‹ La Blessure intérieure de Janvier à fin Mai 1916Chapitre 194 sur 221 · RESPONSABILITÉS ÉMIETTÉES · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉS ÉMIETTÉES

Je communique à M. Séailles ce fragment d'une autre défense du Parlement. Elle est de M. Bénazet, dans la Renaissance.

... si fautes il y a eu, elles peuvent être imputées aux gouvernements. IN^ais....

(Mais n'étaient-ils pas des émanations parlementaires?)

Mais ceux-ci peuvent alléguer que les directeurs techniques ne leur firent jamais, avant ces toutes dernières années, des propositions susceptibles d'être utilement présentées devant les Chambres. A leur tour, les directeurs peuvent prétendre que les commissions consultatives ne leur offrirent rien de définitif.

Ces dernières enfin, se tournant vers le haut commandement, peuvent arguer de son silence, en ce qui concerne les exigences de la guerre moderne.

Tout cela est inexistant. Le commandement (re- Maurr.\s. — IV. 18

présenté par le général Jamont, le général Hagron, le général Michal), s'est démis plusieurs fois, par désespoir de ne point arriver à se faire entendre. Les crédits demandés par les services techniques ont été réduits : 1° par le ministre de la guerre et aussi, 2", par le ministre des Finances; o" par la Chambre ellermême. On a les aveux, les tableaux de ces réductions. Mais supposons que M. Bénazet ait raison : je demande à M. Séailles s'il n'y a pas lieu de juger sévèrement un système politique quelconque (supposons qu'il soit dans la Lune) où le Parlement peut ainsi renvoyer la balle au gouvernement, le gouvernement aux directeurs techniques, les directeurs aux commissions consultatives, les commissions au commandement? Et le mot de réforme n'est-il pas trop faible, quand celui de refonte serait à peine suffisant pour désigner les améliorations, non souhaitables ou désirables, mais indispensables au relèvement d'un pareil État!

Que M. Séailles jette seulement un coup d'œil sur le tableau de la succession de nos ministres de la guerre : une cinquantaine en quarante-six ans, il me dira si la constitution d'une armée puissante n'a pas été, en des conditions pareilles, un miracle du patriotisme guerrier de la nation.

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