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CHAPITRE I

LE STSTËME HEHYBUX DAKS LA SÉRIE ZOOLOQIQUG.

Nous voici parvenus au plus haut degré de différenciation élémentaire de la matière organisée et aux propriétés les plus aristocraticpies de cette matière. Toute substance vivante se nourrit. Certains éléments hislologîques se nourrissent et se meuvent, se contractent. Certains autres, les éléments du tissu nerveux, possèdent, outre la propriété fondamentale de la nutrition, tout un groupe de propriétés spéciales. Ainsi, les cellules nerveuses peuvent exciter la contraction des éléments musculaires; elles onl de la motricité. De plus, elles ont conscience de l'action exercée sur elles par les milieux ambiants ; elles ressentent de la douleur et du plaisir. Elles peuvent aussi, par l'intermédiaire des organes des sens, classer, trier les excitations portant sur les extrémités des fibres nerveusea, auxquelles elles sont anatomiquement reliées. Elles ont delà sensibilité. Enfin elles peuvent emmagasiner, combiner de mille manières les sensations perçues ; elles peuvent penser et vouloir. C'est l'ensemble de ces propriétés maîtresses qui constitue Yinnervalion.

L'innervation est, comme on le voit, un tout fort complexe ; aussi le tissu anatomique qui en est doué, et les sjstèmesque forme ce tissu, présentent-ils nombre de

us LIVRE VI. CHAPITRE 1.

variétés dans la structure et dans la forme. Chez certains âtres, l'innervalioa est rudimentaire ; elle se réduit à la seule faculté d'exciter ou de relier entre eux les mouvements, c'est-à-dire à la motricité. Chez d'autres, la sensililiié se joint à la motricité. EnGn les animaux les plus parfaits possèdent à la fois motricité, sensibilité, pensée, d'ailleurs avec des degrés de perfection ou d'imperfecUon fort nombreux.

Bu négligeant provisoirement les variétés des éléments nerveux, nous pouvons considérer tout tissu, tout système nerveux comme réductibles h. deux types histologiques. Invariablement, tout appareil nerveux est composé de fibres et de cellules. Toujours les fibres se continuent directement avec les cellules et toujours elles relient ces cellules à un organe moteur ou sensible. Nous aurons bientôt à décrire la forme et la fonction des diverses libres et des diverses cellules nerveuses. Quant à présent, il nous suffira de noter que les premières sont surtout conductrices d'impressions ou d'incitations, -tandis que les secondes agissent sur l'impression qui leur est transmise, Boit pour la renvoyer, la réOéchir simplement d'une fibre sur une autre, soit pour la transformer en phénomènes de conscience. Enfin les cellules peuvent à leur tour devenir des centres d'excitation, et alors, sans l'intervention immédiate d'aucuneimpression extérieure, elles provoquent des mouvements ou combinent des pensées-

Comme tous les autres systèmes organiques, le système nerveux se complique, se perfectionne, se diversifie graduellement dans la série animale.

Nulle trace de système nerveux encore chez les rhîzopodes, les éponges, chez les monères, les infusolres, k moins qu'avec quelques naturalistes romantiques on n'admette un tissu nerveux diffus, désagrégé ou plutAt point encore agrégé, des molécules nerveuses invisibles,

SYSTÈME NERVEOX DANS LA SÉRIE ZOOLOGlQDEt 419 infuses et latentes dans «ne gangue vivante, non encore différenciée. Mais cela est décore rantnisie. Point de système nerveux non plus ebez les hydroïdes, les lucernaipes, les anthozoaires. Chez les méduses, on rencontre déjà «n anneau nerveux formé d'un cordon suivant le bord du disque et offranl de distance en distance des renflements cellulaires dits ganglionnaires. C'est déjà le schéma de tous les systèmes nerveux plus complexes et plus parfaits, que noua allons passer en revue, puisqu'il y a, même dans ce réseau si rudimentaire, des cordons conducteurs composés de fibres et des centres récepteurs et excitateurs composés de cellules. L'existence d'un système ' nerveux est problématique chez certains radiés. Il en existerait un chez les holothuries, savoir : un collier fibreux œsophagien émellant des rayons, qui porteraient quelques renflements ganglionnaires sur leur trajet.

