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D0 ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA RESPIRATION

Evidemment les gaz pnlmonairea, expulsés à chaqne inspiration, sont surtout ceui qui sont le plus voisins da dehors, ceux qui remplissent la Irachée et les grosses bronches. Quant k l'air inclus dans les cellules pulmonaires et dans les fins rameaui bronchiques, il se renouvelle surtout par diffusion, par mélange gazeux de proche «n proche, de sorte qu'en définitive la surface respirante, la paroi vasculaire des cellnles pulmonaires, est en contact avec un mélange gaxeui dont la composition est toujours sensiblement la même. L'échange gazeux peut donc s'effectuer régulièrement, sans interruption, même sans variation brusque.

Les poumons reçoivent l'air extérieur, c'est-à-dire un mélange gazeux d'environ 21 d'oxygfene et 'ï9 d'azote, plus une faible quantité de vapeur d'eau et environ quatre dix-milliëmes d'acide carbonique. Ils restituent à l'atmosphère un air très -notablement appauvri en oxygène, puisqu'il n'en contient plus guère que 18 pour 100 (Dugès), mais en revanche chargé d'acide carbonique et de vapeur d'eau.

De nombreuses observations, parmi lesquelles il fant citer en première ligne celles de Lavoisier d'abord, puis celles de Regnault et Reiset (1), il résulte que la quantité d'oxygène contenu dans l'acide carbonique exhalé par 1m poumons est sensiblement inférieure k la quantité d'oxygène atmosphérique absorbé. Lavoisier avait déjà noté ce fait intéressant. MM. Regnault et Reiset ont vu que ce rapport variait fort peu dans une même espèce animale, vivant dans des conditions normales. Le rapport entre l'oxygène de l'acide carbonique exhalé et l'oxygène absorbé aétédans leurs observations de 0,743 àO, 750 pour le chien, de 0,920 chez le lapin, etc. C'est que l'oxygène

i 1) innobi da chimie el d> fhyiiqttt, V atrla, t. XXVI.

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atmosphérique doit être considéré comme un véritable aliment; il se combine avec les plasmas, avec la mati&re des éléments anatomiques, en un mut avec la substance vivante ; il entre dans des composés nombreux et est éliminé par des voies diverses. L'organisme ne prend à l'atmosphfere que la quantité d'oxygfene qui lui est nécessaire; il se rationne lui-même. Dans une atmosphère contenant 40 et mÈme 60 pour 100 d'oxygène, l'absorption de ce gaz n'est pas sensiblement plus considérable que dans l'air commun, à moins de variation dans le régime. Dans ce dernier cas, au contraire, la quantité d'oxygène absorbé varie; car il en faut plus ou moins, suivant que la proportion et la nature des substances à assimiler varient dans le liquide sanguin. Ainsi le déQcit dans la quantité d'oiygène rendue à l'air par l'exbalation d'acide carbonique est plus grand chez les carnivores qus chez les herbivores. Si les animaux se nourrissent de grains, la relation est quelquefois inverse; U y a alors excès dans l'oxygène exhalé.

L'échange des gaz, à travers la membrane pulmonaire, est bien plus un phénomène physique qu'un phénomène physiologique; l'azote doit donc aussi pénétrer dans le sang à travers la paroi des capillaires ; c'est en effet ce qui arrive. Mais ici, contrairement à ce qui a lieu pour l'oxygène, l'exbalalion pulmonaire restitue à l'air plus d'azote qu'elle ne lui en a emprunté, du moins dans le plus grand nombre des cas.

Regnanlt et Reiset ont trouvé que tous les animaux soumis à leur régime habituel dégageaient toujours un excédant d'azote. Despretz a constaté la même chose dans plus de deux cents expériences (I). Bonssingault, en procédant par la méthode indirecte, c'est-à-dire en comparant

(1) Annalts de chimie st d> physigtu, i' série, (. XXVI.

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DU ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA RESPIRATION. 287 la quantité d'azote introduite par les aliments à la quantité eipulsée dans les matières solides et liquides, a tu que la première élait loujours aupérieurei la seconde (1 ]. On peut donc inférer de là qu'une certaine portion de l'azote des aliments est exhalée par les poumons. En effet, si l'on fait respirer un animal dans une atmosphère composée de 79 parties d'hydrogène et de 21 parties d'oxygène, on voit qu'il y a simultanément absorption d'hydrogène et exhalation d'azote. Dans ce cas, la provenance de l'azote doit évidemment être rapportée à l'oi^anisme. En outre, l'absorption d'hydrogène change en certitude la très-grande probabilité de l'absorption de l'azote dans l'air normal. Il faut donc admettre avec Edwards que, dans l'atmosphère ordinairCj le dégagement et l'emprunt d'azote par la surface pulmonaire ont toujours lieu simultanément, et que l'augmentation ou la diminution dans la quantité d'azote eshalé mesure seulement une différence.

C'est qu'en effet la quantité d'azote exhalé varie ; il y a tantôt excédant, tantôt déficit. Ainsi il y a rétention d'azote dans l'oi^anisme durant l'inanition et même plusieurs jours après sa cessation. 11 en est de mSme quand l'animal observé est souffrant, peut être parce qu'alors il se soumet spontanément à une inanition relative.

La membrane pulmonaire, offrant an contact de l'air une large surface à une température assez élevée, est naturellement le siège d'une tran8piration,*d'une évaporation aqueuse abondante. Lavoister et Seguin, qu'il faut toujours citer quand il s'agit de la respiration, avaient évalué fc 7«,90 par heure, soit à 869 grammes environ, la quantité d'eau exhalée en vingt-quatre heures par la surface pulmonaire chez l'homme (2). La moyenne des nom-

(1) économie ruralt, t. II.

(3] Prtmkr mimoirt lur la Iratupiralion {Mémoirei de C Académh iUs teiêiicet de Parii (1780), et Annales dt chintie, t. XCj.

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