' doncrnSme chez des êtres rudimentaîresi, ams elle exige pour cela un temps d'autant plus long fiM la laboratoire vivant est plus imparfait. Ainsi, tpE軫ipt ou huit jours d'abstinence, on trouve encofc de la nourriture dans le tube digestif des chenilles. Schweiger dit avoir retrouvé dans l'intestin des saugsues une partie du sang sucé deux ans et demi auparavant. Cette extrême lenteur du trarail digestif chez les animaux inférieurs aide k comprendre comment ils peuvent résister si longtemps à l'abstinence.
L'absorption est lente dans la cavité digestive. d^ ii«T«rtébrés inférieurs, et, naturellement, lemouvemeatdiibol alimentaire y est aussi trës-lent. La ccMitraitilIté des parois est aidée chez beaucoup de ces aJÙmaux par des «ils vihraliles, c'est-à-dire des eellules épithéUales, nuiues do
OÊ'^Lk nsEsriw. m
pnlai)ceiQeat& eilnkes Mobiks. Ces qipeaâiaes ittiranÉes (■ment à k surtaee stomoctle et iateEtiosk du nnwtrr d'ÎBvcrléfafé&T tonmB m» sorte de prairie vivaate, âoat «teque brât «st «ùmé d'ao abouvemeat oseiiktoiFe i^lier, a'effectiisBt tsnjoars dans le uème aens et aUniit jpaissamiitMBt «a dtemiaemmt dss substances ailiineDtoires. Cette di^iosîUonde l'épitMlium intasUotil^ fréquente cbes les invectibrés, s'observe encore à l'élat fœtal iâkci le8BârUien&, dtez les batraciess, etc., aeis elle fait i^guliërement àHmi chez les oiseaux et les maminifëres, même k la pérmle eoAryonnaire ( j ).
flirtant, ides degrés bien différeslade In biérarcbie aOdlogi^e.lemdimiDoâed'alimentaiioBScaible entraîner U m&ooe stractare ; atBfii la surface iatente de l'estomac «faez œrttins coléc^tt^«s carnivores, par exeaple le cerf- Tolant, aun aspiect réticulé tout à fait analogae à celui de l'estooiae des mtnuwfferes. 11 est vrai qa'il &'qit ici d'un nivertébré snpérienr, (ûiez qui la vitalité est active, éaeripqae, et le systiaDe digestif fort différeoeié.
Qaelfate aetres faits vienneat encore proorw la faible paissaïKe digestne de l'estomac cbez les invertébrés infélîeurs. TrenaUej aot^ervé que l'hydre n'altère ai oe di- ^re rtm <le sec bus, quand elle l'ingoi^le en nême tenps qu'use prtâe qaelcooqfle. L'actinie avalée par un b^ividu plus grand de la même e^ce est aoavent revo- «îe saine et sauve. ËUe résiste alors à la digestion comme résistent les entozoaires. Le fait n'est pourtant pas général, ei souvent des nx^osques à coquilles et des crustacés «Btiers, «igloutis par les actinies et les astéries, sont entifereaoeDt digérés, sauf les coquilles ou la carapace, qui 80Dt rejetées ensuite.
Les faits de résiMaoee opposée à la d^estion par cer-
ifi L«ydi«, toe.ci<.,p.Ul,l7S.
Ht UVAE II. CHAPITRE XII.
tains animaux vivants sont dus évidemment au peu d'énergie des liquides digestifs sécrétés, c'est-à-dire à l'imperfection du systËme glandulaire. Chez les mammirtres, les choses se passent tout autrement, et des tissus tout vivants sont promptement attaqués et digérés parla sécrétion stomacale, à moins qu'ils ne soient protégés par un épais vernis épidermique ou épithélial. Claude Bernard, ayant introduit dans l'estomac d'un chien, par une fistule gastrique, le train postérieur d'une grenouille, a vu celle portion de l'animal être dissoute et digérée, tandis que le train antérieur continuait à vivre.
L'agent de cette curieuse dissolution est un suc fort actif, sécrété par les glandules stomacales . .
(fig. 23), et dont il nous faut maintenant parler.
Quand les aliments sont introduits dans la cavité stomacale d'un mammifère, la muqaeuse se congestionne, rougit, et l'on en voit sourdre, quand il y a fistule gastrique, comme È^k^'oue!""" ^^^' ^^ célèbre Canadien
GroHinïDKDt denviron 350 di^èlpcs. dc BeaumOnt, OU chéz UU
a. piiroi du cuti gLu.duL<>ra; b, ceiioic. animal préparé par la viviscction, un suc abondant , liquide, limpide, acide, se rassemblant en gouttelettes et coulant le long de la paroi : c'est le iuc gastrique.
