‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 181 sur 221 · LA DESCENTE DES RUSSES · texte numérisé non relu

LA DESCENTE DES RUSSES

leiiiL dhumanilairerie aiguë, et Paris, ah ! Paris, le Paris qui tint tête à l'Europe quand il bénéficiait des mill(f années de l'organisation capétienne, Paris réduit à se couvrir d'armées anglaises et d'armées russes pour avoir subi durant P27 ans les différents de la

25 avril 1916.

L'esprit du « développement infini » qui est à la source de la folie et de la sottise boches déterminerat-il dans le reste du monde, une réaction contre cette contrefaçon de la philosophie et cette contradiction de toute sagesse ? L'ingénieux Gabriel Tarde l'avait entrevue autrefois, d'autres l'ont souhaitée qui y ont travaillé bien avant la guerre et le fertile esprit de M. Guglielmo Ferrero paraît s'être engagé fermement dans la même voie. Le discours qu'il vient de prononcer à Lyon, pour la foire du Livre, contient un développement très heureux sur ce point. Je le relève d'après le Temps.

M. Ferrero invoque l'exemple de Rome et, trait remarquable, de la Rome vraie qui puisa dans son caractère aristocratique, dans son patriciat, les ressorts, les vertus du régime républicain. Ce n'est pas une apologie du « peuple souverain «, ce n'est pas un éloge de la démocratie :

Si la Grèce ancienne a possédé à un degré si haut le sens des limites dans le domaine spirituel, Rome l'a possédé dans le domaine politique.... Tant qu'il s'est agi de conquérir l'Italis centrale et méridionale, Rome a procédé, quand elle a pu, avec un esprit d'agression assez décidé; mais dès qu'il s'est agi de franchir les Apennins, les Alpes et la mer... elle s'est sentie comme paralysée par la grandeur même de l'occasion qui s'offrait à elle.... L'aristocratie qui gouvernait l'empire a été toujours contraire à la politique des annexions

et des conquêtes..., elle a toujours redouté l'agrandissement de son empire comme un danger....

La noblesse romaine savait qu'il était plus facile de conquérir des territoires que de les garder; elle voyait partout les ruines des empires qui étaient tombés parce qu'ils avaient voulu grandir trop et trop vite; empire qu'elle n'aurait pas la force de garder...; elle a voulu seulement, après avoir conquis l'Italie, que Rome pût jouir d'une certaine sécurité et qu'elle fût gouvernée d'après certains principes et certaines règles qui lui semblaient... représenter un idéal parfait de vertu et de sagesse.

Pour rester fidèle à cet idéal, elle préféra, pendant plusieurs siècles, renoncer à des conquêtes et à des enrichissements qui lui auraient été faciles. L'aristocratie traditionaliste et puritaine craignait que ces richesses et les exemples égyptiens ne finissent par « corrompre » Rome.

Rome savait qu'elle ne pourrait pas imposer sa volonté à tous les peuples sujets, et elle préférait les laisser se gouverner eux mêmes. Cette prudence et ces hésitations expliquent la lenteur avec laquelle l'empire romain fut créé, mais elles expliquent aussi sa durée.

Ainsi parie ^L Ferrero, qui parle bien, pour son pays.

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