M. de Quatrefages a trouvé, chez les planaires, un ganglion nerveux, situé sur la ligne médiane et formé de deux polîtes masses accolées.

Les rotifères ont aussi une masse ganglionnaire centrale située sur le pharynx. Cette masse, parfois divisée en deux portions, émet des filaments nerveux.

Dans les colonies de bryozoaires, chaque colon est pourvu d'un ganglion cérébroïde, el, en outre, comme l'a montré Fritz MQller, il y a un système de cordons reliant tous les ganglions individuels, c'est-à-dire un système nerveux colonial.

Les plathelminthes ont, à la partie antérieure du corps, deux masses nerveuses, relativement grandes, et réunies par une commissure Hhreuse. La position de ces ganglions les a fait appeler cérébraux. La trompe passe comme dans un anneau entre les deux cordons de la commissure. De ces ganglions partent deux Ironcs'flbreux longitudinaux, ^ui suivent les bords latéraux du corps et

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sont pourvus de petits renflemeots ganglioaDaires émet--

tant des filamenls nerveux (fig. 81).

Ce système nerveux si simple' est l'ébauche de celui de la plupart des invertébrés articulés (vers, annelés, arthropodes}, surtout quand les cordons latéraux se rapprochent l'un de l'autre sur la face ventrale, comme il arrive chez quelques espÈces.

Selon M. Blanchard, les nématoïdes (ascarides, strongles, (îlaires , etc. ) ont à l'origine de l'œsophage quatre petits ganglions, situés deux à droite, deux ï gauche, et reliés par des com- Fig. 81. missures formant collier œsopha-

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dées ensemble. Du ganglion inférieur partent deux cordons abdominaux dirigés d'avant en arrière et portant chacun une série de ganglions, d'où rayonnent des filets nerveux. Les ganglions de chaque cordon sont d'ordinaire en regard l'un de l'autre et forment ainsi par leur juxtaposition des paires de centres nerveux, dont chacune correspond à un segment du corps (fig. 83). Si plusieurs segments se fondent ensemble dans le c5urs du dévelop-

SYSTÈME NERVEDX DANS LA SEME ZOOLOGIQUE. 421 pement, les ganglions nerveux correspondaDls font de même et consliluent ainsi «ne masse oerveuee plus importante (I).

) ter^Mlfi contoflupiicata ■

WMnt tut lo gmglioB «aop ie dini la figum précédflnU

Le plusvolumineuxdes ganglions est le plus antérieur, le ganglion sus-œsophagien. 11 est dit ganglion cérébral ou céribrtAde, et il fournit d'ordinaire des nerrs à certains des organes des sens et régulièrement aux yeui.

JIJ Gegeabsur, Uk. ciL

11 est de règle que les ganglions et les cordons soient constitués presque exclusivement, les premiers par des cellules, les seconds par des fibres nerveuses.

Le corps des myriapodes et celui de la chenille ou larve des insectes étant formÉs de segments très-nombreux, le système nerveux de ces animaux est aussi très-

A, lerma ; B, coléoptèrB (dyliacas); C, mQnohe; gl, gsnglioii tstophl^en .upêrbur (gdnglion cérébroide): gi. gmglion œapphagieo intérieur ; jr. »•,

richement pourvu de ganglions. Au contraire, une concentration, une coalescence des renQements nerveux a lieu chez les arachnides, chez les insectes (Gg. 83), chez les crustacés. Le ganglion cérébral et la chaîne centrale de ces derniers se fusionnent m&me parfois en une masse unique d'où rayonnent les cordons nerveux (ûg. 84), Cette ma^e est seulement divisée en deax parties par le trou,

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