‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 103 sur 221 · FIN ET MOYEN · texte numérisé non relu

FIN ET MOYEN

Je vois bien que, pour le Rappel, l'unité désirable est réalisée par le . ministre de la Guerre. Je ne demanderais pas mieux, s'il n'ajoutait plus haut : « le ministre de la Guerre et le Gouvernement ». Celle addition représente une forte complication et pratiquement une sérieuse incommodilé.

Le Rappel écrit :

En monarchie, personne ne s'étonne de voir le Roi aux armées contrôler même les opérations militaires.

En démocratie, la Nation a le même devoir de Salut public et la souveraineté nationale doit prédominer partout.

Peut-elle remplir ce devoir? C'est la question pratique.

Personnalité, responsabilité, volonté, conscience, le Roi, c'est l'Un. La nation, ce n'est pas l'Un puisque c'est le nombre. On ne peut pas raisonner sur le singulier comme sur le pluriel. On ne peut pae-appliquer les vertus de l'Un quand on n'est pas l'Un et même qu'on est son contraire.

En décembre 1904, un jeune et spirituel gentilhomme républicain me disait, en parlant de son ami, M. Théophile Delcassé : « Nous faisons une politique monarchique sans monarchie. » Quatre mois plus tard, le coup de Tanger ébranlait sérieusement cette politique. Six mois plus tard, le départ de M. Delcassé la jetait à bas.

Le Rappel veut la fin. Il devrait vouloir le moyen; il aspire à l'autorité, effet, sans la monarchie, sa cause. Je crains qu'il ne soit condamné aux mêmes épreuves que M. Delcassé et qu'il n'y condamne la France. Quel malheur que ces évidences puissent échapper aux bons yeux des patriotes du RappeV. L'histoire révolutionnaire, si difîérente de la vraie, offusque leur champ visuel.

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