DE L'ACCROISSEMENT DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL. 33B
surface un prolongement, une sorte de hernie proloplasmicfue, qui acquiert un noyau, se sépare par cloisonnement du reste de la cellule mère et vit ensuite d'une vie indépendante. C'est par ce procédé que se reproduisent certaines plantes unicellulaires, par exemple les vaucherias.
Chez les algues monocellulaires, les spores et les cellules sexuées, contenant des anthérozoïdes, analogues aux animalcules spermatiques, se forment par le cloisonnement terminal de l'une des ramiGcations émises par la cellule.
C'est encore chez des algues, chez les algues conjuguées, chez les diatomées, que s'observe surtout le phénomène de la conjugaison. Deux cellules voisines émettent chacune un prolongement ; ces saillies se rencontrent. leurs parois se résorbent au point do contact; les protoplasmes des deux cellules se mélangent; bientôt les cellules se confondent absolument. Elles ne forment plus alors qu'une seule ceûule, qui est une cellule reproductive, une spore ou zygospore (spirogyra longata).
La multiplication des cellules par endogenèse est caractérisée par la formation dans leur protoplasme d'un plus ou moins grand nombre de cellules filles, qui grandissent, brisent la tunique de la cellule mère et viventà leur tour d'une vie propre. Ce mode de reproduction existe chez quelques végétaux unicellulaires, par exemple chez les protococcacées (1).
En résumé, tous ces divers modes de prolifération ne différent pas essentiellement les uns des autres. Dans tous les cas, le fond est le même ; c'est une parcelle de matière vivante, individualisée, qui assimile au delà de e£ qui est nécessaire à son entretien et devient un vrai
(1) NfBseli, Gatlungm ebtiéUii/ta Hgtn. Zurich, 1847.
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îoyev organique. 11 se produit là une exubérance de force
et de matière, d'oii tendance à Is rormatioa de centres
nouveaux.
L'accroissement d'un végétal par une simple augmentation du volume des éléments histologigues pourrait être considéré comme le premier degré, le prélude du développement par muUiplicalion cellulaire que nous venons de décrire. Là encore il ya prédominance du mouvement d'absorption, d'assimilation. Les liquides nutritifs sediffusent dans la substance des éléments anatomiques; des molécules vivantes de formation nouvelle s'intercalent par intussusteption entre les molécules primitivement existantes ; la membrane cellulaire s'étend, le protoplasme grossit ; souvent alors la forme de l'élément histologique se modifie. C'est de cette manière, par exemple, que se forment les fibres ligneuses. Les cellules, d'abord spbériques, s'allongent, deviennent cylindriques ; leurs extrémités se soudent les unes aux autres, soit carrément, soit obliquement. Des couches concentriques se déposent successivement àla surface inlerne de la paroi, qu'elles épaississent (1).
Dans d'autres tissus, la cellure sphêrique ou polyédrique grossit simplement en vieillissant sans perdre sa forme première. Parfois même on peut, d'après les différences de volume, reconnaître l'âge relatif des cellules d'un tissu- Dans la moelle de beaucoup de plantes, les cellules vont en décroissant de volume graduellement et régulièrement de la région centrale, où elles sont le plus âgées, àla circonférence, où elles sont le plus jeunes. Le même fait s'observe si l'on compare dans une même tige les cellules médullaires à diverses hauteurs. Dutrocbet a vu que chez certaines plantes la décroissance graduelle du