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SYSTÈME NERVEUX DANS LA SÉRIE ZOOLOGIQUE

l'anneau œsophagien (1). C'est un degré de concentration des cellules ganglionnaires plus grand, en quelque sorte, que chez les vertébrés eux-mêmes. C'est là encore un de

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ces faits paradoxaux, qui montrent combien sont peu absolues nos prétendues lois biologiques. La concentratioR

(1) Gegenbaur, ioe. cit., p. SiS.

ai LIVRE VI. CHAPITRE I.

nerveuse, que nous sommes habitués à considérer comme l'un des signes, des moyens et des résultats du perfe«tionnement orgouique, se réalise chez les crustacés mieux encore que chez l'homme.

PourtanI il est une autre loi qui ne semble pas souffrir d'exception, c'est celle de la prédominance de plus en plus grande du ganglion cérébral à mesure que l'intelligence se développe. Une des raisons de ce développement est sûrement la perreclion plus grande et le rôle plus important des organes des sens spéciaux, puisque certains crustacés, par exemple les ampbipodes à grands yeux, ont un ganglion cérébral trËs-volumineux, lobé et émettant les nerfs optiques. De même et pour la même raison, les libellules à grands yeux, beaucoup de diptères, d'byménoptëres, les lépidoptères (Qg. 83, gi), ont un fort ganglion cérébroïde (1). Pourtant le degré de développement intellectuel est étroitement lié au volume du ganglion cérébral. Le cerveau des araignées tisseuses, des fourmis, des abeilles, est remarquable par son volume et même par sa conformation. Quoique l'abeille soil beaucoup plus petite que le hanneton, elle possède un cerveau plus développé que le sien, et qui, si l'on tient compte de la différence de la taille, est relativement trois fois plus considérable. Le cerveau de la fourmi est proportionnellement plus grand encore. En outre, la surface de ces ganglions cérébroïdes si développés est mamelonnée; on y trouve des bourrelets, quelque chose d'analogue à ce que l'on appelle circonvoluttom dans les cerveaux des vertébrés. Chez l'abeille, d'après Dujardin, le cerveau a une Ebrme toute particulière. On y remarque un disque à stries étoilées, surmontant comme un capuchon le ganglion supérieur (2j. D'après quelques expériences de M. Faivre,

(1) Oegonbaur, loc. cil., p. 3(8.

|S) Annalu dai seimce* naturetUt, ISSO.

SYSTEME NEBTEDX DANS LA SËSIE ZOOLOOIQUE. 42S le gonglioa cérébral aurait, comme les hémisphères cérébraux des vertébrés, la propriété d'être iuseasible aux piqûres, aux lacérations (1).

Il faut noter déjà, chez beaucoup d'arthropodes, l'existence 4J'un réseau nerveux spécial, destiné au système digestir. Le plus souvent, ce système nerveux vise sympathique naît du ganglion cérébral par un tronc uniipie; puis il se ramiLe, et ses branches sont, elles aussi, munies, sur leur trajet, petits renflements ganglionnaires. '"^ (ûg. 83, r, r'). Dugës a vu ce sys-^ tème nerveux viscéral chez les araignées; Audouin et Edwards, etc., l'ont trouvé chez les crustacés; Lyonnet, Cuvior, Brandi ont constaté sa présence chez les insectes.

Au fond, et en dépit de l'apparente irrégularité de sa disposition générale, le système nerveux des mollu$quet n'est qu'un calque de celui des arthropodes. Ici encore on retrouve oaogiLon œsophagien «upé-

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l'anneau œsophagien, émettant de ,!«&.! d™ tèpidopun sa portion centrale un système ner- i*™*»* ™>rt) : g,, g«n-

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sans régularité, sans symétrie, ainsi etuxviacérai,r'.itaracbK> d'ailleurs que l'exige la conformation «f"^"' •!■<' s^^"'" •"«-

geuérale du corps. Le ganglion sus- pilrxiveclennrenaenieiils

oesophagien ou cérébr^ est naturel- B'ogi'onu»'"» *'. •"■ lement petit chez les lamelliàranches, qui n'ont point de tète pourvue d'organes des sens; il est, au contraire, trèsgrand, pour la raison inverse, chez les céphalophorei. (1) Puvre, Anitaitt da icitneti nalurettei, i' lérie, t. VIII et IX.

Le système nerveux viscéral des mollusques est, comme leur système nerveux général, une copie de celui desarlbropodes.

Au contraire, le ganglion cérébral de certains céphalopodes se rapproche, à certains égards, du cerveau des VDrtébrés. 11 existe, chez ces animaux, un cartilage cêpbalique formant une sorte de cavité crânienne, et creusé d'une fossette destinée à être occupée par le ganglion céi-ébroïde ; ce cartilage forme une orbite ébauchée et loge les organe» de l'ouïe.

Le ganglion sus-œsophagien des mollusques semble , aussi avoir des fonctions spéciales. Si l'on enlève ce ganglion chez l'escargot, l'animal survit quatre ou cinq semaines à l'opération, mais en restant complètement immobile. Au contraire, l'extirpation du ganglion sousœsophagien tue l'animal en vingt-quatre heures (t).

L'excitation du ganglion cérébroide des mollusques produit peu ou point d'effets : il en est de même de sa galvanisation ; mais il en va tout différemment pour le ganglion sous-œsophagien. Son irritation provoque une vive agitation musculaire ; sa galvanisation par les courants continus a souvent pour effet d'arrêter le cœur dans son état de dilatation ou de diastole, ainsi que le fail la galvanisation des nerfs pneumogastriques chez les vertébrés.

Ces quelques faits tendraient à fortifier l'opinion des évolulionnisles allemands, qui veulent rattacher généalogiquemeQt les vertébrés aux mollusques. Pourtant, si l'on ne tient compte que de la conformation et de la distribution générales du sjsl&me nerveux, l'analogie, toute lointaine qu'elle est, existe plutôt enlre arthropodes et vertébrés. En effet, le système nerveux des vertébrés acrâniens peut être, à la rigueur, considéré comme un sys-

(1) Vnlplan, leçont lur la fhytiologie ginérali tt compari» du tyt-

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