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CHAPITRE I

SE L'OniGINE DES ÊTIIES OKOANISÉS

Sans remonter jusqu'aux si séduisantes et si vraisemllables cosmogonies de Eant et de Lapkce, il faut bien admettre avec la géologie contemporaine que la terre a été jadis à l'état de globe incandescent, que durant des cycles nombreux elle a été absolument inhabitable pour le monde oi^anisé que nous connaissons. Force est donc bien de croire que les premiers • êtres vivants se sont organisés spontanément aux dépens de la matière minérale. Les premiers habitants de la terre étaient, nous le SLvoas, d'une structure extrêmement simple. Les monères de Hœckel, quelques types d'infusoires, les rhizopodes peut-être, tels sont les êtres organisés actuels qui Dous rappellent le mieux ces primitifs ancêtres du monde' oi^anique. Mais la doctrine darwinienne, qui ressort avec une telle évidence de la paléontologie, de l'embryologie, de la classification bien hiérarchisée des organismes, réclame comme son complément indispensable la formation spontanée, sans germes ni parents, des premiers échantillons du monde vivant.

Dans )e domaine scientîOque, toute déduction ou induction logique et nécessaire devrait être admise sans conteste, quand bien même elle heurterait de vieilles

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idées et ébranlerait de vieux dogmes. Il n'en est rien pourtant. Les mêmes préjugés religieiix et métaphysiques que la doctrine de révolution organique a si fort inquiétés, s'effarouchent bien davantage encore de l'idée d'une génération spontanée quelconque. C'est pas à pas seulement que ces antiques théories cèdent le terrain aux données sciecitiGques. Tout d'abord, on niait que la matière organisée eût en elle-même la faculté de vivre. L'é- <]uilibre ne se maintenait, croyait-on, dans tout être vivant, que grâce à la perpétuelle intervention d'une entité,d'une nrcbée, d'un principe vital, d'unn ime, etc., guidant et régentant les phénomènes vitaux, comme un cocher conduit un char, suivant l'expression de Tertullien. Force a bien été pourtant de reconnaître qu'il n'y avait pas de dualisme métaphysique dans la plante et dans l'animal, mais que l'une et l'autre vivaient uniquement parce que tous deux réunissaient les conditions né- ■cessaireset suffisantes à une incessante rénovation nutritive. La doctrine de l'évolution a eu même fortune. Il y a , bien peu d'années encore, tous les naturalistes ou presque tous croyaient à la parfaite immutabilité des espèces orga- . nisées, el, comme chaque époque géologique a sa faune et sa flore spéciales, il fallait admettre avec Cuvier et l'on admettait en efl'et une série de créations successives, de .■chabgements à vue organiques. Au premier coup de sifflet de Dieu, irrévérencieusement comparé à un machiniste d'opéra, un implacable cataclysme anéantissait tout le monde vivant;àun second coup de sifflet créateur, -une flore et une faune nouvelle surgissaient k la vie. Ainsi avaient dû se passer les choses à chaque époque géologique. Du trilobite au mammouth et h l'homme, chaque espèce avait dû se former ainsi par une cristallisation magique. Certes, c'était bien là une génératioit spontanée, de In plus étonnante espèce ; pourtant elle ne choquait personne, parce

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