DE LA DlâESTEON. 213
Ce liquide attaque plus ou moins énergiquement les aliments. Il a peu d'action sur les substances végétales et se borne à dissoudre la substance azotée des cellules. Ce sont surtout les aliments albuminoïdes qu'il dissocie et dissout plus ou moins vite. II commence par imbiber les tissus animaux, qui se gonQenl. Lesfibres musculaires deviennent plus friables, plus molles, leurs stries disparaissent. Le tissu cellullaire se dissout, et alors les fibrilles musculaires se désagrègent et finissent par se convertir en une bouillie brunâtre (1). Les tendons, les aponévroses se cbangeot en une bouillie gËlatinirorme. Les éléments nerveux glandulaires sont aussi dissociés et ramollis. Les os eux-mÈnies sont attaqués et pulvérisés ; leur trame organique est extraite et dissoute, et, peu à peu, les parties terreuses sont aussi attaquées et pulvérisées. Une bille d'os de bœuf, que l'on forçait un aigle à avaler cbaque jour, et qu'il vomissait régulièrement, disparut en vingtcinq jours. La portion des aliments seulement ramollie est gonflée, est imbibée par le suc gastrique tenant en dissolution les parties déjà transformées en peptones, et le tout forme une espèce de pâte molle appelée chyme, qui, peu à peu, par portions, aprÈs avoir cbeminé quelque temps dans l'estomac lui-m6rae du cardia ou oriGce œsopbagien au pylore ou orifice intestinal, finit par passer dans l'intestin.
L'agent de cette transformation, le suc gastrique, doit ses propriétés digeslives principalement à deux substanœs, à un acide et à un ferment. 11 serait mieux de dire & deux acides, qui sont l'acide îactique et l'acide chlorhydrique; mais le premier, l'acide Inclique, provient en partie du dédoublement de l'amidon, ou plutôt du sucre qui en dérive, sous l'iotluence de la ptyaline salivaire. L'autre
[1) Schiir, Dlgtslion, loc. cit., p. Its.
D.,-:..Jt,C.OOglc
St4 LIVIS II. GRAnTKB XU.
aàde est sécrété pu les glandales. Chez les a
atomêe multiloeulaire, l'une des partiesest q
cfcuf ée (k cette sécrétion scide. Ainsi le sue stonical nt
ak^in du» U patue et le éoMicf des rnniiiBSts; U Mt
acide au nootraire dans U caMtttt.
Gbee les nuunmif&respcnrvns, coiarae l'hontnie, d*n« poche stomacale uoigoe, la difffireMÛitioD, qai n'exiiit plus dans la Tonne générale de l'estoiBac, penûele eooore âansfion apparal de sécrétion. Les ioBoaèrabtes g(a«dnles de la muquease iMomacale n'ont pas alors la laAme toD^îon, et l'on peut dé^rminN- appn)xî«atiT«aMat qwJIe ré^ioa de l'estomac sécrète le uuicu acide, qodl* antre sécrète le mucus à ferment ou mitctapepli^tie,
Bb effet. S) l'on infuse à ctund, dans d« l'eaa addalée, l'e^omac d'un mammifère, une partie de œt utoinac di»pKtalt au botrt d'une henre ou d'une heareet dnnie ; die a été désagrégée d'abord, liquéfiée ensaite. L'autre partie, (]« «st toujosrs la région pylori^e, ne se dissout qa*^ wc une grande lenteur. La partie {Kilcmeat dissoute est vntisemblaUenientdiaT^ée de sécréter lemucssMÛde (1). L'«T»nKD attatomique des glauduLes dans l'une et l'aMtr» région confirme cette manière de mir. Les giaades de la réflieii supposée peptique sont presqueconstaHinent mmi- Oées «D deux ou trois petits conduits intérieuiMMsl t»pîssi^s de cellules d'épithélium cylindrique, nuis rençlis a« fond par des «elluks d'épitbàiani gMtakax (âg. 23). Ce sont les cellules sécrétantes, et on retniure leurs- analogues dans lacaillette d€g ramisants. Les glatides vr»sembiablement muqueuses sont plus rarement rainiBées et ne conlienneot pas de oellules d'é^ûtbâiiiiD gli^nlaire. I4ous avims vq que les ^^de« tnaqMuusaemprait^urt»ut la région pybiriqae de l'Mtoanc; quant aux giandes
(i) M. Sohiir, (oc. cit., t. Il, p. »8.
SB LA DIGCSTIOII. tiS
popttqttes, eties sont surtout abondantes dans la {^o& moyenne.
Les mliules globulaires contennes daas le ciil-d»sBG ât» guides peptiqnes eécrèteot pendant Is digestion stomacale nn m>cus tenant en dissolution un fument alb»miDoidespécial, que l'on a appelé p«^ine. S^nM. Sclûff, la pepsiae ne e»ait sécrétée aux dépens des éléments d» sang qne si ce flyide s'était au préalable chargée de substances qu'il a appelées /v^ojrràej. La dextrine, le pain.ia gé]alioed'os,di verses peptoneseeraientdespeptogènesd).
