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DE L'ORIGINE DES ÊTRES ORGANISÉS

qu'elle était ea accord plus ou moins tacite avec les eropaces mélaphysiques et religieuses. Haïs peu à peu l'idée de miracle a été chassée de c« domaine comme de tnnt d'autres. Il a fallu confesser que les époques géologiques n'avaient pas été séparées par des abîmes, que les cataclysmes, quand il y en avait eu, n'avaient été que partiels, que les modifications et transformations du sol s'étaient produites peu à peu, lentement, par le patient IravaU des siècles nccumulés. Mais cette nouvelle doctrine géologique était incompatible avec les destructions et les créations subites du monde organisé. Si l'habitat s'était modiflë lentement, il était à croire que l'habitant avait foit de même. La grande doctrine derévoluttou organique créée par Lamarck, complétée par Darwin, est venue alors démontrer la mutabilité des espèces organisées et en faire la généalogie. Ce fut une vraie révolution, dont quantité de naturalistes n'ont pa^ encore pris leur parti; mais néanmoins le flot monte peu à peu. La doctrine de l'évolution «st déjà quasi triomphante. Il ne reste plus guère aux récalcitrants d'autres ressources, quede démontrersan parfait accord avec les dogmes, qu'on ne veut pas encore abandonner. La chose est déji eu voie d'exécution. Les exégètes sont habiles, les testes sacrés complaisants ; les théories métaphysiques ductiles, malléables et flexibles. Coumgel II faudrait vraiment être bien borné pour ne pas reconnaître dans le premier chapitre de la Genèse une exposition succincte de la théorie darwinienne.

Mais si la doctrine de l'évolution nous fait bien descendre d'échelon en échelon jusqu'aux êtres organisés les plus rudimentaires, elle ne va point au delà, et il faut bien admettre, au moins ici, l'intervention d'une génération spontanée. Cette conséquence révolte encore nombre de savants, qui acceptent déjà tout le reste. Il ne faut pas que la matière ait en elle-mâme le pouvoirde s'organiser BIOLOGIE. 23

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dans de cerlaio» conditioos données et pourtant beanr^Dp de ces rebelles ont cm jadis aux générations spontanée^ de mammouth, alors que la doctrine des créations snccessives éluit en vogue; mois aujourd'hui, plntAt que de se résigner à la cruelle extrémité d'admettre, même à titre de possibilité, la génération spontanée, ils préfèrent ressusciter la vieille théorie des germes errants. Les espaces interplanétaires, croient-ils, sont criblés de germes nés on ne' sait comment, venant on ne sait d'où et attendant depuis on ne sait quand le passage d'une planète saftisamment mûre pour leur servir de réceptacle nourricier, de matrice.

De pareilles puérilités seraient sûrement bien plus difficiles à ad mettre que la formation spontanée de quelques types vivants fort simples au début du monde organique, quand bien même nombre d'observations et d'eipériences ne plaideraient pas très-éloquemment en faveur de la génération spontanée, même à notre époque. Certains parasites végétaux se développent sous l'épiderme des plantes vivantes. D'où pourraient provenir les semences de ces entophytes, qui apparaissent même chez des végétaux dépourvus de stomates (t) 7 Des champignons microscopiques naissent et vivent dans les citrons. Le forestier Hartig en a trouvé dans les cavités du ligneux au-dessous de nombreuses couches annuelles saines. Marklin a vu le blanc d'un œuf de poule converti en tporotrichum. Tont récemment on a rencontré des vibrions dans te pus d'abcès clos. Dans son BUtaire de» helminthe», M. Dujardin parle du rkabditi* ûceti, qui habite exclusivement le vinai^ dn vin et ne se rencontre ni dans le vin, ni dans le raisin. H'où provient-il donc et surtout où étaient ses germes, 'quand l'homme ne faisait ni vin ni vinaigre 7

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