‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 142 sur 221 · PROVOCATION · texte numérisé non relu

PROVOCATION

Ces articles constataient le passé de ce misérable-. Nous en prévoyions parfaitement le danger. Notre

\. Lavocal du Torchon, M' de Monzie, l'avait reconnu expli citement.

2. Vigo condamné a deux mois de prison en 1900 pour vol, en 1901 à un an de prison pour fabricalion d'explosifs, puis à trois ans de prison pour provocation au meurtre, en 1907 condamné à nouveau pour injures aux agents, en 1908 pour injures à l'année à trois ans de prison, en 1910 arrêté et condamné pour tenlalive de sabotage. {Gazette des Tribunaux, numéros des 9 et 10 octobre 1911.)

Maurras. — IV. 13

éminent avocat Marie de Roux était le premier à nous prévenir qu'ils risquaient de fournir un prétexte pour exonérer le voleur Vigo de sa prison.

Mais, condamné ou non, le voleur n'eût jamais purgé sa peine, étant trop bien protégé en haut lieu. Un passé de condamnations pour vol, fabrication d'explosifs, propagande antimilitariste et anarchiste n'ayant pas gêné le moins du monde son ascension, il n'y avait pas à s'exagérer l'efficacité d'une ligne de plus sur son casier judiciaire. L'im-; portant, c'était d'avertir le public de la véritable qualité du directeur du Torchon, qui reprenait à ce moment-là son ton d'avant-guerre, manœuvrait avec Caillaux contre d'énergiques défenseurs dji pays, et comparait à un a chancre » qu'il fallait « extirper » le ministre de la guerre d'alors. Tout compté, nous avons préféré fournir un attendu ou deux à M. de Vallès (qui au surplus n'eût pas été gêné d'en imaginer d'autres) et mettre en garde les patriotes français contre les tenants et les aboutissants du condamné de droit commun qui dirigeait le Torchon. Une fois de plus, nous avons préiéré à nos intérêts de personne ou de clan l'avantage de la nation.

Sans doute, un arrêt différent eût été souhaitable pour l'honneur de la justice démocratique. Mais ce n'est pas à nous que l'honneur de la démocratie a été confié. Nous enseignions déjà, en 1906, à l'InâiiT tut d'Action française, comment c'est du côté de l'organisation judiciaire que la démocratie (contemporaine de Cléon ou de M. Caillaux) demande toujours l'équivalent de puissance intérieure qu'elle feint de retirer à l'ordre politique ou administratif;

on a des préfets moins « poignards » , mais des magistrats plus rusés.

Les bons Français de la Chambre que présidait M. Chesnay, 1§ 12 octobre, ont jugé notre affaire. Ceux des Appels correctionnels auront jugé une fois de plus le régime.

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