L'absorption normale des sabsttncee peptogènes axas rintestia grêle n'aurait pas ponr résultat de charger de pepsine les glandes stoaacaâes, et pourtant cet effet s'obtiendrait par l'injection de oes sobstances dans les aéreoses, le tissu cellulaire aous-cutané, l'estomac et le netuoa.
La pepsine est l'agent spéûal de la transfomiation des sobstances albuminoldes alimentaires en peptoncs îsemériques, mais solubles, assimilahles et ne se eoagttlaat {duB par la chaleur.
Les deux agents acide et pepttqne ooscourrait d'aiilean à cMb transformation et sont tous deux nécessaires. Sans l'acide, la pepsine n'a plus d'action. Aussi, quand la lùle aioalJoB reflue accidentellement dans l'estomac et y neutralise le soc gastrique, le travail de la digestion est it arrêté. L'adde désagrège et ramollit les snbs allHinîwrïdes , et pn* cette modification prépantaire rand posàble l'action peptiqm.
En observant les phases et les phénom&ues de la digestion dans l'estomac mène par le procédé des Qstuies gastriques et, mienx encore, en recourant aux digestions artîftàrilea, aa est parvenu à déterminer avec atsez de
|1) M. SchiJT, loc. rit., l. II, p. 195.
précision l'action de la pepsine sur les diverses catégories
d'aliments.
En elTet, la digestion n'est que le résultat de simples phénomènes physiques et chimiques, qui s'accomplissent ' fort bien en dehors de l'estomac. C'est à Réaumur que revient l'honneur d'avoir le premier essayé les digestions artiûcielles(l), mais Spallanzani fut le premier qui réussit k en efTectuer. Eberie prépara du suc gastrique arti- Qciel en faisant ramollir une muqueuse stomacale dans de l'eau à 30 degrés Réaumur, puis en ajoutant goutte à goutte de l'acide chlorhydrique ou de l'acide acétique. MlUlep, Schwann, Tiedemann et Gmeiln, Purkinje, Pappenhein, Leuret et Lassaigne, firent des expériences anaïc^ues, qui depuis ont été souvent répétées.
C'est généralement à la caillette d'un ruminant que l'on s'adresse pour avoir le ferment gastrique nécessaire. M. Schiff, qui s'est beaucoup occupé de ces digestions artificielles, emploie souvent l'estomac d'animaux non ruminants (2). Alors i! détache seulement la portion moyenne, aile pfptigue ; il la fait infuser dans SOO k 600 grammes d'eau acidulée et laisse reposer pendant cinq àsixjours.Le liquide ainsi obtenu a la propriété de transformerles aliments idbuminoTdes en peptonesisomëriques, mais solubles dans l'eau et même dans l'alcool dilué, de plus ineoagulables par la chaleur et ne formant plus de composés insolubles avec les sels métalliques. Eu outre, comme nous l'avons déjà mentionné, quand ces peptones sont mêlées à du sucre, elles masquent la réaction de Trommer.
Tous les procédés dobservation que nous venons d'énumérer ont permis de constater sûrement que les seuls aliments qui soient transformés parle suc gastrique
(1) Hâtairt i» ('Jca<Umt> dst «cteiiCM, 1TS3.
(S) M. Sohiir, (00. ci7., 1. 1 p. 78.
sont les substances albaminoldes. L'eslomac absorbe en outre nombre d'autres substances contenues dans les aliments, mais àk condition qu'elles soient solables dans l'eau acidulée, car il ne les modifie pas (sels, etc.)- Les corps gras, l'amidon sont à peine altérés par le suc gastrique; ils passent avec le cbyme dans l'intestin, où d'ailleurs la transformation des substances protéiques imbibées de suc gastrique s'acbËve peu à peu (1).
SelonM. Schiff (2), et contrairement à une idée généralement reçue, l'albumine liquide se digérerait plus lentement que l'albumine solide ; elle exigerait plus d'acide pour sa transformation. De plus, l'acide stomacal serait incapable de coaguler l'albumine.
La caséine liquide, au contraire, serait promptement coagulée par le suc gastrique, et sa coagulation préalable serait même une condition de sa transformation en peptones.
La légumine végétale se dissoudrait sans peine dans les acides et se transformerait ensuite.
Nous avons vu que les substances albuminoîdes végétales étaient généralement renfermées dans une membrane constituée par de la cellulose ; c'est dire que les aliments végétaux cèdent moins facilement que les aliments animaux leurs principes protéiques. Il faut, en effet, que les sucs digestifs dissolvent d'abord plus ou moins les enveloppes réfractaires.
