CONTINUITÉ ROYALE
29 mars 1916.
Il n'y a pas lieu de remplir les airs de gémissements sur ce que la Conférence de Paris n'a pas publié ses procès-verbaux le soir même. La note en quatre articles, pour la plupart sobres et nets, est de nature à satisfaire et à faire patienter les bons citoyens, en même temps qu'à donner de l'espérance aux citoyens meilleurs, à ceux qui se battent. La maxime « pas de paix séparée » a été affirmée une fois de plus et généralisée. Il y a désormais huit peuples, comptant 840 millions d'êtres humains, qui ne cesseront de porter les armes ensemble. Ils ne les déposeront que d'un plein accord '. Cela est excellent.
D'abord en soi. Et puis parce que cela continue ce qui était. La politique du 5 septembre 1914, établie par l'accord anglo-russo-français et signée du nom de M. Delcassé, se trouve continuée et développée par la déclaration du 28 mars 1916 qui est revêtue du nom de M. Briand. Nous ne serons jamais les derniers à approuver et à soutenir tout ce qui peut donner à la France envahie, sous un régime de démocratie républicaine, quelques-unes des vertus et des forces de la monarchie*.