A LA COMMISSION
Un rapport circonstancié et sévère du baron d'Aubigny, député de la Sarthe et président de la souscommission de l'aéronautique, ouvre les plus lugubres perspectives sur l'administration du beau vainqueur de M. Oirod. Nous avons eu en mars la maîtrise do l'air; mais nos avions n'étaient pas assez, puissamment armés pour utiliser leur supériorité de vitesse; l'adversaire en a profité pour créer, à son tour, des types rapides et bien armés. Nous nous défendons encore. Mais, par la faute du service de M. Besnard, un temps précieux a été perdu. Des avions de combat! De bonnes mitrailleuses! réclame M. d'Aubigny. Puisse la réclamation aboutir sans trop de délais! Puisse-t-elle ne pas avertir trop clairement l'Allemagne! Puisse-t-elle ne pas jeter trop dinquiéludes dans le public français! Que tout ce bruit fût indispensable, on le dit. Qu'il doive être fécond, il faut l'espérer. Mais déjà, il suscite des incidents qui remplissent les journaux et qui déborderont certainement dans les commissions et à la tribune.
M. Girod, qui est vice-président de la Commission de l'armée, vient, en effet, d'écrire dans une lettre que Ton verra plus loin de bien extraordinaires his-
8 LES CONDITIONS DE LA ^"ICTOIIlE.
toires de ménage. La commission comprend 45 membres. Le jour où lui a été soumis le rapport sur l'aéronaulique, 1 2 membres étaient présents. vV l'heure du vote, les 12 n'étaient plus que 7. On s'explique assez bien que des convocations trop tardives ou mal lancées aient pu diminuer le nombre des assistants. Ce que l'on comprend moins, c'est qu'avant l'heure du vote, 5 commissaires sur 12, la moitié moins un. aient cru pouvoir brûler la politesse à leurs collègues. Quand on demande à ces messieurs de la Chambre pourquoi ils ne sont pas à la tranchée, ils ont coutume de répondre que leur devoir civique est au Palais-Bourbon. Jamais ce devoir n'est plus impérieux qu'à l'instant d'émettre le vote. En s'absentant dans ces conditions, ils avouent donc voler l'argent du contribuable et la confiance de l'électeur.