Sil'on ne prend pas les choses rigoureusement au pied de la lettre, il y a une grande somme de vérité dans la formule générale suivante de la digestion : La digestion stomacale est histogénéfique, c'est-à-dire qu'elle prépare les corps quaternaires azotés destinés à s'incorporer aux éléments anatomiqaes. Au contraire, mais d'une manière
{1) M. SchilT, loccit., l. II, p. 117, iU. (1) Ibid., t. II, p. ISO.
. m UVRE II. <SAP1TIE XU.
plus générale encore, ia. âigesUon istestinale est IbermogéoéUque; elle rend abserliables priaeipslementiescar- Irares d'bydrog^ie, les si^isUncfis ternaires destinées «n ttia-graude partie h aubir dans l'écoBomie une oi^dalioo coiD|)lèle, à être par suite eniîèreoieiit tEftusformées ea eau et an acide carbonique, en produisant de lu clialeur.
Diverses expériences de H. Schiff semblent proHver que la sécrétion peptique ne dépend point du ^stème neireux c«alral. Après la. secUon des nwfs pneuinogastriques, la pepsine D'en eontiouerait pas moins à se former (iaiu les culsHle-sac glandulaires, et l'absorption stomacale elle-même ne serait pas diminuée (1). Il n'en serait pas de même de la sécrétion ùcîde, et cela expliquenit comment Wilson Pbilipp, Brachet, Brescbet, Hiine- EdWBids ont pu voir k digestion s'arrêter après la section des œèines aerfs pneiioiogastriques. Le premier de ces expérimentateurs affirme même qu'il a pu rétablir le travail dig^lif en galvanisant le tronçon périphérique des nerfs coupés.
D'aillatirs., d'Autres expériences de M. SchlfT montrent que les foactiOBS généraies de l'eatomac sont loin d'ètm indépendantes des ceolres nerveux. Sur des chiens ajvnt subi des vivisections cér^rales, de» lamUectioos des coocbes optiques et des ^doncules cérébraux, os pbysiol»- ^eaaomtatéqaelesvaiseeauxcapiUairesdelamuquena stomacale se dilataient par places, qii'^i ces points il sa produisait d'abord. des stases sanguines, puis un ranMl- ItBSWiumt de la muqueuse, <pii alors dev^ut inc^able derésisteràractioodusocgastrique et était digérée, d'où des ulcérations et mêote des perforations de l'eatomac
Certains éttits généraux influent aussi sur la sécréliAB peptiqoe : par eiample, suivant les observations de
(1) M. Sehirr, Içe. cU., p. 41».
DB LA DKBSnom «8
M. Stfaiff, la fièvre abolit compiéteinent cette séciétim. L'flBtmnac est tktrs idMoloannt iDcspaUe de digérer; il absorbe, mais il lui fawt des aUnwBte directement «sdimlaUes, coflame la dextrine, la glycose, les pefbaws ardScielles de Coirisart (1 ) .
C. Digettitm ialettinaie. — La digestion ifrteatinaJe n'existe vraintent, c'est-ù-dire avec sea^araotères pKçwe, que Ui sealement où €si^«iit aussi ses vrais agents, «'eetk-dkeles ^ndes hépatique rt pancpéaliqoe. Nous avons *ii que les éléments sécréteurs de la bile semblent èlre 4'«U)ord, chez les >échinoîdes, de simples cellules épilhëliaies lapissint la rarface interBe de l'intestin. Les ceUtiles épitfaéliales hépatiques sont, en définitive, partant et tmjours les fiictcnrs de la bile danstont le règne antiml ; mais, à mesuie qoe l'os s'élève dam la série zoolo^qae, on voit ces cellales devenir de i^ns en plus nombreoses et s'accumuler dans des appareils spécianx de plus en plus oDraplexes. Oe sont d'ab<»d de simples cecams, an îoaà desquels les c^lules naissent, se remissent de bile, qn'elles laissent easoite éobapper en se dissolvant, oa bien, oomme dMz les insectes, il y a des tabès où se génèrent c61e à o6te l'urine M la bile.
Chez les artbn^odes il existe un foie vohimineHT, spécnileiBent chez les crnstaoés et les insectes. Les mollosqses soiA aussi pournis d'un foie tits-Tf^umineui, divné ea krfws, fabriquantà la fois du sucre et de la bile, com» celui des TCf télifés sspérieurs.
Chez ces derniers, la bile est séerétée abnndammeat, séjonrne, en pwtie au moins, dans une podie spédide dite vétiiMle Mwvv,et est enfin ^versée dans ht preoiiète partie ^ l'inte^n gtèie, dans le duodéRum. La bile ett, comRK) dnaHisait,Hn!iqaide jaunâtre ou vmtttre, amer,
(1) M. Scbiff, toc. «il., p. U9.