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DE L'ORIGINE DES ÈTKES ORGANISÉS. 35S

La cause de la génération spontanée, éqiûvoque, hété- K^nique n'a d'ailleurs jamais cessé d'avoir des partisans. Nul ne l'a défendue avec ping de force, de persévérance et détalent que F. -A. Poucliel,à qui nous voulons maintenant emprunter quelques arguments.

La plupart des macérations organiques abandonnées à eUe&-niémes,àunetempératureconvenablese peuplent, au bout d'un temps variable, mais assez conrl,deproto-orgaoismes végétaux et animaux. Suivant les adversaires de l'hétérogéuie, ces myriades d'êtres nouveaux proviendraient de germes flottant dans l'air. Mais qui dit germe dit ovnle, c'est-à-dire cellule d'un diamètre parFailement appréciable au microscope, puisque l'ovule de certains microzoaires ciliés varie de O^^iOOSS à 0""",0420 de diamètre.

Or si, à l'aide de l'aéroscope de Pouchet, on examine microscopiquement 1 décimètre cube d'air, en le faisant passer à travers un orifice d'un quart de minimëtre de section, c'est-à-dire en l'étirant sur une longueur de 4000 mètres, on n'y trouve que fort exceptionnellement un œuf de. microzoaire cilié ou une spore de mucédinée.

Si, à l'aide d'un moteur de la force de huit chevaux, on projette sur diverses macérations de plantes 6 millions de litres de cet air atmosphérique, soi-disant plein de germes, on voit que les macérations exposées à ce torrent d'ovules ne deviennent pas plus riches en inrusoires que celles qui sont emprisonnées dans un seul décimètre cube d'air.

On obtient des générations spontanées, en se servant d'eau et d'air artificiels, même d'oxygène,au lieu d'air.

Quand on mêle ensemble deux liqueurs fermentescibles différentes, on trouve, dans le mélange, des êtres organisés différents de ceux que contiennent les liquides

SStt UVRE IV. CHAPITRE I.

En expérimentant simultanément avec de l'air calciné un corps chauffé à 200 degrés et de l'eau qui a subi l'ébullition, on obtient des proto-organismes animaux et végétaux. Or, aucun des corps reproducteurs ne résiste à l'eau bouillante. Mais l'expériecice suivante est véritablement plus probante encore.

Une cuvette de cristal de 0",30 de diamètre est lavée avec de l'acide sulfunque et remplie d'eau distillée bouillante. Puis on y plonge 10 grammes de lllaments de lins chauffés à i 50 degrés pendant deux heures; on la recouvre ensuite d'une cloche et on la place au centre d'une autre grande cuvette de 0=,50 de diamètre remplie d'eau distillée. On la maintient à une température de 28 degrés, et, au bout de quatre jours, la macération est encombrée de paramédes, tandis qu'on ne trouve pas un seul de ces animaux, pas un seul de leurs œufs dans la grande cuvette (0-

Mais pourquoi les soi-disant germes flottants persistentils si obstinément à être invisibles? En effet, la micrographie atmosphérique ne trouve dansTair que des grains de fécule de blé ou de très-petites parcelles de silex. Les ovules, les spores sont si rares, qu'habituellement on n'en rencontre pas un seul dans t décimètre cube d'air.

Les germes aériens étant si rares, ne pourraient peupler les infusions que lentement. Quelques ovules y tomberaient d'abord, y évolueraient et donneraient naissance k des organismes qui se multiplieraient peu k peu. Or, dans un liquide fermentescible, on voit d'abord se former une très-mince pellicule muqueuse à la surface. Puis tout à coup apparaissent, dans cette pellicule, quantité de petites lignes p&les, immobiles, rangées cAte à cAte dans un certain désordre. Ces lignes ont la forme et le diamètre des

[i) P.-A. Pouohet, bK. eU., p. IM.

de: L'ORIGINE DES ÉTBES ORGANISÉS. SST

baclériumi et. en effet, au bout de quelques heures, ou les voit s'animer et devenir des baetériutiui vivants, se mouvant rapidement en ligne droite.

Gérard avait noté, lors de l'apparilion des proto-organismes dans les macérations, un cerlaîn ordre évolutif. Dans la macération du foin, on voit, le second jour, des baetérium termo simples, dont les articles augmentent peu à pen. Puis viennent des monades et, au bout de quinze jours, on trouve des trichodes, des colpodes, des proléet, qui ferment la série (1).

F,-A. Pouchet a aussi constaté cette évolution et il en a tiré toute une théorie (2). Suivant lui, i! apparaît tout d'abord dans les macérations une population éphémère de vibrions et de monades. Ces proto-organismes meurent. Leurs débris et leurs cadavres montent à la surface, s'y dissocient, s'y dissolvent plus ou moins et tous ces détritus forment une sorte de membrane, qui s'organise à nouveau en engendrant des ovules d'infusoires supérieurs, de microzoaires à cils vibratiles. En certains points de cette pellicule, que Pouchet appelle membrane proUgère, on voit des granulations s'accumuler, s'amasser en sortes de nébuleuses sphéroldales. Puis cette nébuleuse devient une vmie cellule ovulaire, s'entourant d'une membrane translucide, d'une zone claire. EnQn cet ovule évolue. On y observe la gyration du contenu ou vitellus, la formation de l'embryon, et, le cinquième jour, 11 en sort une raméde.

La même macération donne oa ne donne pas naissance à des microzoaires ciliés, suivant que sa pellicule proligëre £st plus ou moins épaisse.

Si l'on place la moitié d'un liquide donné dans un vase à surrace resserrée et l'autre moitié dans un vase

(1) Gérard, Dictlonnain thiitoln mtUtriUe, «rt. QftKÉEUiTioK.

(S) P.-A. PoDctiet, toe. cU., p. Il«.

à larfçe surface, la pellicults proligère du vase étroit est beaucoup plus épnisse que celle du vase large ; car, dans l'un et l'autrp, il s'est produit une génération équivalente de vibrions et de monades, mais, dans le vase large, les résidus de cette génération ont dû s'étaler sur une plus large surface ; ils n'ont pu, pour cette raison, former une membrane proligère assez compacte et il ne s'y crée aucun infusoire cilié.

Certes, voilà des faits bien éloquents. Nous en citerons encore un dernier. On versa dans une cuvette de porcelaine à fond plat de la colle de farine bouillante, d'une épaisseur de 1 centimètre environ. Puis, quand cette colle commença à se figer, on écrivit sur sa surface,avec un pinceau imbibé d'une forte macération de poudre de noix de galle, préalablement examinée au microscope et Qlti'ée, ces deui mots : generatio spontanea. On recouvrit ensuite la cuvette avec une lame de verre et on l'abandonna à ellemême pendant quatre jours. La température fut de 24 degrés en moyenne et la pression de 0,76 pendant ce laps de temps, au bout duquel on vit les mots generatio »pontanea se dessiner en noir. Ces caractères étaient formés par des touffes serrées d'un champignon microscopique absolument inconnu, à tigelles simples, cylindriques, non articnléea, à capitules d'un beau noir. M. G. Pennetier propose d'appeler cette nouvelle espèce organique aspergtllus primigenius (1), On pourra trouver bien d'autres faits topiquesdans les publications de F.-A. Ponchet, et de ses émnles MM. G. Pennetier et Mantegazza, Joly et Musset, auxquelles nous sommes bien obligé de renvoyer. Les courts extraits que nous venons de citer subiront bien h montrer que la doctrine de la génération spontanée ne mérite pas le dédain banal avec lequel on l'accueille.

(1) G. Pennetiar, OrigîMa daktvk.

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